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lundi 8 juin 2015

Back to Alexandria.


Aucune idée de pourquoi, en cherchant un titre parlant de retour, je repense à l'incipit du quatrième volet du Quatuor d'Alexandrie. Dont je n'ai retenu que le début, parce que la description était réussie sans doute. On va dire ça, vu que je n'ai aucun, aucun souvenir du bouquin. Ce qui n'est pas très bon signe.


Ma dernière publication remonte à presque un an. Il faut dire que je ne me suis guère ennuyée ces derniers mois, entre la thèse à boucler, les colles en prépa, les montagnes de copies du lycée qui pourrissent sur mon bureau, les héritiers qui s'accrochent à mes jambes ou se bastonnent pour la même petite voiture (alors qu'on en a bien trois millions à la maison et qu'il leur faut la même). 

Je suis vidée. Ravie d'avoir soutenu, ravie d'avoir mené à bien ce projet de dix ans de vie, mais vidée. Les cours au lycée ne sont pas finis, notez, et j'ai encore une bonne petite centaine de croquis de géo (amateurs de la Northern Range, ne vous abstenez pas, venez corriger à ma place) (vous verrez comme c'est cool la géographie) (si). 

- J'ai eu de grands fous-rires (notamment la fois où les premières S ont cru dur comme fer que j'étais sérieuse en disant que bien sûr, je note à la tête du client.
- J'ai eu de grands moments de lassitude (quand Stayssi, en seconde de l'angoisse, vient demander du papier toilette sinon je vais faire pipi dans ma culotte madaaaaaaaaame). Ou quand Jessyfer de la même classe note que Napoléon a une couronne de lauriers (BIEN) parce qu'il a vécu au temps de Jules César Madaaaaaaaaaame ? (non) 
- J'ai eu des coups de sang (quand le conseil de classe de la seconde de l'angoisse commence par un "bah, t'façon, on peut pas en faire redoubler 20 comme ça hein, donc Charles-Kévin et Paul-Kévin passeront en première ES avec 2,37 de moyenne" alors qu'honnêtement, les deux bons tiers de la classe n'ont pas le niveau quatrième)
- J'ai eu des instants de grâce (quand Jean-Kévinou de première S arrive à se rappeler qu'on a parlé du scandale de Panama six mois plus tôt) (et qu'il s'en souvient) (en revanche il met deux N à Panama, le petit sacripan) (bon, je l'ai étripé juste derrière parce qu'il le plaçait sur le canal de Suez, le petit sapajou).
- J'ai eu des moments de légère confusion : Madaaaaaaaaaame on a tous voté pour vous pour le prix d'élégance du lycée!!!! moi : gni ? Ouiiiii, parce que vous êtes toujours en robe et que vous mettez pas de baskets. Ah. Bon. J'eusse préféré qu'on louât la qualité de mes cours, m'enfin soit.
-J'ai eu des moments de toute puissance : Madaaaaaaame vous êtes trop méchante, vous voulez jamais qu'on parle en cours. Oderint dum metuant, etc.

Bref, j'ai vécu une année au lycée.


mercredi 9 janvier 2013

Hell duck.




Pour Noël, le mot avait été donné : "pour le rejeton, offrez ce que vous voulez, pourvu que ce soit 1 petit (parce qu'après ça doit remonter en train à Paris, et qu'ensuite, la maison n'est pas extensible), et 2 silencieux (pour le maintien en bon état de nos tympans, merci bien).

C'est comme cela que l'Héritier a vu ses chaussons en cuir (ses parents étant bobos à leurs heures) remplis avec
- une petite voiture 
- un trotteur en forme d'écureuil (mais une amie à moi estime que ça ressemble vachement à un lama)
- quatre petites voitures
- deux espèces d'ordinateurs qui font de la musique et qui causent (dont un avec la voix suraiguë et nasillarde de Mickey)
- un train en bois avec des animaux, de taille conséquente
- un mouton à bascule (nan... ne dites rien... en plus, les coupables, c'est nous, pour cette fois). 
- une ferme en bois avec des animaux en tissu. 
- un livre (encore ce crétin de loup qui met sa culotte, ses chaussettes, son pantalon, son pull et son chapeau, tout ça pour même pas réussir à bouffer les gosses qui se promènent dans les bois et le houspillent que c'est pas permis). 

Bref. 

Parents enthousiastes et attentifs, nous avons décidé d'éveiller les sens de notre progéniture en lui apprenant à jouer à ses différents jouets. Et c'est là qu'intervient le drame : l'ouverture de la boîte avec la ferme des animaux dedans. 
Cette ferme se présente sous un jour assez inoffensif, avec des animaux mignons en tissu et un décor choupi. Comme animaux, de façon originale, on dénombre un cheval, un cochon, une vache et l'instrument du diable : un canard. Au départ, c'était rigolo comme tout, on pressait les animaux pour leur faire pousser leur cri. Sauf que le canard s'est mis à brailler sans s'arrêter des séries de 21 "coin" (trois fois sept "coins"), à toute heure du jour et de la nuit, sans même qu'on appuie dessus. 

On a tenu quatre jours, hésitant entre le fait de coller définitivement ledit canard à la cave (mais, une ferme sans canard, ça n'a pas le sens commun) ou faire des trucs plus rigolos du genre le mettre dans la boîte aux lettres pour voir la tête de gens qui l'entendraient en passant (nous avons un sens de l'humour tout à fait délectable, je vous l'accorde). 

Jusqu'à ce dimanche après-midi où, pendant la sieste, le canard de l'enfer s'est remis à cancaner comme un perdu. L'Epoux, n'en pouvant plus, a saisi le canard dans une main et le pilon du mortier à épices dans l'autre, et, en deux coups, il n'y a plus eu de "coin". Sans pour autant que l'esthétique de la bestiole ait été endommagée (un peu comme l'histoire des coups d'annuaires sur les gardés à vue, si vous voulez), de sorte que l'Héritier ne se doute de rien. 

Jusqu'à ce matin, où le loustic a commencé à jouer à faire brailler le cheval, le cochon, la vache... et que le canard, lui, n'a rien émis. L'Héritier m'a alors regardée d'un air interrogateur. Et là, une vague de honte m'a submergée. 

J'ai l'impression que le canard me regarde d'un oeil torve et qu'il prépare sa vengeance. 



lundi 2 juillet 2012

Anthropologie du RER appliquée à la femme enceinte.



Tu es enceinte, ça se voit, et ça commence à peser mine de rien. Pas de bol, tu dois te farcir ton heure de transports en commun quotidienne car il faut bien continuer à gagner ta croûte. Alors, quand les portes du wagon s'ouvrent, tu as le coeur battant : est-ce que quelqu'un va te laisser sa place - la place du coeur, selon le jargon merveilleux de la RATP ? 

Sache, déjà, femme enceinte, que tu es troisième dans l'ordre des priorités pour les places assises. Devant, il y a les mutilés de guerre (mais, en 2012, on peut dire que ça court de moins en moins les rues, je rappelle que le dernier poilu est quand même mort il y un bon bout de temps), et les aveugles et infirmes civils (mais ils ne prennent pas beaucoup le métro, pour des raisons évidentes). Donc logiquement, tout le monde devrait se lever d'un seul homme pour te laisser une place assise. 

Mais en fait, non. 

Il y a la femme entre deux âges, celle-là en général se lève spontanément et te laisse la place avec un sourire complice, elle est passée par là, elle sait qu'il vaut mieux être debout plutôt que de te laisser toi-même debout au risque de t'effondrer (et bloquer le wagon pour un temps indéterminé) ou de vomir tripes et boyaux. 

