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lundi 15 juin 2015

Distractingly sexy.

A vrai dire, je me fous un peu de l'avis de Tim Hunt sur la place des femmes dans les laboratoires. Dans les sciences humaines, de toute façon, on n'est pas concerné par les laboratoires, vu qu'on préfère draguer à la BnF. 
Pour ceux qui n'ont pas suivi l'affaire, Tim Hunt c'est un nobélisé qui voudrait qu'hommes et femmes fussent séparés dans les laboratoires, parce que ça fait  des histoires de fesses et que les femmes ne font que pleurer. Soit. En attendant, les réactions sur Twitter et la petite vidéo ci-dessous m'a bien fait marrer.




Et, heu, Tim Hunt, t'aurais mieux fait de la boucler ce jour-là. M'enfin, de même qu'on trouvera bien des vers ratés chez Racine, de même, on a le droit d'avoir l'humour naze, parfois. 


jeudi 5 juillet 2012

Habitude.



Incipe, parue puer, risu cognoscere matrem
– Matri longa decem tulerunt fastidia menses.
 


Est-ce qu'on s'habitue un jour à avoir des enfants ?  Est-ce qu'on s'habitue à la joie de voir un petit visage se plisser, s'élargir, pour appeler, pour sourire, pour rire... montrer tout simplement qu'il a besoin de nous, compte sur nous et nous offre en retour une affection joyeuse.

Trois minutes avant d'accoucher, je crois bien que je n'avais pas encore bien percuté l'idée. Ensuite, il a fallu des jours et des jours pour  que j'arrête de me répéter que non, celui-là, c'est pas comme mes neveux, faut pas le rendre à ses parents à la fin du week-end, on peut le garder.

On se lève la nuit pour le nourrir, pour le rassurer - on se rend même compte qu'en pratique, on se réveille une demi-seconde avant même qu'il ne se mette à pleurer. On répond à son appel, le matin, quand il pleure de faim ou se marre tout seul dans son lit en regardant les petits animaux de son mobile musical. On l'habille, le déshabille, le baigne. Parfois il hurle de rage, parfois il pleure de douleur et c'est la panique à bord (qu'on essaie de ne pas trop montrer) ou de contrariété et nous, on apprend aussi à développer une capacité à ne pas trop être dérangé quand on voudrait bien prendre un repas tranquille qui durerait plus de cinq minutes, merci bien. On le change, et ce n'est pas toujours ragoûtant, surtout que le petit sacripant a une certaine tendance à bousifier alors qu'on est en train de prendre son café après un bon repas. 

Mais bon. On apprend ces mille petits trucs à faire. On prend le pli.

Mais à chaque sourire, c'est toujours le même coup au coeur, la même surprise, comme si c'était un cadeau purement gratuit, parfaitement inattendu et merveilleusement choisi.



lundi 2 juillet 2012

Anthropologie du RER appliquée à la femme enceinte.



Tu es enceinte, ça se voit, et ça commence à peser mine de rien. Pas de bol, tu dois te farcir ton heure de transports en commun quotidienne car il faut bien continuer à gagner ta croûte. Alors, quand les portes du wagon s'ouvrent, tu as le coeur battant : est-ce que quelqu'un va te laisser sa place - la place du coeur, selon le jargon merveilleux de la RATP ? 

Sache, déjà, femme enceinte, que tu es troisième dans l'ordre des priorités pour les places assises. Devant, il y a les mutilés de guerre (mais, en 2012, on peut dire que ça court de moins en moins les rues, je rappelle que le dernier poilu est quand même mort il y un bon bout de temps), et les aveugles et infirmes civils (mais ils ne prennent pas beaucoup le métro, pour des raisons évidentes). Donc logiquement, tout le monde devrait se lever d'un seul homme pour te laisser une place assise. 

Mais en fait, non. 

Il y a la femme entre deux âges, celle-là en général se lève spontanément et te laisse la place avec un sourire complice, elle est passée par là, elle sait qu'il vaut mieux être debout plutôt que de te laisser toi-même debout au risque de t'effondrer (et bloquer le wagon pour un temps indéterminé) ou de vomir tripes et boyaux. 

Il y a la matrone noire, en général grande et forte. Celle-là, elle se lève ou fait lever les gens, en gueulant si besoin QU'IL Y A UNE DAME QUI ATTEND UN BÉBÉ OULALA DIS-DONC VOUS POURRIEZ VOUS LEVER NON MAIS C'EST QUOI CETTE MENTALITÉ LÀ. Et comme elle prend l'air pas commode, les gens se lèvent sans la ramener. 

Il y a le jeune Noir un peu wesh-wesh, qui se lève avec un charmant "vazy madame vous allez pas rester debout ça s'fait trooooop pas... vazy toi lève-toi y'a une dame là qui veut s'assoir vazy hein". A priori, fils ou neveu de la matrone du dessus. 

Il y a la pétasse sur talons vertigineux (commerciale à la Défense). Qui te laissera debout car elle est trop occupée à refaire son vernis ou se repasser un coup de mascara. Elle t'a pourtant bien vue mais tu n'es probablement pas assez digne de sa considération (faut dire que les talons aiguilles, tu as abandonné assez vite) .

Il y a le mec en costume avec chaussures pointues (commercial à la Défense, peut s'accoupler avec la précédente). T'a bien vue, a même reluqué tes seins gonflés aux hormones de grossesse. Mais ensuite son regard est descendu sur ton ventre : il est alors devenu tout blanc et s'est mis en considérer son smartphone ou ses chaussures avec le plus grand intérêt. 
Si le mec en costume se lève, vérifie son annulaire gauche : en général, il a une alliance. Peut-être même que sa femme, en d'autres temps, s'est abondamment plainte de la goujaterie

Il y a aussi le vieux con (la cinquantaine approchante) qui fait remarquer, après s'être fait houspiller par la matrone et t'avoir laissé sa place, que "elles font chier les femmes enceintes, peuvent pas rester chez elles, et puis la grossesse c'est pas une maladie / c'est pas moi qui lui ai fait bordel" (classe, distinction, élégance).  Il conchie aussi les féministes qui veulent qu'on leur cède la place mais veulent aussi l'égalité des sexes alors il voit pas pourquoi il devrait céder sa place. 
Mais comme en plus d'être un con, c'est un lâche, il obéit au doigt et à l'oeil de la matrone.


L'un dans l'autre, habitant dans une banlieue où les matrones, les wesh-wesh et les familles sont légions, j'ai toujours pu m'asseoir dans le métro pendant ma grossesse, preuve que tout n'est pas foutu dans ce bas monde ma brave dame. 


Cette page d'anthropologie s'est fantastiquement bien vérifiée avec la poussette ou le bébé porté en écharpe. Si les jeunes wesh-wesh, les matrones et les touristes continuent de filer un coup de main et /ou de laisser leur place. les connards en costume à chaussures pointues et smartphone préfèrent te doubler en te bousculant dans un escalier plutôt que de t'aider. Et ils continuent de pester si tu ne cours pas assez vite dans les couloirs de Châtelet. 




vendredi 24 février 2012

Les 11.

