mercredi 22 août 2012

Plafond.




Le prochain qui me dira que c'est pas vrai que les femmes sont discriminées dans le marché du travail, sera prié de m'expliquer pourquoi la fac (celle chez qui je fais ma thèse, pas celle qui m'emploie) me regarde de traviole depuis mon congé maternité. 

Pourquoi je me suis entendu dire "ah bah je venais pour vous proposer de faire passer des colles dans Grand Lycée Prestigieux Parisien, mais puisque vous allez avoir un enfant, hein, je pense que je vais demander à quelqu'un d'autre". Pourquoi les propositions juteuses du même acabit se sont subitement taries. 

Pourquoi pendant ce temps mes collègues thésards masculins accumulent les charges de cours bien rémunératrices, tandis que je vais devoir m'accommoder de mon demi-poste. Soit des clopinettes. C'est pas que je travaille uniquement pour le fric, mais quand même, ça compte un peu.

Et pendant ce temps, on lit sur le web de charmants esprits qui, la gueule enfarinée, viennent vous expliquer que bah d'abord c'est pas vrai que les femmes sont moins payées, que le plafond de verre n'existe pas, et que même si ça existait, ben c'est normal, ces connes s'obstinent à procréer.

Sûrement que le cerveau part avec le placenta pendant l'accouchement, hein ? 

Je l'ai un peu mauvaise, sur ce coup-là.