Il y a la matrone noire, en général grande et forte. Celle-là, elle se lève ou fait lever les gens, en gueulant si besoin QU'IL Y A UNE DAME QUI ATTEND UN BÉBÉ OULALA DIS-DONC VOUS POURRIEZ VOUS LEVER NON MAIS C'EST QUOI CETTE MENTALITÉ LÀ. Et comme elle prend l'air pas commode, les gens se lèvent sans la ramener. 

Il y a le jeune Noir un peu wesh-wesh, qui se lève avec un charmant "vazy madame vous allez pas rester debout ça s'fait trooooop pas... vazy toi lève-toi y'a une dame là qui veut s'assoir vazy hein". A priori, fils ou neveu de la matrone du dessus. 

Il y a la pétasse sur talons vertigineux (commerciale à la Défense). Qui te laissera debout car elle est trop occupée à refaire son vernis ou se repasser un coup de mascara. Elle t'a pourtant bien vue mais tu n'es probablement pas assez digne de sa considération (faut dire que les talons aiguilles, tu as abandonné assez vite) .

Il y a le mec en costume avec chaussures pointues (commercial à la Défense, peut s'accoupler avec la précédente). T'a bien vue, a même reluqué tes seins gonflés aux hormones de grossesse. Mais ensuite son regard est descendu sur ton ventre : il est alors devenu tout blanc et s'est mis en considérer son smartphone ou ses chaussures avec le plus grand intérêt. 
Si le mec en costume se lève, vérifie son annulaire gauche : en général, il a une alliance. Peut-être même que sa femme, en d'autres temps, s'est abondamment plainte de la goujaterie

Il y a aussi le vieux con (la cinquantaine approchante) qui fait remarquer, après s'être fait houspiller par la matrone et t'avoir laissé sa place, que "elles font chier les femmes enceintes, peuvent pas rester chez elles, et puis la grossesse c'est pas une maladie / c'est pas moi qui lui ai fait bordel" (classe, distinction, élégance).  Il conchie aussi les féministes qui veulent qu'on leur cède la place mais veulent aussi l'égalité des sexes alors il voit pas pourquoi il devrait céder sa place. 
Mais comme en plus d'être un con, c'est un lâche, il obéit au doigt et à l'oeil de la matrone.


L'un dans l'autre, habitant dans une banlieue où les matrones, les wesh-wesh et les familles sont légions, j'ai toujours pu m'asseoir dans le métro pendant ma grossesse, preuve que tout n'est pas foutu dans ce bas monde ma brave dame. 


Cette page d'anthropologie s'est fantastiquement bien vérifiée avec la poussette ou le bébé porté en écharpe. Si les jeunes wesh-wesh, les matrones et les touristes continuent de filer un coup de main et /ou de laisser leur place. les connards en costume à chaussures pointues et smartphone préfèrent te doubler en te bousculant dans un escalier plutôt que de t'aider. Et ils continuent de pester si tu ne cours pas assez vite dans les couloirs de Châtelet. 




mercredi 16 mai 2012

Agences de notations.

L'autre soir, je me suis trouvée par hasard à regarder la télé en attendant le retour de l'Epoux. Zappe que je te zappe, je finis par atterrir sur une des nombreuses émissions de Ruquier et de sa clique habituelle. Dans celle-ci, si j'ai bien compris, de "jeunes talents comiques" viennent faire des sketches sur des thèmes imposés et sont évalués par la fine fleur de la télévision française.
Au moment où je commence à regarder l'émission (car pour une raison oubliée, je n'ai pas pu changer de chaîne tout de suite), un malheureux jeune homme se fait allègrement dessouder par ladite fine fleur qui lui attribue des notes (sur vingt) pitoyables agrémentées de commentaires mesquins voire franchement abjects sur son manque de drôlerie et d'inventivité. Isabelle Mergault, modèle d'élégance et de distinction comme chacun sait, se montre tout particulièrement odieuse.

Ruquier annonce ensuite l'arrivée d'un autre jeune homme répondant au nom d'Arnaud Tsamère, apparemment déjà assez connu mais pas de moi. Il déploie moult énergie,  assez réjouissante assurément, pour animer un sketche pourtant pas très drôle ni très original (une parodie de pièce de boulevard comme cela a déjà été fait cent fois par les Inconnus et tant d'autre après eux). Mais à peine ouvre-t-il la bouche que la Mergault hurle des rires stridents qu'elle émettra pendant toute la durée du sketche, et finira par lui attribuer la note de 20/20 car "c'était génial". Va savoir pourquoi.


Quelques jours plus tard, j'allume de nouveau la télé - le temps d'allaiter mon fils, lire pendant ce temps étant tout à fait impossible ou alors fortement compliqué. Manque de bol, je me rends compte après avoir collé au sein le rejeton que la télécommande est sur la table basse, donc tout à fait hors de portée. Je suis donc condamnée à ne pas pouvoir changer de chaîne, éteindre la télé m'étant pareillement interdit. Je dois donc me coltiner le programme de tf1 à dix heures du matin, et cela vaut son pesant de cacahuètes car il s'agit d'un délicat produit de télé-réalité, "Quatre mariages pour une lune de miel". L'idée ? Quatre donzelles notent mutuellement leurs mariages (robe, lieu de réception, menu, ambiance) et la mieux classée gagne un voyage (avec son mari, quand même) dans les îles. 
Là encore, notes mesquines et commentaires aussi vulgaires qu'assassins sont de rigueur. 


Si j'en crois de plus calés que moi, l'émission "à notes" est une constante de la télé, public et invités des plateaux s'en donnant à coeur joie pour produire des appréciations blessantes et mesquines. Ce qui est étonnant, c'est que si mes collègues professeurs et moi-même nous nous permettions le quart du dixième des commentaires de l'acabit susmentionné, on aurait en moins de cinq minutes les parents, la DDASS, les flics, les assistantes sociales le rectorat sur le dos. On pointerait du doigt nos méthodes archaïques fondées sur les brimades à répétitions. On montrerait au journal télévisé des élèves traumatisés, voués à l'échec éternel.
Et je n'ai pas besoin de rappeler dans les détails comment les associations de parents d'élèves s'activent pour la suppression des notes à l'école parce que c'est traumatisant, ça incite à la compétition, c'est vilain, caca, bouh, affreux affreux affreux.

Alors, quid ? Il me semble pourtant que prendre une sale note à une copie X rédigée à un instant T avec un commentaire un peu sec qui ressemblera au pire à quelque chose du style "la leçon n'est pas apprise" est nettement moins dur à avaler sur le plan personnel, que de consentir à se faire atomiser en public sur son mariage ou sa prestation artistique.

Ce monde de fous n'a pas fini de me surprendre.




mardi 6 mars 2012

Les 11 (la suite).

Alors, maintenant, il faut répondre aux questions posées :


1) Couche tard ou couche tôt?

Couche-tard et vraiment, vraiment pas du matin (commencer à 9h relève pour moi de la torture).


2) Quel est ton film favori?

Les trois mousquetaires de Richard Lester. Pour Oliver Reed, Richard Chamberlain et Simon Ward (cris hystériques). Pour les duels à l'épée (tchaf ! tchaf !), les costumes remarquables, les vues de Tolède (où le film a été en grande partie tourné... la première fois, ça fait drôle de se rendre compte que ce qui est censé être Notre-Dame de Paris est en fait la cathédrale de Tolède, mais bon pourquoi pas) et les répliques cultes qu'avec l'Epoux nous ressortons régulièrement en private joke. Parce que c'est un film pour les petits enfants et aussi pour les grands.


3) Un grand classique de la littérature que tu n'as jamais réussi à finir?

A la recherche du temps perdu. Proust me tombe des mains, c'est plus fort que moi. J'ai essayé un peu tous les volumes, rien à faire.