Je n'avais guère d'inspiration depuis deux semaines, de l'affaire je ne disais rien. En plus j'avais découvert de nouveaux blogs de cuisine. Et puis ce matin je me suis rendu compte que j'avais été taguée par Melalala du Blog épisodique alors c'est chouette, je vais pouvoir avoir trois billets au sujet tout trouvé.

C'est parti pour l'épisode 1 : les Règles du jeu.


- Poster les règles sur votre blog.
- Révéler 11 choses à propos de vous-même.
- Répondre aux 11 questions posées par la personne qui vous a taguée.
- Créer 11 nouvelles questions pour les personnes que vous taguerez et pour celle qui vous a taguée !
- Taguer 11 blogueurs et mettre le lien de leur blog sur votre post.
- Prévenir les personnes taguées.


11 choses à propos de moi-même, voyons, voyons...


1. Je suis incapable de suivre une recette de cuisine à la lettre. D'abord parce qu'il me manque toujours un ingrédient. Et surtout, je suis une adepte du "boooarf, ça passera bien comme ça".

2. Je déteste sortir de la douche et ne pas me laver les dents juste en sortant. Raison pour laquelle je déteste prendre ma douche le matin sans avoir pris mon petit déjeuner au préalable. Et je déteste sortir le matin sans avoir pris mon petit-déjeuner. D'où profond désarroi quand il faut faire une prise de sang à jeun.

3. J'ai lu les Confessions de Jean-Jacques Rousseau et la Nouvelle Héloïse à treize ans et j'ai kiffé grave. J'ai essayé de les relire récemment et ça m'est un peu tombé des mains. On a des goûts bizarres quand on est ado, tout de même.

4. Je déteste mon prénom qui est tout sauf original pour les filles de mon âge (on a toujours été au moins trois dans ma classe à porter le même) et que je trouve horrible à prononcer. L'Epoux ne m'appelle que très rarement par mon prénom et quand il le fait c'est comme la maîtresse du petit Nicolas quand elle vouvoie les élèves, c'est que j'ai fait un truc pas comme il faut. Ou alors qu'on est en société.
F... la société.

5. J'ai eu les oreilles percées à six ans, pour mon anniversaire. Huit ans plus tard j'ai obtenu le droit de me faire percer un second trou à chaque oreille après avoir harcelé ma mère qui ne voulait pas de "piercing". Aujourd'hui, et depuis plusieurs années, je ne mets plus de boucles d'oreilles dans ce second trou qui persiste à ne pas se reboucher. C'est un peu ballot.

6. Je déteste les petits bouts de papier qui traînent - tickets de caisse froissés par exemple, étiquettes décollées non jetées, etc.

7. Je me tortille en permanence une mèche de cheveux. J'ai commencé en prépa et j'essaie de m'arrêter. Jamais réussi jusqu'à présent. Pour éviter au maximum, je m'attache les cheveux. De toute façon je n'ai pas la crinière de feu dont je rêve, alors...

8. Dans ma bibliothèque il y a trois livres que je relis tous les ans : Le siècle des Lumières d'Alejo Carpentier, Les Cavaliers de Joseph Kessel et Comment voyager avec un saumon d'Umberto Eco. Je pourrais les relire plus souvent mais je limite à une fois par an pour avoir un peu le temps d'oublier et de les redécouvrir avec plaisir.

9. L'un de mes grands titres de gloire universitaire est d'avoir épaté un professeur d'histoire de l'art contemporain en reconnaissant le sujet d'un tableau pompier du XIXe siècle, les Sept contre Thèbes. Depuis ce jour, il m'a eue à la bonne alors que je faisais office de touriste sympathique dans son cours où je venais en "non noté".

10. Mon plus grand regret est d'être vraiment, vraiment mauvaise en langues vivantes. Je suis incapable d'avoir un accent correct. Je me débrouille à l'écrit sous la torture en anglais et en italien mais pas plus. Ma première langue autre que le français, c'est le latin. C'est dire si j'ai vécu dans une grotte.

11. Le lundi matin, je fais le repassage de la semaine en écoutant le podcast du Masque et la Plume. Ensuite je m'octroie le luxe de prendre un bain en faisant les mots croisés du Télérama. J'ai enfin réussi à terminer une grille le mois dernier. Fierté incommensurable.



(la suite demain)

lundi 28 novembre 2011

Ah, les conversations Facebook, ou le café du commerce même pas intello.

Aujourd'hui sur Facebook, Le Jour du Seigneur (que j'ai l'honneur et l'avantage de compter parmi mes amis) publiait une petite niouse sur la place des femmes dans l'Eglise. Ce qui m'a donné le bonheur de lire la prose de quelques messieurs que j'ai autant envie de rencontrer qu'un loup-garou un soir de pleine lune. Je vous laisse apprécier - et non, je ne sais pas faire de captures d'écran. Mais ce n'est pas grave, il y a quand même de quoi se marrer.


Pourquoi les femmes sont elles aussi peu représentées dans les instances d'Eglise? L’Église est elle prête pour l'ordination des femmes? La réponse de Christine Pedotti dans un bonus. Une exclusivité lejourduseigneur.com

  • 15 personnes aiment ça.

  • 1 partage
    • Sylvain Lagrange Le jour ou les femmes seront ordonnées je quitterai l’église catholique, déjà que je n'y reste que par amour de Benoit XVI. Je rejoindrai les Orthodoxes! Les femmes ont un travail immense a faire dans l’église mais pas d'être prêtre.
      Il y a 7 heures · · 1
    • Pierro Mendes Je confirme c'est aussi ce que j'allais dire c'est du tout normal
      Il y a 6 heures ·
    • Patrice Le Cavorzin je suis pour que les femmes puissent être prêtres !
      Il y a 6 heures · · 3
    • Sylvain Lagrange Je pense que seul des catholiques pratiquants peuvent avoir une opinion sur ce sujet et sur tout sujets d'église.
      Il y a 5 heures ·
    • Luc Moisan Je pense que les femmes sont très présentes dans l'église (en pastorale, par exemple) mais leur travail n'est pas toujours reconnu à sa juste valeur.
      Il y a 4 heures ·
    • Le Jour du Seigneur Pratiquants ou pas, votre opinion compte! Merci de débattre ici, dans le respect bien entendu.
      Il y a 3 heures ·
    • Gilles Priollet La femme est vénérée dans l'Eglise comme dans aucune autre instance humaine. D'autre part l'égalité ne se décrète pas ; c'est une tentative de mise à niveau politique démagogique car impossible à atteindre, par nature. L'égalité est en droit, donc dans la loi humaine seulement. rendre la femme par contrainte égale de l'homme est une manière de la dégrader, de lui enlever ses qualités pour lui donner des qualités d'homme. Cela n'est ni favorable à son développement ni à l'équilibre de la société. Il suffit pour s'en convaincre de voir ce que font les enfants dans la rue. Il n'est donc pas étonnant dans ce contexte que les tenants du nivellement par le bas veuillent faire des prêtresses contre la Foi de celles qui se dévouent de si belle manière.