4) VO ou VF?

J'aime bien la VO en général. MAIS pour les films que j'ai vus petite (comme les Mousquetaires sus-nommés) en VF, je ne supporte pas la VO.
L'Epoux préfére la VF car il entend parler anglais toute la journée au boulot et ça le gonfle de lire les sous-titres qui bouffent la moitié de l'écran (moi aussi d'ailleurs : on n'est pas assez bons pour comprendre sans). Et puis je connaissais un type qui travaille dans le doublage et je trouve son boulot super intéressant et bien plus complexe que ce que je croyais, alors par sympathie pour les doubleurs, je choisis la VF.


5) Peignoir ou serviette?

Serviette. Sauf en période de matinée grosse loose où je m'octroie le plaisir de m'emmitoufler dans un peignoir dans lequel l'Epoux qui n'est pas un petit gabarit rentrerait lui-même quatre fois.


6) Ta citation favorite (ou ta devise, si tu en as une)?

"Quand le roi dit battez-vous, on se bat. Alors allons nous faire tuer où l'on nous dit d'aller, la vie vaut-elle de faire tant de questions ?" (Les trois Mousquetaires).


7) Chat ou chien?

J'aime bien les deux mais je suis allergique, terriblement allergique aux poils de chat. Et puis les chiens, c'est quand même plus rigolo. Mes préférés sont les chiens de chasse comme les setters irlandais et autres épagneuls qu'avait mon grand-père, les chiens de bergers des montagnes qui ne ressemblent à rien mais sont super intelligents, et les gros chiens à poils et à graisse dans le cou, style bouvier bernois ou leonberger.
Manque de pot, j'habite dans un quatre pièces. Alors pour le leonberger, on repassera.


8) Qu'est-ce que tu voulais faire quand tu était petit(e)?

Cantatrice (soprano) ou monitrice d'équitation. Raté dans les deux cas.


9) Décris-toi en trois mots.

Femme, épouse, mère. ça va ? :)


10) Ta saison préférée?

J'aurais bien dit l'été mais de toute façon, à Paris, il est toujours minable, alors on va dire le printemps, quand les jours commencent à s'allonger, qu'on se réveille à 7h30 et qu'il fait déjà jour, et qu'on rentre le soir alors que la nuit n'est pas encore tombée.
J'aime bien toutes les saisons mais je n'aime pas le vent, ça me rend ultra-nerveuse. C'est lié à un sombre traumatisme d'enfance, au jour où pendant une tempête j'ai vu le toit d'une maison en face de chez nous s'envoler. Depuis, quand il y a des rafales de vent, je me planque.


11) Quelle est la symbolique du chiffre 11?

Je ne sais pas mais à chaque fois que je vois 11h11 affiché à mon radio-réveil, je pense au sketche de Desproges sur le maniaque, où il raconte qu'il atteint l'orgasme à 11h11 précises, et que ça peut durer jusqu'à 12.
J'ai pas toujours des références exquises, désolée. :)

vendredi 24 février 2012

Les 11.

Je n'avais guère d'inspiration depuis deux semaines, de l'affaire je ne disais rien. En plus j'avais découvert de nouveaux blogs de cuisine. Et puis ce matin je me suis rendu compte que j'avais été taguée par Melalala du Blog épisodique alors c'est chouette, je vais pouvoir avoir trois billets au sujet tout trouvé.

C'est parti pour l'épisode 1 : les Règles du jeu.


- Poster les règles sur votre blog.
- Révéler 11 choses à propos de vous-même.
- Répondre aux 11 questions posées par la personne qui vous a taguée.
- Créer 11 nouvelles questions pour les personnes que vous taguerez et pour celle qui vous a taguée !
- Taguer 11 blogueurs et mettre le lien de leur blog sur votre post.
- Prévenir les personnes taguées.


11 choses à propos de moi-même, voyons, voyons...


1. Je suis incapable de suivre une recette de cuisine à la lettre. D'abord parce qu'il me manque toujours un ingrédient. Et surtout, je suis une adepte du "boooarf, ça passera bien comme ça".

2. Je déteste sortir de la douche et ne pas me laver les dents juste en sortant. Raison pour laquelle je déteste prendre ma douche le matin sans avoir pris mon petit déjeuner au préalable. Et je déteste sortir le matin sans avoir pris mon petit-déjeuner. D'où profond désarroi quand il faut faire une prise de sang à jeun.

3. J'ai lu les Confessions de Jean-Jacques Rousseau et la Nouvelle Héloïse à treize ans et j'ai kiffé grave. J'ai essayé de les relire récemment et ça m'est un peu tombé des mains. On a des goûts bizarres quand on est ado, tout de même.

4. Je déteste mon prénom qui est tout sauf original pour les filles de mon âge (on a toujours été au moins trois dans ma classe à porter le même) et que je trouve horrible à prononcer. L'Epoux ne m'appelle que très rarement par mon prénom et quand il le fait c'est comme la maîtresse du petit Nicolas quand elle vouvoie les élèves, c'est que j'ai fait un truc pas comme il faut. Ou alors qu'on est en société.
F... la société.

5. J'ai eu les oreilles percées à six ans, pour mon anniversaire. Huit ans plus tard j'ai obtenu le droit de me faire percer un second trou à chaque oreille après avoir harcelé ma mère qui ne voulait pas de "piercing". Aujourd'hui, et depuis plusieurs années, je ne mets plus de boucles d'oreilles dans ce second trou qui persiste à ne pas se reboucher. C'est un peu ballot.

6. Je déteste les petits bouts de papier qui traînent - tickets de caisse froissés par exemple, étiquettes décollées non jetées, etc.

7. Je me tortille en permanence une mèche de cheveux. J'ai commencé en prépa et j'essaie de m'arrêter. Jamais réussi jusqu'à présent. Pour éviter au maximum, je m'attache les cheveux. De toute façon je n'ai pas la crinière de feu dont je rêve, alors...

8. Dans ma bibliothèque il y a trois livres que je relis tous les ans : Le siècle des Lumières d'Alejo Carpentier, Les Cavaliers de Joseph Kessel et Comment voyager avec un saumon d'Umberto Eco. Je pourrais les relire plus souvent mais je limite à une fois par an pour avoir un peu le temps d'oublier et de les redécouvrir avec plaisir.

9. L'un de mes grands titres de gloire universitaire est d'avoir épaté un professeur d'histoire de l'art contemporain en reconnaissant le sujet d'un tableau pompier du XIXe siècle, les Sept contre Thèbes. Depuis ce jour, il m'a eue à la bonne alors que je faisais office de touriste sympathique dans son cours où je venais en "non noté".

10. Mon plus grand regret est d'être vraiment, vraiment mauvaise en langues vivantes. Je suis incapable d'avoir un accent correct. Je me débrouille à l'écrit sous la torture en anglais et en italien mais pas plus. Ma première langue autre que le français, c'est le latin. C'est dire si j'ai vécu dans une grotte.

11. Le lundi matin, je fais le repassage de la semaine en écoutant le podcast du Masque et la Plume. Ensuite je m'octroie le luxe de prendre un bain en faisant les mots croisés du Télérama. J'ai enfin réussi à terminer une grille le mois dernier. Fierté incommensurable.



(la suite demain)

lundi 9 janvier 2012

Le monopole du coeur.

Il y a quelques temps, je discutais avec des amis de la nomination d'un nouveau directeur à la tête d'une grande école française. Blablabla, quelques considérations ne faisant pas forcément avancer le schmilblick. Jusqu'au moment où l'une des personnes présentes se met à expliquer que la nomination de ce nouveau directeur est une très mauvaise chose pour l'établissement dans les années à venir, car vous comprenez, le personnage est assez marqué à droite.

Je m'étonne de son argument car le personnage reste, nous semblait-il, surtout un très grand scientifique, et d'autre part, un homme ayant de grands projets avec les épaules pour les réaliser (du moins est-on en droit de l'espérer), et que si son "marquage à droite" n'est pas un secret, il n'est pas non plus un étendard.

Il nous est alors répondu que non mais avec les élections en 2012, vous comprenez...

Je finis par comprendre, à force de lui demander de préciser son point de vue, que notre interlocuteur (qui du reste ne fait pas mystère de ses sympathies socialistes) est intimement persuadé que c'est la gauche qui va l'emporter aux prochaines élections présidentielles. Que cela ne se discute pas. Que remettre en cause cela, c'est comme discuter de l'existence de Dieu avec un curé ligueur en 1585 - un débat qui vous emmène droit au bûcher.

Je passe sur le sentiment que j'ai eu d'entendre, dans son discours, quelques relents de projets d'épuration politique universitaire pour "quand on serait au pouvoir". Ambiance.



Depuis quelques temps, je suis assez sidérée par l'aplomb de certains militants de gauche, du genre de ceux qui hantent les facultés parisiennes. Nous allons gagner en 2012, c'est ainsi. Les riches sont méchants. La droite c'est méchant. Sarkozy c'est le grand Satan. En revanche, vous pouvez voir à la télé Vincent Lindon expliquer benoîtement devant un François Hollande et un journaliste tout aussi benoîts que "les abus de pouvoir, je suis pour, quand c'est pour faire le bien". Tu mets en doute leurs propositions ? Tu es un salopard qui mange les enfants.

Entendons-nous bien, je ne sais même pas pour qui je voterai dans l'année à venir, même pas si je voterai... Mais cet étalage de certitude d'être forcément le bien, le progrès, la lumière du peuple envers et contre tout, ne m'est pas sympathique. Vraiment pas.






mardi 22 novembre 2011

En cuisine - le jeu des trucs et des machins (4e épisode)

Voilà un truc que... bah je sais pas ce que c'est. Alors c'est à votre bon coeur pour me donner son utilité, parce que sinon, il va rester inutile au fond de mon tiroir à couverts pour la fin des temps.







jeudi 25 août 2011

(non-billet)




Ah, si la politique m'intéressait, si je lisais avec soin le Courrier international et le Monde diplo... ce serait chouette, parce que j'aurais pu faire un billet sur la Libye et la déconfiture de Khadafi. Malheureusement, ce ne sera pas le cas.

Et c'est fort dommage, parce que j'avais trouvé un magnifique titre.


"Tripoli pour être honnête".



Mais comme je n'ai rien à mettre sous cet intitulé, je me contente de vous livrer ce jeu de mot pourri de mon cru personnel, dont je suis extrêmement fière vu que je me fais moi-même rigoler avec.

Vous en ferez ce que vous voudrez.




lundi 18 juillet 2011

Les brèves du lundi.



1. Sur un certain site de réseau social qui commence par un F, j'ai droit tous les jours à l'aimable spectacle de la cucuterie généralisée des jeunes femmes de mon entourage familial. Ainsi il n'est plus possible de dire un "bonjour et bon anniversaire", non, il faut absolument entourer le moindre de ses mots d'un horripilant "hihihiiii". Telle jeune femme enceinte (trente ans, quand même, pas seize) ne va pas être mère, non. Mais "son bidou grossit hihi", elle n'a pas vu son enfant à l'échographie mais "son pti bou'chou est troooop mignon lol hihi". Pitié. Au secours.


2. Après avoir achevé la trilogie "Lloyd Hopkins" d'Ellroy dont tous mes petits camarades m'avaient dit du bien, je reste avec un arrière goût de déception au fond de la gorge. Un peu comme pour les films de Tarantino : quand on en ressort, on se demande toujours "mais au fond, il veut quoi, ce type ?". Parce qu'au bout d'un moment, l'argument du "je montre la violence extrême, je m'amuse avec, mais c'est pour dénoncer, c'est du second degré hein", ça ne tient plus. On se demande si ce n'est pas tout bêtement de la fascination malsaine pour le trash, le bien glauque, la perversité.



3. À part ça, No country for old men de Cormac McCarthy, ça m'est tombé des mains. Littéralement. Je ne comprend pas comment on a pu autant s'enthousiasmer sur un pareil pensum, mal écrit, mal raconté - je n'ai pas vu le film mais ça ne donne pas spécifiquement envie, comme ça.


4. Mon héros de la semaine dernière. Au monop' de la rue des Haudriettes, dans la queue à la caisse, un gosse d'environ six ans hurle et joue à pousser la vieille dame devant lui et sa mère qui ne réagit pas. Au bout d'un moment, le monsieur quarantenaire bien mis, devant moi et qui est juste derrière l'affreux mioche et sa mère, émet l'idée qu'il faudrait peut-être foutre la paix à la mamie. La mère : "oh, mais c'est un enfant, on voit BIEN que vous n'en avez pas, laissez-le vivre". Le monsieur bien mis prend un ton compassé et rétorque à la mégère : "et si je vous mets une tarte dans la gueule, vous me laissez vivre ?".


5. Mon héroïne de la semaine : la fille qui a déclaré à sa copine, dans le RER A : "Tu sais, film de dinosaures pour films de dinosaures, je crois que j'ai quand même préféré Jurassic Park à The Tree of Life". Je ne m'en suis pas remise (sérieux, il est IN-regardable, ce film, on dirait une mauvaise dissertation d'adolescent, où chaque idée est soulignée par un exemple illustratif de la délicatesse d'un char leclerc (non, z'êtes fou, je l'ai pas vu au cinéma, mais par des moyens inavouables sur internet (mais gratuitement quand même))).



6. La semaine dernière a été parsemée de lectures diverses qui conchiaient toutes, sous des prétextes divers, le 14 juillet. Entre les royalistes attardés et les crypto-antimilitaristes (oui oui, je vise Eva Joly), j'ai eu envie de sortir un nombre incalculable de fois la boîte à gifles.

J'ai en effet une sainte horreur des gens qui ne se demandent jamais pourquoi. Ainsi, par exemple, je conçois bien que le Front national hérisse le poil. En revanche, je n'accepte pas que l'on se contente de traiter de noms d'oiseaux les prolos qui votent Marine and co. C'est bien de se donner bonne conscience en glapissant "mais quelle horreur, ces gens-là sont RACISTES et FASCISTES". Ce serait mieux de se demander POURQUOI ces gens-là en arrivent là.

De même, amis royalistes anti-révolutionnaire (position honorable en soi, mais pas très risquée de nos jours en FRance), ça ne vous est jamais venu à l'idée que si les gens ont fait une révolution en 1789, c'était parce qu'ils avaient des RAISONS de se révolter ? Peu de gens se révoltent comme ça, juste pour la déconne, parce que c'est marrant de faire des émeutes (ou alors, ce sont des lycéens parisiens désireux d'aller se promener au joli mois de mai au lieu de suivre leurs cours).

De même, Madame Joly, demandez-vous POURQUOI les Etats ont des armées en ce bas monde, demandez-vous s'il n'y a pas des raisons tout à fait valables pour maintenir une présence militaire occidentale dans les endroits du mondes où les agités du bocal font rage.

Ou alors fermez tous vos gueules. Merci bien.




mardi 21 juin 2011

La fête de la zizique.