Alors notre ami Sylvain, il doit être sincèrement persuadé d'être un type super important. Un peu comme ces parents d'élèves qui vous expliquent que si vous continuez à martyriser leur Choupinet, ils le mettront dans le privé. Mais allez-y, putain, cassez-vous ! Puisque vous êtes mieux que tous les autres, allez faire montre de vos talents ailleurs. Je savoure aussi le commentaire sur "seuls les catholiques pratiquants (pas les faux en plastique, hein) peuvent avoir un avis sur la question".

Bref, un mec modeste et ouvert à la discussion, comme je les aime.

Vous aurez sans doute apprécié l'argumentation "anti-femmes prêtres" à base de phrases toutes faites, sans queue ni tête, probablement lues ça et là dans la presse conservatrice et qui consiste à dire que si tout fout le camp, c'est à cause de ces connasses qui ne font pas ce qu'on leur dit de faire (se la fermer, quoi). Vous aurez appris que si les gosses ne sont pas élevés, c'est bien à cause des bonnes femmes - jamais la faute du père qui n'est jamais, bien sûr, inconsistant voire demeuré.
Et encore, on a échappé au sempiternel "la famille est la cellule de base de la société", ressortie à tout bout de champ à chaque fois.



Pour ma part, je me permets juste de faire remarquer humblement que je n'ai jamais, jamais rencontré quelqu'un qui soit foutu de m'expliquer comment on peut justifier que les femmes ne puissent pas accéder à la prêtrise dans l'Eglise catholique. Non que la question m'empêche de dormir. Non qu'elle soit la seule - à titre personnel, je n'ai pas compris tout un tas de trucs qui ne m'empêchent pas d'aller à la messe le dimanche. Tenez, par exemple, j'ai jamais bien compris le rapport entre le fait de mourir sur une Croix et de sauver l'Humanité et c'est pas faute d'écouter les sermons de Pâques avec moult attention. Après, comme je ne suis pas contrariante, je dis que oui, d'accord, après tout si vous voulez, hein.

Je note seulement que, selon le bon vieil adage "c'est toujours les mêmes qui font tout", on veut bien que les femmes fassent tout dans une paroisse : l'animation des chants, la catéchèse, le ménage, l'administration et le secrétariat. D'ailleurs, dans les milieux un peu tradis sur les bords, il est de bon ton de s'en plaindre : trop de femmes, ça fait fuir le chaland et c'est pour ça que l'Eglise fout le camp depuis Vatican II. C'est donc bien toujours de la faute des femmes, donc. Surtout pas des hommes qui sont probablement trop bien pour faire tout ça.

Alors ? Une femme prêtre, pourquoi cela choque-t-il ? Pourquoi non ? Comment l'expliquer avec des arguments que tout le monde pourrait entendre ? D'ailleurs, les anti-femmes-prêtres se réfugient derrière un vague "ordre voulu par Dieu" aussi fumeux que peu compréhensible.

Si seulement on pouvait discuter.











mardi 22 novembre 2011

En cuisine - le jeu des trucs et des machins (4e épisode)

Voilà un truc que... bah je sais pas ce que c'est. Alors c'est à votre bon coeur pour me donner son utilité, parce que sinon, il va rester inutile au fond de mon tiroir à couverts pour la fin des temps.







lundi 31 octobre 2011

En cuisine - le jeu des trucs et des machins (3e épisode)






Alors, la question rituelle : qu'est-ce que c'est que ce machin ?

Cette fois-ci, je connais la réponse, en plus.

Mais j'aime autant préciser que je ne m'en suis jamais servie. Parce qu'il faut bien dire une chose, il faut être un grand malade pour utiliser ce genre de trucs dans sa cuisine.

mercredi 5 octobre 2011

Wake me up before you go.

L'Epoux est trop bon. Il se lève avant moi et fait l'impossible pour ne pas (trop) me réveiller. Avant de partir, il m'embrasse et me souhaite une bonne journée alors que je suis encore plus proche des limbes de la couette que des réalités du monde du travail de tous les jours.

Et pourtant, il devrait m'arracher du lit comme on arrache un poireau. Parce que sinon, voilà comment ma journée se passe - une journée hautement productive comme on va le voir.

8h10 : l'Epoux quitte le domicile conjugal. Nous nous souhaitons bonne journée.

8h25 : Oh, ça va, j'ai le temps, je peux bien encore pioncer...

9h25 : Ah ben tiens, j'ai bien eu le temps de pioncer.

9h28 : Petit déjeuner. Dinosaurus, jus d'orange, thé - consultation de blogs et divers journaux.

10h00 : tiens, j'ai passé bien du temps pour manger six Dinosaurus. C'est pas brillant.

10h02 : tiens, j'ai pas consulté tous mes blogs favoris. Et puis, hein, de toute façon, je vais travailler à la maison (puisque j'ai raté ma réservation BNF et qu'à cette heure, c'est plus la peine d'y aller, y'a plus de places).

10h32 : douche ? Tiens, je peux me faire un masque aujourd'hui puisque j'ai le temps (et que je vais pas à la BNF)

11h00 : fin de la douche. Faudrait se mettre à bosser - j'ai des tas de contrats de mariage à finir de collationner et un inventaire après-décès à transcrire.

11h02 : encore mieux, je pourrais faire du repassage. En écoutant de la musique ou encore mieux de chez mieux, mater un épisode de Faites entrer l'accusé en streaming.

11h45 : fin du repassage. Un peu de boulot avant de préparer mon repas de midi ? Mais il y a la poubelle des plastiques à descendre (notez que toutes les compromissions sont bonnes pour ne pas avoir à bosser).

12h00 : j'avais une lessive de clair à lancer. Je la lance.

12h12 : (à midi 12, j'ai toujours faim et toute ma considération à celui qui trouve l'origine de cette citation, l'Epoux étant hors jeu car c'est trop facile sinon) il est temps de manger. Et puis j'ai la fin de mon épisode de Faites entrer l'accusé à regarder.

13h : fin du repas. Digestion - tisane et blogs (y'a sûrement des trucs qui ont été actualisés). Sieste.

14h : il faudrait se mettre à la thèse mais d'abord, étendre le linge.

14h15 : puisque j'ai encore de la place sur le fil à linge, ce serait pas mal que je lance une autre lessive. Dont acte.

14h36 : passer l'aspirateur. Très important de passer l'aspirateur, on est mercredi.

14h55 : Et si je me mettais au boulot ? Mais un coup de fil opportun de l'Epoux me rappelle que j'ai un coup de fil ultra urgent à passer au rectorat (et un autre auprès de l'enfoiré de chauffagiste qui nous a fait une chaudière pas aux normes).

15h15 : je suis mise sur attente par le secrétariat du rectorat. Depuis vingt minutes, donc. Puis me fait raccrocher au nez. Le chauffagiste m'envoie paître.