J'ai eu l'honneur et le privilège d'avoir eu une éducation fort soignée. Entre autres choses, mes parents, convaincus que la musique adoucit les moeurs et permet aux demoiselles de trouver un bon mari, nous ont collés, mes soeurs et moi-même, devant un instrument de musique. Grande Soeur et ma pomme avons eu droit au piano (il n'y avait que ça dans mon village à l'époque) et Petite Soeur a passé les jeunes années de sa vie à nous pourrir l'existence une demi-heure tous les soirs avec un violon - elle se débrouille ma foi fort bien aujourd'hui, mais tous ceux qui ont eu la bonne idée de faire apprendre le violon à leur mioche savent bien que c'est une immense souffrance. On sait tous que ce n'est pas le chemin qui est difficile, mais que c'est le difficile qui est le chemin, n'empêche que l'apprentissage du violon est quelque chose de redoutable.


L'école de musique du village organisait chaque année une audition pour la fête de la musique, le 21 juin. L'audition, ça consistait à demander aux parents de mettre une chemise et de la brillantine dans les cheveux des petits garçons, et une robe à smocks pour les petites filles, et d'aller dans la salle polyvalente Georges Duby (la célébrité absolue pour les petits provençaux des années 80-90, avec Frédéric Mistral), monter sur scène et interpréter un morceau de musique préparé avec acharnement au long du mois précédent sous la tendre férule du professeur (un beau gosse brun aux yeux vers, mais j'avais pas l'âge, alors n'allez pas croire des trucs (notez que le prof de piano a un petit frère beau gosse brun aux yeux bleus... qui enseigne maintenant le violon a ma Petite Soeur susnommée (le monde est petit et l'école de musique du village s'est agrandie, maintenant on peut faire de la batterie et de la guitare)))). Cela permettait d'épater Papi-Mamie venus de la campagne pour l'occasion.

Et après, on avait droit à du jus d'orange et parfois même du coca dans des verres en plastique, et des chips dans un saladier. Même si nos parents, ces tortionnaires fascistes, nous empêchaient de nous goinfrer (parce que sinon après tu ne mangeras plus rien à table), c'était quand même rien chouette, l'audition. Pendant qu'on subtilisait des poignées de chips pour les manger derrière le rideau de la scène, le prof de musique s'entretenait avec les parents désireux de savoir si la progéniture avait fait des progrès pendant l'année.


Et puis un jour, je suis arrivée à Paris. Où j'ai découvert qu'en fait, la fête de la musique chez les gens bien de la capitale, ça consiste à foutre de la soupe à fond les gamelles dans les rues à partir de 16h, heure à laquelle les canettes de bière commencent également à joncher le sol parisien. Le soir, on assiste à des compétitions de rare qualité, où l'on peut voir des groupes de jeunes aux cheveux gras s'exercer à vomir le plus possible sur les trottoirs. Enfin, on a le plaisir de noter que plus le cheveu du musicien est gras, plus le public semble l'apprécier. Pour peu que son T-shirt comporte des têtes de mort, c'est du délire !

Les gens vomissent de partout, même les filles ne se gênent pas pour uriner en pleine rue, que du bonheur. Paris est une fête.



Je hais la fête de la musique. De tout mon coeur. Et, même si Dieu sait que pour rien au monde je ne voudrais revivre mes dix-huit premières années, j'en viens à regretter mes robes à smocks.




samedi 18 juin 2011

En cuisine - le jeu des trucs et des machins (2e épisode)





Le machin de l'autre fois, Bob nous avait épaté en l'identifiant, pour notre plus grande joie et édification. C'était bien (photo à l'appui) un écailleur à poisson.
Vous m'avez tous bien fait rire avec vos suppositions. Ma voisine avait également proposé un épépineur de concombres, on avait essayé de le mettre en pratique, mais ça n'a pas marché des masses.

Remarquez, ça ne me dit pas franchement ce que je vais bien pouvoir en faire, dans la mesure où je n'ai jamais acheté de poisson portant encore ses écailles - ça me débecte, en fait, le poisson mort avec ses yeux blanchâtres, j'ai toujours l'impression qu'il me regarde de travers (j'ai jamais dit que j'étais toujours rationnelle, hein).


Le nouveau machin que je vous propose et dont je connais, cette fois-ci, l'utilité (encore que je n'aurais pas deviné toute seule, mais apparemment, l'Epoux s'en est moult fois servi dans son enfance lorsqu'il était à table), est rigolo comme tout.
Voici la bête :







jeudi 26 mai 2011

En cuisine - Le jeu des trucs et des machins.






Ce soir, j'ai achevé de récupérer d'une cave tout un tas de plats, de casseroles, de ramequins, de tasses aux couleurs chatoyantes, de passoires en plastique orange et de couteaux qui coupent.

Comme on était pressés de vider la cave en question, on a embarqué un peu tout ce qui nous tombait sous la main. C'est comme ça que je me suis retrouvée également l'heureuse propriétaire de trucs et de machins dont je n'ai pas la moindre idée de ce à quoi ils peuvent servir.

Alors je me suis dit que pour relancer ce blog un peu moribond, j'allais organiser un petit jeu, en vous proposant des photos des trucs et des machins en question. Comme ça, on va tous chercher ensemble à quoi ça sert, et je compte sur vous pour proposer des idées.

Vous pouvez donner des idées utiles histoire de contribuer à l'acquisition de mon savoir, ou alors complètement délirantes histoire qu'on se marre un peu, comme ça vous amuse.
(Mais pas des trucs cochons, parce que ça, c'est marrant une fois et puis après ça lasse un peu, alors on va les exclure d'office).

Y'en a des que je vous proposerai aussi, et dont je saurai l'usage (encore que pour pas mal, j'aurais pas deviné toute seule), mais qui sont rigolos quand même.

Le premier, en revanche, j'ai pas la moindre idée de ce que c'est.

À vous la parole !





mercredi 2 février 2011

Les brèves du lundi, on y croit !


1. Des nouvelles du céleri-rave : a été débité en petits bouts, cuit à la vapeur avec carottes et oignons (piqué de clous de girofles (ça, j'aurais pas dû, car l'Époux n'aime pas les clous de girofle (il dit que ça lui rappelle le dentiste (admettons)))). Puis le tout mixé avec de la crème, disposé sur des morceaux de poisson dans des cassolettes, recouvert de chapelure et de fromage râpé et passé ainsi au four.
Bah, c'était bien bon, alors merci de vos idées.
(la semaine prochaine, on recommence avec un brocolis, si vous le voulez bien).


2. Voilà qui va faire plaisir aux amis anglicistes qui passent par là : ça y est, je me suis mise à regarder des films en VO avec sous-titrage en anglais... pour la simple et bonne raison que les DVD de Jeeves et Wooster n'existent pas en version française. Et ô surprise ô allégresse, je comprends à peu près. Heureusement que j'ai quand même déjà lu les bouquins, sinon, j'aurais jamais compris l'histoire de Gussie Fink-Nottle, dont le passe-temps est l'étude du comportement des tritons.
Au moins, j'aurais appris un mot : triton se dit "newt" en anglais.


3. L'Époux m'a dit récemment qu'il trouvait Elvis Presley moche - j'étais en train de lui expliquer qu'Elvis, c'est (c'était, plutôt) quand même la sexytude incarnée. L'Epoux n'a aucun goût en matière de beauté masculine. Tss.


4. Un lien rigolo pour ceux qui "en" sont : le Dictionnaire du diable des bibliothèques. Excellent.


5. Autant la plupart du temps, les "piégeages" et autres caméras cachées me font moyennement marrer, autant j'aime beaucoup la gentille folie de celui-ci (organisé par le joyeux Montpelliérain, Rémi Gaillard).






Et sur ce, bonne semaine !

En cuisine.

Depuis que j'ai une vraie grande cuisine avec des tas de placards et un cellier (le tout faisant huit mètres carrés (mais pour un Parisien, passer de rien à huit mètres carrés, c'est la révolution (oui la révolution, rien que ça))), j'ai fait l'acquisition de tas de machins de cuisine.

D'abord, j'ai récupéré une cocotte-minute et une cocotte en fonte. Vous allez rire, mais j'en rêvais depuis longtemps (je suis une fille simple), et je n'avais bien évidemment pas les moyens de raquer deux cent quatre vingt euros pour une cocotte en fonte.
Ensuite, j'ai récupéré des couteaux qui coupent.
Ensuite, j'ai récupéré des casseroles avec la poignée qui se clipse et qui se déclipse. Ce qui n'a l'air de rien dit comme ça, mais en fait, c'est la révolution (bis), parce qu'on peut en empiler des tas sans que les poignées viennent compliquer la chose.
Enfin, j'ai récupéré des casseroles en vrai téflon (pas du chinois qui se barre dès que vous essayez de faire cuire une omelette).

Cerise sur le gâteau, à Noël, mes parents m'ont offert un magnifique robot ménager qui fait tout, même pétrir la pâte, qu'au début on n'y croit pas et puis tout d'un coup, sgrouitch, ça fait une boule de pâte, souple, parfaite, au fond du bol du mixeur - si c'est pas génial, qu'est-ce qu'il vous faut. C'est un nouveau mode de cuisine cosmique vers un nouvel âge réminiscent, en quelque sorte.

Avec tout ça, c'est formidable, maintenant, je me déchaîne dans ma cuisine. Avec une boîte de maquereaux, de la crème de soja et trois carottes, je peux faire des trucs dignes de Gordon Ramsay - ou presque.


L'étape d'après, c'est l'achat des trucs et des machins à cuisiner. Ma bonne conscience écolo me pousse donc à me fournir en fruits et légumes de saison - ça, c'est aussi pour la bonne conscience du portefeuille, puisque lesdits fruits et légumes de saison sont censés être moins chers. Du moins c'est ce qui est dit chez Auchan.

Bref, c'est ainsi qu'avec enthousiasme j'ai fait l'acquisition ce jourd'hui d'un céleri-rave. Parce qu'en général, les fruits et légumes de saison sont souvent assez moches, ont des noms qui fleurent bon la Troisième République (ronds-de-cuir, cassoulet et thème latin, quoi), et on n'en voit pas souvent sur les marchés.
C'est ainsi que le livreur m'a apporté mon céleri-rave. Qui, vérification faite dans mon livre-référence, est bien un légume de saison, mais pas de la présente, puisqu'il se ramasse plutôt en août-septembre.

C'est un peu con pour l'écologie, en fait.

C'est surtout un peu con sur moi qui n'ai même pas un début d'idée sur ce que je vais bien pouvoir foutre de mon céleri-rave, lequel attend sagement d'être lavé dans une passoire en plastique orange.


Bref, si vous avez un peu de compassion pour les céleris-raves, et des idées pour que je lui fasse un sort digne de lui, merci de les poster ci-dessous.



(une autre fois, je ferai un post très intéressant et très engagé).








mercredi 5 janvier 2011

Les brèves du nouvel an.

1. Je vous souhaite bien évidemment une très heureuse et sainte année. Qu'elle vous apporte tout ce que vous souhaitez, à vous et aux vôtres.


2. Il y a des crétins inoffensifs, et des crétins malfaisants, comme ceux qui vous expliquent que pour être vraiment écolos, il faut arrêter de faire des gosses, et on va tous mourir pour sauver des drosophiles et autres gentils nanimaux. Floréale leur répond magistralement.


3. J'ai enfin lu Geisha, d'Arthur Golden - le bouquin qui a inspiré le très beau film Mémoires d'une Geisha. C'est comme le film mais sans les images - et faut pas compter sur le sens poétique du bonhomme pour les images. Bref, beaucoup moins intéressant. Ce qui est drôle, c'est l'ego surdimentionné du bonhomme qui suinte à chaque page - il paraît qu'il se qualifie lui-même "l'un des auteurs les plus talentueux de sa génération" - et sa tendance à faire cours d'histoire sociale du Japon des années 1930 au lieu de nous raconter une histoire. Mais bon, ça se lit vite et on comprend tout.


4. Je me suis tordue de rire toutes les vacances à lire le pavé "Jeeves" de P.G. Wodehouse publié chez Omnibus. Je suis complètement dingue de Bertie Wooster, cet attachant glandouilleur qui attire les situations les plus farfelues, et les décrit avec une délicieuse désinvolture.


5. À mon grand désespoir, mes parents continuent de regarder avec application la série "Un village français".


6. Si vous voulez rigoler (ou pleurer), allez donc voir les "prénoms tendance de 2011". Ce qui m'intrigue le plus, c'est cette tendance à vouloir donner des noms de chien à des gosses. Honnêtement, qui, à part un sadique, oserait appeler sciemment et sans rire sa fille "Louka" ou son fils "Kenzo" ?


7. Et sur ce, bonne semaine à tous !

jeudi 18 novembre 2010

Rire de tout.


Et un marronnier, un !
Parmi les phrases que je déteste le plus au monde, il y a celle-ci : "on peut rire de tout mais pas avec n'importe qui". Parce qu'elle s'accompagne de l'air méprisant de celui qui la prononce, destiné à vous faire comprendre que si telle ou telle blague ne vous fait pas rire, c'est que vous n'êtes qu'un crétin et que - insulte absolue de nos jours - vous n'avez pas d'humour.

Et comme personne ne veut passer pour le rabat-joie de service, on se force à s'arracher un rire d'une blague qui ne nous amuse pas, parce qu'elle n'est pas drôle, parce que ça fait soixante quatorze fois qu'on vous la fait, parce que ça touche une corde sensible.

Il y a encore quelques temps, je n'aimais pas jouer les pisse-vinaigre, aussi je m'efforçais d'émettre au moins un ricanement, de répondre spirituellement, comme si je n'étais pas atteinte par la pique - ou comme si à l'inverse il y avait de quoi se poiler.
Et puis un jour je suis tombée sur un billet tout bête d'un site où l'on peut trouver des jolies perles de réflexion. Pour ceux qui ont la flemme d'aller voir le lien, c'est un Arabe qui n'en peut plus d'avoir droit à des blagues sur le mode "tiens voilà le livreur de pizzas" quand tu sonnes à la porte d'un ami qui organise une soirée.

Passé un certain âge, on se fatigue des attaques - qui ne se veulent pas toujours méchantes, mais qui exaspèrent à force de répétition. Dans mon cas, par exemple, je citerai les blagues sur les curés pédophiles, les scouts pédophiles et fachos, les blagues misogynes/machistes, les piques sur les "intellos", les plaisanteries à deux roubles sur l'accent ou la fainéantise supposée des Provençaux et des profs (alors, des profs provençaux, je n'en parle même pas).

On m'a ainsi souvent demandé pourquoi malgré mes capacités je m'obstinais à bosser dans l'enseignement public "alors que mes qualités seraient tellement mieux reconnues dans le privé". Sauf qu'à voir comment même passée la trentaine, le commercial s'en donne à coeur joie sur l'intello (comprenez, celui qui sait lire) de la boîte, désolée mais je préfère rester parmi mes semblables.

Et moi, je suis fatiguée de devoir faire bonne figure et d'avoir de l'humour vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Tu n'es pas drôle, toi, quand, lorsque je te réponds un peu sèchement, ton premier mouvement est de ricaner "t'as tes règles ou quoi ?". Tu n'es pas drôle quand tu ressors la blagues des jambes des femmes qui ne servent qu'à aller plus vite du lit à la cuisine. Tu n'es pas drôle quand tu contrefais l'accent provençal que tu crois être un accent arabe mâtiné de vulgarité. Tu n'es pas drôle quand tu ressors la blague du curé pédophile que tout le monde connaît. Tu n'es pas drôle quand tu me demandes si je suis en vacances ou en grève. Tu n'es pas drôle quand tu te fous de la gueule de quelqu'un qui aime lire/visiter des expositions/voir un film dont la bande son est autre chose que pif ! pif ! boum ! boum ! racatacatac !, et que tu estimes que cela te confère une supériorité sur l'intello à lunettes.