15h30 : appeler l'Epoux pour lui demander de me préparer un recommandé bien sanglant pour régler son compte à l'affreux chauffagiste.

15h37 : aller chercher le courrier, ça me fera toujours faire un peu de sport.

15h45 : plus rien à faire, il va falloir se mettre à travailler. Je commence en soupirant à collationner des contrats de mariage.

15h47 : le chauffagiste me rappelle pour me dire qu'il va procéder à la mise aux normes que je réclamais à cor et à cri. Gratos.

15h49 : j'appelle l'Epoux pour lui signifier avec allégresse cette victoire remportée haut la main. L'Epoux s'en fout, il est sur répondeur. L'ingrat (mais il bosse, lui).

15h53 : je recommence à collationner des contrats de mariage.

17h00 : j'ai bien travaillé je trouve. Je m'auto-congratule.

18h30 : l'Epoux rentrant bientôt, il va être temps de faire à becqueter. (Je signale aux féministes prêtes à me tomber sur le râble à coup de batte de base-ball que oui, j'aime que l'Epoux trouve un repas prêt en rentrant (mais c'est que sinon, il a faim et il mange des chips. Et ça m'énerve. Alors comme c'est mauvais pour les artères de s'énerver, je préfère qu'il mange un vrai bon repas, et en plus après il dit merci, alors j'aime bien (je signale aux machos prêts à me tomber sur le râble à coup de batte de base-ball que oui, je sais, j'ai une tendance certaine à faire suer mon pauvre mari. Je SAIS. Mais il est assez grand pour se plaindre tout seul (et d'ailleurs il ne s'est jamais plaint de ma bouffe, alors)))).

19h30 : l'Epoux est rentré, on mange. Et sauf cas exceptionnel, je ne travaille jamais le soir et le week-end (faut pas déconner, est-ce que mes camarades bossant dans le privé le font ? Non ? alors).


Voilà donc une journée hautement productive.

Alors la prochaine fois, Chéri, réveille-moi. Pitié. Envoie ta feignasse de femme au turbin. Qu'elle ne te laisse pas trimer seul pour gagner notre croûte.






En fait, cet article n'est destiné qu'à justifier mon envie de partager avec mon aimable lectorat mon goût pour l'oeuvre chanté de George Michael (période jeune). Ouais.

Et aussi de faire suer ceux qui se roulent par terre quand ils apprennent que certains sont payés par l'Etat pour faire leur thèse Voyez comment je glande grâce à vos beaux impôts. Haha. Vengeance.

(il va de soi que toutes mes journées sont strictement identiques. Et qu'il ne m'arrive jamais de terminer sur les rotules une journée BNF).

vendredi 26 août 2011

Sexisme à deux balles ou bêtise confondante ?


Les gens sont tout de même assez peu fins. Même des gens gentils, sympas comme tout, qui veulent avoir un bon mot pour vous faire sourire et se trouvent agréables, peuvent avoir un don spécial pour sortir d'énormes conneries.

Par exemple, n'avez-vous pas remarqué un phénomène étrange ? Lorsqu'une femme relativement jeune et sans enfants prend dans les bras le mioche nouveau-né d'une amie, et ce quelle que soit la raison (permettre à la copine de boire son thé tranquille ou juste le prendre parce qu'on aime bien les mioches), on entend le mec d'icelle prendre un air désolé et dire au mec de la première "ah bah maintenant, tu vas être obligé de lui en faire un, hein, elle va réclamer".
Et là, mis à part traiter le mec de gros connard de macho (et accessoirement vous fâcher à mort avec les amis en question, ce qui n'est pas forcément le but lorsque ces gens vous invitent chez eux), que voulez-vous faire ?

Lui expliquer patiemment que femme ne signifie pas forcément hystérique ? Qu'une fille peut fonctionner autrement que sur le mode "je vois-je veux", qu'il s'agisse d'une paire de chaussures ou d'un enfant ? Que les femmes peuvent aussi savoir raisonner et gérer toutes seules comme des grandes la question du désir d'enfants et la possibilité d'en faire ?

Lui faire remarquer que si c'est la raison pour laquelle lui-même s'est reproduit, c'est bien dommage pour lui ? Que la conception d'enfants dépasse probablement la simple notion de coup de bite destiné à combler le caprice de Madame un samedi soir après avoir pris dans ses bras le mioche de sa copine ? Qu'un homme aussi peut désirer d'être père ?

Pire encore, la réflexion peut venir aussi (mais moins souvent) de la fille.


Mais qu'ils sont cons. Mais qu'ils sont cons.






mercredi 3 août 2011

Une femme de la Renaissance (tag d'Euterpe)

(voir le tag lancé par Euterpe !)





Si je devais choisir une femme de la Renaissance, je choisirais Isabelle Claire Eugénie d'Autriche, infante d'Espagne. D'abord parce que l'Espagne est la mal-aimée de l'histoire moderne, systématiquement taxée de bigoterie, assaisonnée de tas de vilains inquisiteurs tout chauves et tout crasseux, d'autodafés de juifs et de morisques à tous les coins de rues, et de cohortes de malheureux gens supposément frustrés par les susnommés vilains inquisiteurs. Et moi, j'aime bien l'Espagne du Siècle d'Or.

D'ailleurs, c'est facile de reconnaître les Espagnols dans les fictions et docus-fictions historiques : c'est ceux en noir, chauves à l'air très très vilain. Et ils veulent brûler tout le monde.

Parmi les Espagnols, il y en a un qui remporte la palme du gros vilain, c'est Philippe II, roi d'Espagne de 1556 à 1598. Dans les films, il fait toujours très peur. Alors que pourtant, même si le bonhomme n'a pas toujours l'air guilleret sur ses portraits, il n'y a pas non plus de quoi s'effrayer.

C'est peut-être lié à son chapeau ?

Pour ma part, j'ai une grande sympathie pour Philippe II - un peu moins pour son système de gestion des finances de l'Etat (= la banqueroute permanente, mais rien n'est parfait en ce bas monde). Si un jour vous avez comme moi l'heur de visiter 1 le Prado à Madrid et 2 l'Escurial à quarante bornes de Madrid, vous comprendrez sûrement mieux l'essence de ce grand roi, mécène éclairé (chez lui, il y avait aussi bien du Jérôme Bosch que du Greco), croyant sincère, politique rusé mais aussi homme d'une grande complexité, bon père de famille, époux aimant, ami affectionné pour les rares qui lui étaient vraiment proches.

Comme je vous le disais, il n'a pas non plus l'air spécifiquement marrant.
La légende veut qu'il n'ait ri qu'une fois dans sa vie.
En apprenant le massacre de la Saint Barthélemy.


(sans déconner : il faut avoir visité l'Escurial une fois dans sa vie.)