Comme je deviens une vieille conne (c'est que je suis plus proche de trente que de vingt ans maintenant), j'ai pris l'habitude de ne plus avoir peur de plomber l'ambiance d'une soirée ou d'un dîner. Je ne veux plus faire croire que j'ai de l'humour à toute épreuve. Je m'en balance d'avoir l'air drôle. Et je ne veux plus avoir l'air de ne pas être atteinte par les mauvaises plaisanteries. Oui, il y a des choses qui m'atteignent, qui me blessent cruellement. Et je me réserve le droit d'avoir l'air susceptible, et de t'envoyer paître, toi qui veut faire rire à mes dépends, toi qui croit que la provocation est le seul mode de communication.

La phrase de Desproges, quand tu la laisses tomber d'un air condescendant parce que je ne me suis pas esclaffée sur ta sortie délicate, ne sert qu'à te rendre encore plus crétin. Rire de tout mais pas avec n'importe qui ne signifie pas que le monde se partagerait en deux, les surhommes pleins d'humour qui auraient le don de pouvoir tout brocarder sans distinction et de l'autre côté les pisse-vinaigres trop cons pour rire, mais bien au contraire qu'il faut manipuler l'humour avec une extrême précaution pour ne pas le transformer en méchanceté et en humiliation gratuite.

Mais du haut de ta superbe d'homme drôle autoproclamé, tu ne comprendras probablement pas.




mercredi 17 novembre 2010

Les objets d'Artémise, 2. La pelisse.


Nous étions jeunes, nous étions fou, nous étions jeunes mariés. L'Époux m'a fait en ce temps le somptueux cadeaux d'un manteau hors de prix, en fourrure noire, à boutons dorés - vous savez, le genre de manteau que porte l'espionne russe dans les James Bond (mais la méchante, hein, pas la gentille), ou la collabo dans les films sur l'amitié franco-allemande de 1939 à 1945.

À priori, point de bébé phoque n'a été massacré pour la confection de ma pelisse. D'abord parce que les bébés phoques, c'est blanc, et que mon manteau est noir. Et qu'à priori, c'est pas de la vraie fourrure - je ne suis tout de même pas du genre à vouloir mettre l'Époux sur la paille, non plus.
N'empêche, vraie ou fausse peau d'animal, il est chaud comme tout, doux, superbement taillé dans le style années 1940 (comme dans les films susnommés). Le manteau parfait - c'est bien simple, je n'en avais jamais trouvé d'aussi parfait.

Autant dire que j'aime voir l'automne pointer son nez, ça me donne l'occasion de le ressortir.

Il est d'autant plus jouissif de s'y glisser dedans que Paris est peuplé de donneurs de leçons de tout poil (ah aaaah) qui froncent leur nez aussitôt qu'ils me voient débarquer dans le métro emmitouflée dans ma pelisse. Car entendez bien, la fourrure, faut pas, c'est vilain, ça tue les bébés phoques. Il est désopilant de les entendre vouloir pratiquer la correction fraternelle en marmonnant des poncifs sur les gentils n'animaux cromeugnons que les salopes de mon genre exterminent pour le seul besoin du culte de l'apparence.
Certains poussent leur petit courage de Saint Just en herbe, jusqu'à vous demander si vous vous rendez bien compte du mal que vous faites à la planète (ajouter des trémolos dans la voix).

En général je réponds que non, j'aime pas les bêtes. Et ça leur coupe le sifflet. Mais pas toujours. Les plus excités se lancent dans une tirade sur la protection des animaux, le foie gras, les tests pharmaceutiques, avec force insulte à l'encontre des gros vilains comme moi.

Comme quoi, simplement en portant ma pelisse, j'arrive à choquer le bon peuple à peu de frais. Kate Moss et Michel Onfray n'ont qu'à bien se tenir.

Tremblez.







jeudi 21 octobre 2010

Quelques notes décousues sur les femmes.

Bon voilà, tout est dans le titre. C'est décousu parce que j'écris entre deux cours et que mes idées sont encore assez peu claires sur la question mais... j'ai bien envie de me lancer.



Pour bien donner une idée de ma position sur la question, une petite histoire.

Il se trouve que, dans le mouvement scout où j'ai traîné longtemps mes guêtres, il y a ce que l'on appelle les Guides Aînées, le pendant féminin des Routiers. En gros, c'est ce qu'on fait après avoir été guide (ou scout) et avant de devenir cheftaine (ou chef). J'ai été, pour ma part, dans un groupe, où, grosso modo, on vous expliquait que votre rôle à venir, c'est bonne soeur ou mère de famille. Ou, éventuellement, laïque consacrée. Point final.

Tout cela s'accompagnait d'un enseignement assez éléphantesque (dans sa subtilité autant que dans sa quantité) sur l'éducation à l'affectivité - id est, en quatre mots : pas avant le mariage. À une époque où je m'apprêtais à entamer des études longues en commençant par une prépa, j'aurais préféré peut-être entendre des choses sur le savoir et son rôle dans la foi, sur le rôle des études et de la connaissance dans la vie d'une femme, mais bon, il ne faut pas trop en demander.

Malgré tout, l'année que j'ai passée aux Guides Aînées fut plutôt agréable et se termina ma foi fort bien par un pélerinage entre Pérouse et Assise, qui reste un des événements marquants de ma fin d'adolescence.

La fin de l'année fut marquée par ce qui s'appelle les prises d'engagement chez les Guides Aînées. En gros pour les non-initiés, c'est là où on s'engage à suivre dans toute sa vie les principes scouts (esprit chevaleresque, sens du service, etc, etc). C'est là que ça devient intéressant pour mon propos.

Chez les routiers, la prise d'engagement se fait par un cérémonial magnifique et se termine lorsque le nouvel engagé quitte le cercle où il vient de renouveler sa promesse face aux autres, et part, après avoir reçu un bâton de marche et une bible, seul dans la nuit pour une marche, exercice à la fois physique et spirituel, de plusieurs jours, en solitaire. Les paroles sont belles et solennelles. Elles appellent à l'élévation, au dépassement de soi.

Pour les guides aînées, les filles, donc... la cérémonie est bien plus courte, assez gnangnan et se termine... lorsque les filles se réunissent au coin du feu en veillée prière.

Super, n'est-ce pas ? Excessivement excitant !

Avec le recul, j'ai retiré de cela et de bien d'autres choses, l'idée que le problème, c'est que l'Église ne sait pas trop quoi faire des femmes. Oui oui, je sais bien, la Vierge Marie et les saintes femmes... mais si j'ai bien compris, la Vierge Marie, il n'y en a eu qu'une, il n'y en aura pas d'autres. Et chez les saintes femmes, on met en valeur soit leur martyre (et leur vertu), soit à l'inverse, leur "virilité", chez les abbesses et autres grandes dames (Thérèse d'Avila, Hildegarde de Bingen, etc).


Un autre exemple ? Une fois, un site catho que je ne nommerai pas mettait en lien un site destiné aux femmes catholiques, "Sentinelles de l'invisible". En lien avec la pastorale de l'Eglise sur le rôle des femmes dans la transmission de la spiritualité dans la famille et dans le monde.
Je me suis dit Ah, tiens, chic alors, enfin un truc intéressant, du genre à vous faire réfléchir sur votre rôle de femme. Je trouvais le titre particulièrement bien trouvé.
Ben non. Les Sentinelles de l'invisible, sur ce site, elles s'échangent des tuyaux pour acheter des pelotes de laine 100% coton (qui passent mieux à la machine) et des bocaux de cuisine avec 50% de réduction.