Philippe II n'a pas eu de chance dans sa vie matrimoniale : marié une première fois, il eu pour fils le fameux Don Carlos (celui de l'opéra de Verdi), puis il s'est marié une seconde fois, un peu pour la déconne, avec la reine d'Angleterre Marie Tudor. La troisième fois, avec Elisabeth de Valois, qui avait bien vingt ans de moins que lui et qu'il aima sincèrement. Lorsqu'elle mourut, elle lui laissa deux filles dont l'une est celle qui m'intéresse, Isabelle Claire Eugénie, née en 1566. (Ensuite, il s'est encore marié une quatrième fois, histoire d'avoir enfin un héritier : ce qui a fini par marcher).

Isabelle Claire Eugénie et Catherine Michèle, infantes d'Espagne.
Par Sofonisba Anguissola.



L'autre raison qui me fait aimer Philippe II, c'est que dans sa sagesse, il savait déceler l'intelligence chez les gens. C'est la raison pour laquelle il préféra toujours ses deux filles issues de son troisième mariage. La naissance de l'aînée, Isabelle Claire Eugénie, lui causa dit-on une grande joie, plus encore que s'il lui était venu un fils. L'affection qu'il porta à sa fille et à la soeur d'icelle, Catherine Michèle, ne se démentit jamais au fil des années.

Catherine Michèle, la petite soeur.
Par Sofonisba Anguissola (1577)
Mais vous avez VU ce portrait ? Ces yeux ?

Philippe II aimait la compagnie de ses filles au point de les garder avec lui pendant ses séances de travail. Plus tard, elles se mirent à l'assister en lui traduisant des documents - car il leur fit donner une excellente éducation. Chose qu'il ne permettait pas à ses fils (qu'il prenait pour des imbéciles, et apparemment, il n'avait pas tort).

Philippe II avait de grandes ambitions pour ses filles : ainsi il manoeuvra pour pousser Isabelle Claire Eugénie sur le trône de France à la place d'Henri IV. Ce qui ne fonctionna pas (c'est là qu'on ressortit la fameuse loi Salique, vous savez, celle qui excite encore tant les royalistes d'aujourd'hui), mais cela nous montre surtout que pour Philippe II, c'était pensable et envisageable. Donc qu'il était probablement drôlement moins macho que ses contemporains.

Isabelle Claire Eugénie par Juan de la Cruz, en 1599.
L'étoffe d'une reine : elle est représentée debout.



Isabelle Claire Eugénie dut renoncer au trône de France, mais fit néanmoins une belle carrière. On lui fit épouser en 1599 son cousin Albert d'Autriche et son père la nomma gouverneur des Pays Bas espagnols. Avec pour mission de pacifier la région, en grand chambardement politico religieux depuis alors trente ans. Il y avait une feinte derrière ce mariage : Albert était nommé gouverneur des Pays-Bas alors en pleine révolte et soutenus par la France et l'Angleterre. Le conflit avait plus ou moins pris fin avec la paix de Vervins et Philippe II avait choisi d'octroyer leur indépendance aux Pays-Bas avec à leur tête Albert lequel est marié à Isabelle-Eugénie, sa fille aînée qui apporter à son mari, par sa dot, les Pays-Bas. Or une clause du traité de Vervins précise que si le couple venait à s'éteindre sans descendance, les Pays-Bas redeviendraient possession espagnole. Or, il était assez vraisemblable qu'Albert était incapable d'engendrer, et Isabelle Claire Eugénie étant alors âgée de trente-trois ans, fallait pas rêver... Cette indépendance généreusement octroyée n'est qu'un tour de passe-passe politique permettant aux Pays-Bas de retrouver la paix avant de retourner à la couronne espagnole (vous avez vu comme c'est chouette la politique ?).

Ce fut néanmoins un mariage heureux et redoutablement efficace, qui rétablit la paix dans la région, réforme la justice, développe l'économie, en suscitant des grands travaux (en particulier) l'assèchement des marécages à la frontière de l'actuelle Flandre orientale et de la France. Ils installent leur cour à Bruxelles et s'entourent d'artistes, Brueghel ou Rubens. La mort d’Albert survient en 1621 mais n'empêche pas Isabelle Claire Eugénie de rester comme seule gouvernante des Pays Bas espagnols. Veuve éplorée, elle prend alors l'habit de Clarisse et continue de diriger la région d'une main de fer dans un gant de velours.

Isabelle Claire Eugénie en habit de clarisse.
D'après Rubens.

Elle meurt en 1633 : c'est la fin d'une période de calme et d'essor pour les Pays Bas Espagnols, qui ne se calmeront de nouveau qu'en 1648, lors des traités de Westphalie.





vendredi 18 février 2011

En cuisine (3)

J'ai pas mouru, rassurez-vous (enfin pour ceux que ça intéresse), c'est juste que je manque cruellement d'inspiration et de temps pour écrire des trucs.

En attendant je fais plein de cuisine et comme ça après je vous raconte mes dernières créations. J'ai même amélioré la chose et maintenant, je fais des photos - si c'est pas trop bien.


Aujourd'hui, j'ai l'honneur et l'avantage de vous présenter le truc du moment : le roulé au fromage et fines herbes.

Vous avez besoin pour ce faire (pour 4 personnes et deux enfants - j'avais du monde à table dimanche dernier) :

de 6 oeufs
un poivron rouge (mais vous pouvez tenter votre chance avec de la betterave si vous êtes capable de manger des trucs rose pétant. Moi je peux mais par exemple, l'Époux, y peut pas)
du fromage genre "aïl et fines herbes"
du fromage râpé
de la menthe, du persil et des autres herbes aromatiques (coriandre, par exemple)
du sel et du poivre


D'abord, on coupe le poivron rouge et on l'épépine. Puis on le débite en petits bouts. Si c'est de la betterave, c'est pareil.
On casse les oeufs, on met les petits bouts de poivron avec et on passe le tout au mixer. Pas trop longtemps parce que les oeufs moussent (les crétins). On sale et on poivre. Puis on verse le tout sur une grande plaque allant au four (avec des bords), soit beurrée, soit tapissée de papier sulfurisé.
On colle tout ça au four chaud (200 °C, pour ma part, mais en même temps je fous toujours tout à 200 °C, alors c'est pas un exemple. Mais à 200°C, ça marche, au moins). Dix bonnes minutes, afin que l'omelette soit bien cuite.

Pendant ce temps, on mélange le fromage à l'ail et aux herbes, la menthe et les herbes aromatiques, le fromage râpé et tout ce que vous voulez d'autre. Une cuillère à soupe d'huile d'olive ne fait de mal à personne. Une fois j'ai même mis du jus de citron. On passe tout le mélange au mixer également.


Quand l'omelette est cuite, on la sort du four, et on étale le mélange au fromage dessus.

Ensuite, une fois que c'est un peu refroidi, y'a plus qu'à rouler l'omelette.


(et à faire tenir avec des petits cure-dents parce que moi, j'ai jamais de chance, et ça finit toujours par se dérouler, mais y'a pas de raisons que vous soyez aussi poissards que moi).

Et après, ça fait comme qui dirait un roulé.



Si. C'est bien un roulé. Qui se colle au frigo bien serré dans du film plastique ou du papier sulfurisé, le temps de bien refroidir.


Si vous faites des petites tranches, ça se sert en entrée avec de la salade. Ou en apéro. Mais on peut aussi faire des plus grosses tranches et en faire avec une grosse salade un plat de résistance, mais pour l'été.


(librement inspiré de Savez-vous planquer les choux, mon nouveau livre de recettes qui est tout à fait génial, il faudra bien que je vous en reparle).



jeudi 18 novembre 2010

Rire de tout.


Et un marronnier, un !
Parmi les phrases que je déteste le plus au monde, il y a celle-ci : "on peut rire de tout mais pas avec n'importe qui". Parce qu'elle s'accompagne de l'air méprisant de celui qui la prononce, destiné à vous faire comprendre que si telle ou telle blague ne vous fait pas rire, c'est que vous n'êtes qu'un crétin et que - insulte absolue de nos jours - vous n'avez pas d'humour.

Et comme personne ne veut passer pour le rabat-joie de service, on se force à s'arracher un rire d'une blague qui ne nous amuse pas, parce qu'elle n'est pas drôle, parce que ça fait soixante quatorze fois qu'on vous la fait, parce que ça touche une corde sensible.

Il y a encore quelques temps, je n'aimais pas jouer les pisse-vinaigre, aussi je m'efforçais d'émettre au moins un ricanement, de répondre spirituellement, comme si je n'étais pas atteinte par la pique - ou comme si à l'inverse il y avait de quoi se poiler.
Et puis un jour je suis tombée sur un billet tout bête d'un site où l'on peut trouver des jolies perles de réflexion. Pour ceux qui ont la flemme d'aller voir le lien, c'est un Arabe qui n'en peut plus d'avoir droit à des blagues sur le mode "tiens voilà le livreur de pizzas" quand tu sonnes à la porte d'un ami qui organise une soirée.

Passé un certain âge, on se fatigue des attaques - qui ne se veulent pas toujours méchantes, mais qui exaspèrent à force de répétition. Dans mon cas, par exemple, je citerai les blagues sur les curés pédophiles, les scouts pédophiles et fachos, les blagues misogynes/machistes, les piques sur les "intellos", les plaisanteries à deux roubles sur l'accent ou la fainéantise supposée des Provençaux et des profs (alors, des profs provençaux, je n'en parle même pas).

On m'a ainsi souvent demandé pourquoi malgré mes capacités je m'obstinais à bosser dans l'enseignement public "alors que mes qualités seraient tellement mieux reconnues dans le privé". Sauf qu'à voir comment même passée la trentaine, le commercial s'en donne à coeur joie sur l'intello (comprenez, celui qui sait lire) de la boîte, désolée mais je préfère rester parmi mes semblables.

Et moi, je suis fatiguée de devoir faire bonne figure et d'avoir de l'humour vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Tu n'es pas drôle, toi, quand, lorsque je te réponds un peu sèchement, ton premier mouvement est de ricaner "t'as tes règles ou quoi ?". Tu n'es pas drôle quand tu ressors la blagues des jambes des femmes qui ne servent qu'à aller plus vite du lit à la cuisine. Tu n'es pas drôle quand tu contrefais l'accent provençal que tu crois être un accent arabe mâtiné de vulgarité. Tu n'es pas drôle quand tu ressors la blague du curé pédophile que tout le monde connaît. Tu n'es pas drôle quand tu me demandes si je suis en vacances ou en grève. Tu n'es pas drôle quand tu te fous de la gueule de quelqu'un qui aime lire/visiter des expositions/voir un film dont la bande son est autre chose que pif ! pif ! boum ! boum ! racatacatac !, et que tu estimes que cela te confère une supériorité sur l'intello à lunettes.

Comme je deviens une vieille conne (c'est que je suis plus proche de trente que de vingt ans maintenant), j'ai pris l'habitude de ne plus avoir peur de plomber l'ambiance d'une soirée ou d'un dîner. Je ne veux plus faire croire que j'ai de l'humour à toute épreuve. Je m'en balance d'avoir l'air drôle. Et je ne veux plus avoir l'air de ne pas être atteinte par les mauvaises plaisanteries. Oui, il y a des choses qui m'atteignent, qui me blessent cruellement. Et je me réserve le droit d'avoir l'air susceptible, et de t'envoyer paître, toi qui veut faire rire à mes dépends, toi qui croit que la provocation est le seul mode de communication.

La phrase de Desproges, quand tu la laisses tomber d'un air condescendant parce que je ne me suis pas esclaffée sur ta sortie délicate, ne sert qu'à te rendre encore plus crétin. Rire de tout mais pas avec n'importe qui ne signifie pas que le monde se partagerait en deux, les surhommes pleins d'humour qui auraient le don de pouvoir tout brocarder sans distinction et de l'autre côté les pisse-vinaigres trop cons pour rire, mais bien au contraire qu'il faut manipuler l'humour avec une extrême précaution pour ne pas le transformer en méchanceté et en humiliation gratuite.

Mais du haut de ta superbe d'homme drôle autoproclamé, tu ne comprendras probablement pas.




mercredi 17 novembre 2010

Les objets d'Artémise, 2. La pelisse.


Nous étions jeunes, nous étions fou, nous étions jeunes mariés. L'Époux m'a fait en ce temps le somptueux cadeaux d'un manteau hors de prix, en fourrure noire, à boutons dorés - vous savez, le genre de manteau que porte l'espionne russe dans les James Bond (mais la méchante, hein, pas la gentille), ou la collabo dans les films sur l'amitié franco-allemande de 1939 à 1945.

À priori, point de bébé phoque n'a été massacré pour la confection de ma pelisse. D'abord parce que les bébés phoques, c'est blanc, et que mon manteau est noir. Et qu'à priori, c'est pas de la vraie fourrure - je ne suis tout de même pas du genre à vouloir mettre l'Époux sur la paille, non plus.
N'empêche, vraie ou fausse peau d'animal, il est chaud comme tout, doux, superbement taillé dans le style années 1940 (comme dans les films susnommés). Le manteau parfait - c'est bien simple, je n'en avais jamais trouvé d'aussi parfait.

Autant dire que j'aime voir l'automne pointer son nez, ça me donne l'occasion de le ressortir.

Il est d'autant plus jouissif de s'y glisser dedans que Paris est peuplé de donneurs de leçons de tout poil (ah aaaah) qui froncent leur nez aussitôt qu'ils me voient débarquer dans le métro emmitouflée dans ma pelisse. Car entendez bien, la fourrure, faut pas, c'est vilain, ça tue les bébés phoques. Il est désopilant de les entendre vouloir pratiquer la correction fraternelle en marmonnant des poncifs sur les gentils n'animaux cromeugnons que les salopes de mon genre exterminent pour le seul besoin du culte de l'apparence.
Certains poussent leur petit courage de Saint Just en herbe, jusqu'à vous demander si vous vous rendez bien compte du mal que vous faites à la planète (ajouter des trémolos dans la voix).

En général je réponds que non, j'aime pas les bêtes. Et ça leur coupe le sifflet. Mais pas toujours. Les plus excités se lancent dans une tirade sur la protection des animaux, le foie gras, les tests pharmaceutiques, avec force insulte à l'encontre des gros vilains comme moi.

Comme quoi, simplement en portant ma pelisse, j'arrive à choquer le bon peuple à peu de frais. Kate Moss et Michel Onfray n'ont qu'à bien se tenir.

Tremblez.







jeudi 21 octobre 2010

Quelques notes décousues sur les femmes.

Bon voilà, tout est dans le titre. C'est décousu parce que j'écris entre deux cours et que mes idées sont encore assez peu claires sur la question mais... j'ai bien envie de me lancer.



Pour bien donner une idée de ma position sur la question, une petite histoire.

Il se trouve que, dans le mouvement scout où j'ai traîné longtemps mes guêtres, il y a ce que l'on appelle les Guides Aînées, le pendant féminin des Routiers. En gros, c'est ce qu'on fait après avoir été guide (ou scout) et avant de devenir cheftaine (ou chef). J'ai été, pour ma part, dans un groupe, où, grosso modo, on vous expliquait que votre rôle à venir, c'est bonne soeur ou mère de famille. Ou, éventuellement, laïque consacrée. Point final.

Tout cela s'accompagnait d'un enseignement assez éléphantesque (dans sa subtilité autant que dans sa quantité) sur l'éducation à l'affectivité - id est, en quatre mots : pas avant le mariage. À une époque où je m'apprêtais à entamer des études longues en commençant par une prépa, j'aurais préféré peut-être entendre des choses sur le savoir et son rôle dans la foi, sur le rôle des études et de la connaissance dans la vie d'une femme, mais bon, il ne faut pas trop en demander.

Malgré tout, l'année que j'ai passée aux Guides Aînées fut plutôt agréable et se termina ma foi fort bien par un pélerinage entre Pérouse et Assise, qui reste un des événements marquants de ma fin d'adolescence.

La fin de l'année fut marquée par ce qui s'appelle les prises d'engagement chez les Guides Aînées. En gros pour les non-initiés, c'est là où on s'engage à suivre dans toute sa vie les principes scouts (esprit chevaleresque, sens du service, etc, etc). C'est là que ça devient intéressant pour mon propos.

Chez les routiers, la prise d'engagement se fait par un cérémonial magnifique et se termine lorsque le nouvel engagé quitte le cercle où il vient de renouveler sa promesse face aux autres, et part, après avoir reçu un bâton de marche et une bible, seul dans la nuit pour une marche, exercice à la fois physique et spirituel, de plusieurs jours, en solitaire. Les paroles sont belles et solennelles. Elles appellent à l'élévation, au dépassement de soi.

Pour les guides aînées, les filles, donc... la cérémonie est bien plus courte, assez gnangnan et se termine... lorsque les filles se réunissent au coin du feu en veillée prière.

Super, n'est-ce pas ? Excessivement excitant !

Avec le recul, j'ai retiré de cela et de bien d'autres choses, l'idée que le problème, c'est que l'Église ne sait pas trop quoi faire des femmes. Oui oui, je sais bien, la Vierge Marie et les saintes femmes... mais si j'ai bien compris, la Vierge Marie, il n'y en a eu qu'une, il n'y en aura pas d'autres. Et chez les saintes femmes, on met en valeur soit leur martyre (et leur vertu), soit à l'inverse, leur "virilité", chez les abbesses et autres grandes dames (Thérèse d'Avila, Hildegarde de Bingen, etc).


Un autre exemple ? Une fois, un site catho que je ne nommerai pas mettait en lien un site destiné aux femmes catholiques, "Sentinelles de l'invisible". En lien avec la pastorale de l'Eglise sur le rôle des femmes dans la transmission de la spiritualité dans la famille et dans le monde.
Je me suis dit Ah, tiens, chic alors, enfin un truc intéressant, du genre à vous faire réfléchir sur votre rôle de femme. Je trouvais le titre particulièrement bien trouvé.
Ben non. Les Sentinelles de l'invisible, sur ce site, elles s'échangent des tuyaux pour acheter des pelotes de laine 100% coton (qui passent mieux à la machine) et des bocaux de cuisine avec 50% de réduction.

Voilà. Le rôle des femmes, c'est le bon plan tricot et tupperware. Sors pas de la cuisine ma fille, tu vas t'enrhumer le cerveau si tu réfléchis.



Je n'irai pas jusqu'à dire, comme on peut parfois le voir, que les femmes sont des membres de seconde zone de l'Église catholique. N'empêche que. Il y a des choses sur lesquelles ont peut s'interroger.

Quand j'étais petite, je voulais être prêtre. Et puis ma mamie m'a expliqué que je pouvais seulement être religieuse. Mais je veux prêcher, disais-je ! Tu pourras aller en mission en Afrique (ma mamie a connu les colonies, on ne va pas la refaire) ou entrer chez les Ursulines, là tu pourras enseigner. Mais je veux prêcher à l'église, moi. Bah non. Pas touche. Il fallait naître homme.

C'est de la jalousie de bas étage, je vous l'accorde. Qui me travaille lorsqu'il m'arrive de m'ennuyer ferme pendant l'homélie du dimanche, lorsqu'un prêtre aux piètres capacités d'orateur enchaîne phrases pompeuses et vides en guise de sermon, du style curé dans Les Langages hermétiques des Inconnus - "et il n'est même pas fichu de faire trois parties", m'arrive-t-il de grincer avec peu de charité. Car je suis bien consciente de manquer cruellement et d'humilité et de charité en ces moments. N'empêche que le "je ne vois pas pourquoi je ne pourrais pas en faire autant" est une tentation.

De fait, le sacerdoce féminin ne fait pas partie de mes chevaux de bataille. Je préférerais que l'on travaille d'abord un peu plus en profondeur à l'éducation catholique des femmes - un peu plus de mise en avant de l'intelligence, du savoir et de la réflexion (ah, ces gamines qui avouent encore avec fierté connaître le Salve regina par coeur, mais ne comprennent pas le latin) un peu plus de considération pour le travail féminin, un peu moins de gnangnan et un peu plus d'élévation, ce ne serait déjà pas si mal.

Je m'agace régulièrement de certaines personnes qui voudraient absolument faire de l'élevage des gosses la seule gloire d'une femme. Oui, c'est bien, c'est noble, c'est tout ce que vous voulez, mais on peut difficilement dire que c'est franchement excitant pour tout le monde. D'ailleurs, si c'était si épanouissant que ça, la plupart des hommes de familles cathos-BCBG pleins d'enfants (mais pas seulement hein : on peut très bien être un mufle sans cela) se hâteraient un peu plus le soir pour rentrer avant que Madame ne se soit chargée toute seule du bain, des couches, du dîner, du ménage et du coucher.

Ensuite, j'aimerais bien qu'on m'explique en quoi c'est forcément mieux pour un enfant d'être élevé par une mère au foyer qui l'aurait allaité toute son enfance. Que je sache, je ne crois pas que Louis XIV ait été allaité et torché par Anne d'Autriche, ça ne l'a pas empêché 1. d'adorer sa mère et 2. de réussir pas trop mal dans sa vie. Cette configuration, à savoir la mise en nourrice des enfants, concerne l'écrasante majorité des enfants des franges supérieures des sociétés de l'époque moderne (noblesse d'abord, puis bourgeoisie plus ou moins modeste par imitation), et ils n'en sont pas tous morts, pour autant que je sache.
Oui, les médecins et les pédiatres s'accordent à dire que physiologiquement, cela peut être mieux pour un enfant d'être allaité pendant au moins six mois après sa naissance. Pour la mère, cela participe aussi de sa récupération (perte de poids, etc). Mais pour celles qui n'ont pas de lait ? Qui ne veulent pas (ne peuvent pas) allaiter ? On a toujours su se débrouiller autrement sans engendrer de catastrophe démographique, alors foutez-nous la paix avec ces histoires d'allaitement et de mère au foyer.

Enfin, beaucoup de femmes font des études. Ce n'est pas pour se retrouver aide-ménagère gratuite. Dans mon entourage, il y a des femmes professeurs de lettres classiques, ingénieurs, polytechniciennes, médecins... qui veulent avoir des enfants, les éduquer, en faire des êtres à part entière avec des valeurs, de la culture... mais qui n'ont pas forcément l'intention de renoncer aux plusieurs milliers d'euros par mois auxquels elles peuvent aspirer. Beaucoup disent que c'est de l'égoïsme de mères dénaturées. Et là non plus, je ne vois pas bien ce que vient foutre l'amour maternel là-dedans.

Pour ma part, je travaille pour l'argent, comme tout le monde, en fait. Si je pouvais être rentière, croyez-moi, je serais la première à ne plus en foutre une rame. Sauf que je ne me transformerais pas, je ne me transformerai jamais, en aide-ménagère gratuite. Car je ne considère pas que changer des couches et faire des lits soit une vocation et une fin en soi. Que ça soit essentiel et qu'il faille bien en passer par là, d'accord. Que l'on veuille y échapper si on en a la possibilité ne me paraît pas être le comble de la monstruosité.


Malheureusement, quoi qu'on fasse, on fera le mauvais choix. Tu veux t'arrêter de travailler ? Tu es une feignasse attardée entretenue par un homme. Tu veux faire des enfants, prendre ton congé maternité ? Tu es une traître à la cause, une pondeuse indigne du monde du travail. Tu veux travailler alors que tu as des enfants ? Tu es une salope égoïste, une mauvaise mère, tes enfants finiront drogués et prostitués, voire pigistes au Monde diplomatique.

Mais merde à la fin. On ne peut pas avoir le choix ?





lundi 28 juin 2010

Vice caché, 1.

Parmi les choses que je n'avoue qu'avec parcimonie, j'aime bien Britney Spears.

Voilà, c'est dit. En ce moment, j'ai un faible pour Circus. Le clip est bien fichu, réussi visuellement (sauf cette manie dans la manière de filmer aujourd'hui : pas un plan de plus de deux secondes).
Et après tout, cette fille a beaucoup d'humour et les paroles témoignent d'un bon sens de l'autodérision.




Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo



(eh, quoi, je peux pas mettre une vidéo de William Christie à chaque fois.)
(et désolée pour la pub avant, j'ai dû aller chercher une vidéo ailleurs que sur youtube).

lundi 26 avril 2010

Les brèves du lundi.

1. Ah, Jacqueline Maillan...



2. Pensée du jour. Avoir un mari, c'est génial. Avoir un mari qui remplit à votre place la déclaration pour l'impôt sur le revenu, c'est encore mieux.


3. Je vais finir par croire que ces brèves du lundi sont essentiellement destinées à ma propre rigolade. Encore une petite vidéo.



4. Je mets des vidéos parce que je n'ai rien d'intéressant à dire, bien sûr ! Si vous n'êtes pas content, je peux aussi vous livrer la recette de la mousse texturante pour cheveux entièrement bio et fait maison. À l'oignon et au jus de citron (et à l'huile essentielle de lavande parce que sinon, vous avez des chances de sentir le rôti pendant deux semaines). Voilà c'est fait. C'était la minute glamour. Passionnant, non ?


5. Et merci à tous ceux qui, à l'issue du post précédent, m'ont donné plein de conseils de lecture ! bonne semaine à tous !

jeudi 8 avril 2010

"Un an et demi de travail"...

Je n'ai pas encore de lardon à moi mais je commence à avoir pas mal de copines qui procréent et je suis bien contente pour elles.
J'en connais même une qui milite dans le comité "Pas de bébé à la consigne" - si, ça existe vraiment et ça sert à dire à Nadine Morano que son décret tout pourri sur l'accueil des enfants en crèche, elle peut se le garder, et que c'était pas la peine de travailler "un an et demi" pour aboutir à cette conclusion : "oh ben, on n'a qu'à autoriser le surbooking dans les crèches".

En plus, si ça se trouve, des tas de gens ont été payés pour faire des tas de rapports divers et variés pour arriver à cette conclusion.

À laquelle on a rajouté cette autre idée brillante "et pour que ça coûte moins cher, on embauchera en plus des gens évidemment moins qualifiés" - ça me rappelle Darcos qui expliquait tranquillement que boh, à la maternelle, il suffit de savoir changer une couche.


Cette propension à poser des emplâtres sur une jambe de bois, c'est fascinant, je trouve.


Venenum in cauda : histoire de voir, je suis allée faire un tour sur quelques sites du genre cathos tradis pour savoir si, par hasard, ils disaient quelques mots sur le problème de l'accueil des enfants en crèche - vu qu'en général, les questions de mioches et de natalité, ça les intéresse. La réponse est : circulez, y'a rien à voir. De là à en conclure que pour eux, les bonnes femmes, ça doit rester à la maison et que celles qui travaillent sont de mauvaises mères...

vendredi 2 janvier 2009

Fragment d'un discours entre personnes hautement cultivées.


La scène se passe à l'arrêt du bus de la ligne 38. Deux jeunes gens devisent gaiment.

- Dis-moi, dis-je, tu crois qu'il n'y a que moi que cette affiche fait gerber ?

19015872.jpg

- Mais non, tu ne comprends rien une fois de plus, c'est pour exciter les mâles, il paraît que les trucs vaguement lesbiens ça plait.

- Ah.

- Et puis en fait, si tu veux mon avis, c'est une allusion au Bain turc, c'est ingresque, quoi...

Dominique_Ingres_-_Le_Bain_turc.jpg

- Cherche pas plus loin, c'est bien ça : Ingres aussi me fait gerber.