Voilà. Le rôle des femmes, c'est le bon plan tricot et tupperware. Sors pas de la cuisine ma fille, tu vas t'enrhumer le cerveau si tu réfléchis.



Je n'irai pas jusqu'à dire, comme on peut parfois le voir, que les femmes sont des membres de seconde zone de l'Église catholique. N'empêche que. Il y a des choses sur lesquelles ont peut s'interroger.

Quand j'étais petite, je voulais être prêtre. Et puis ma mamie m'a expliqué que je pouvais seulement être religieuse. Mais je veux prêcher, disais-je ! Tu pourras aller en mission en Afrique (ma mamie a connu les colonies, on ne va pas la refaire) ou entrer chez les Ursulines, là tu pourras enseigner. Mais je veux prêcher à l'église, moi. Bah non. Pas touche. Il fallait naître homme.

C'est de la jalousie de bas étage, je vous l'accorde. Qui me travaille lorsqu'il m'arrive de m'ennuyer ferme pendant l'homélie du dimanche, lorsqu'un prêtre aux piètres capacités d'orateur enchaîne phrases pompeuses et vides en guise de sermon, du style curé dans Les Langages hermétiques des Inconnus - "et il n'est même pas fichu de faire trois parties", m'arrive-t-il de grincer avec peu de charité. Car je suis bien consciente de manquer cruellement et d'humilité et de charité en ces moments. N'empêche que le "je ne vois pas pourquoi je ne pourrais pas en faire autant" est une tentation.

De fait, le sacerdoce féminin ne fait pas partie de mes chevaux de bataille. Je préférerais que l'on travaille d'abord un peu plus en profondeur à l'éducation catholique des femmes - un peu plus de mise en avant de l'intelligence, du savoir et de la réflexion (ah, ces gamines qui avouent encore avec fierté connaître le Salve regina par coeur, mais ne comprennent pas le latin) un peu plus de considération pour le travail féminin, un peu moins de gnangnan et un peu plus d'élévation, ce ne serait déjà pas si mal.

Je m'agace régulièrement de certaines personnes qui voudraient absolument faire de l'élevage des gosses la seule gloire d'une femme. Oui, c'est bien, c'est noble, c'est tout ce que vous voulez, mais on peut difficilement dire que c'est franchement excitant pour tout le monde. D'ailleurs, si c'était si épanouissant que ça, la plupart des hommes de familles cathos-BCBG pleins d'enfants (mais pas seulement hein : on peut très bien être un mufle sans cela) se hâteraient un peu plus le soir pour rentrer avant que Madame ne se soit chargée toute seule du bain, des couches, du dîner, du ménage et du coucher.

Ensuite, j'aimerais bien qu'on m'explique en quoi c'est forcément mieux pour un enfant d'être élevé par une mère au foyer qui l'aurait allaité toute son enfance. Que je sache, je ne crois pas que Louis XIV ait été allaité et torché par Anne d'Autriche, ça ne l'a pas empêché 1. d'adorer sa mère et 2. de réussir pas trop mal dans sa vie. Cette configuration, à savoir la mise en nourrice des enfants, concerne l'écrasante majorité des enfants des franges supérieures des sociétés de l'époque moderne (noblesse d'abord, puis bourgeoisie plus ou moins modeste par imitation), et ils n'en sont pas tous morts, pour autant que je sache.
Oui, les médecins et les pédiatres s'accordent à dire que physiologiquement, cela peut être mieux pour un enfant d'être allaité pendant au moins six mois après sa naissance. Pour la mère, cela participe aussi de sa récupération (perte de poids, etc). Mais pour celles qui n'ont pas de lait ? Qui ne veulent pas (ne peuvent pas) allaiter ? On a toujours su se débrouiller autrement sans engendrer de catastrophe démographique, alors foutez-nous la paix avec ces histoires d'allaitement et de mère au foyer.

Enfin, beaucoup de femmes font des études. Ce n'est pas pour se retrouver aide-ménagère gratuite. Dans mon entourage, il y a des femmes professeurs de lettres classiques, ingénieurs, polytechniciennes, médecins... qui veulent avoir des enfants, les éduquer, en faire des êtres à part entière avec des valeurs, de la culture... mais qui n'ont pas forcément l'intention de renoncer aux plusieurs milliers d'euros par mois auxquels elles peuvent aspirer. Beaucoup disent que c'est de l'égoïsme de mères dénaturées. Et là non plus, je ne vois pas bien ce que vient foutre l'amour maternel là-dedans.

Pour ma part, je travaille pour l'argent, comme tout le monde, en fait. Si je pouvais être rentière, croyez-moi, je serais la première à ne plus en foutre une rame. Sauf que je ne me transformerais pas, je ne me transformerai jamais, en aide-ménagère gratuite. Car je ne considère pas que changer des couches et faire des lits soit une vocation et une fin en soi. Que ça soit essentiel et qu'il faille bien en passer par là, d'accord. Que l'on veuille y échapper si on en a la possibilité ne me paraît pas être le comble de la monstruosité.


Malheureusement, quoi qu'on fasse, on fera le mauvais choix. Tu veux t'arrêter de travailler ? Tu es une feignasse attardée entretenue par un homme. Tu veux faire des enfants, prendre ton congé maternité ? Tu es une traître à la cause, une pondeuse indigne du monde du travail. Tu veux travailler alors que tu as des enfants ? Tu es une salope égoïste, une mauvaise mère, tes enfants finiront drogués et prostitués, voire pigistes au Monde diplomatique.

Mais merde à la fin. On ne peut pas avoir le choix ?





lundi 18 octobre 2010

Les romans facebook : Quatuor, de Vikram Seth.


Comme je n'ai jamais pu emprunter Un garçon convenable, de Vikram Seth, que tout le monde m'avait conseillé - manifestement très demandé à la médiathèque de la banlieue pour riches - j'ai fini par m'emparer de Quatuor, du même.

Je n'aurais pas dû car je me suis considérablement ennuyée à lire les déboires d'une tête de con de violoniste pénible et hystérique, qui a plaqué dans sa jeunesse sa bonne amie (pianiste de son état) - d'une manière infiniment élégante, à savoir ne plus donner de nouvelles du jour au lendemain, et la retrouve dix ans après, mariée - c'est pas de chance.
La tête de con hystérique essaie de recoller les morceaux mais évidemment, ça rate - car la dame trompe joyeusement son époux et puis finalement s'en veut - et un peu de culpabilité judéo-chrétienne à deux roubles pour pimenter tout ça. Un peu de Guide Bleu, aussi - ça se passe à Venise à un moment. Et en plus, la pianiste est devenue sourde - et un peu de tragédie racinienne pour nous faire gober que c'est d'la grande littérature, ça, madame.

Le tout pour faire savant croule sous les termes techniques les plus raffinés, parce que l'auteur veut nous expliquer qu'il a lu La musicologie pour les nuls. J'ai lu après coup que le bonhomme avait (ou avait eu, j'ai pas bien compris) un compagnon musicien, ça doit être un traumatisme fondateur.

Je connais mal le milieu de la musique. Je connais très mal la musique en général, et c'est pas faute d'avoir tapé sur un piano du CP à la Terminale, avec des résultats assez peu glorieux, il faut bien le reconnaître. Aussi les déboires d'un quatuor qui se demande s'il vaut mieux jouer du Schubert en ut bémol majeur avant du Beethoven en la majeur m'ont-ils laissée totalement froide. Et la représentation des musiciens soit homosexuels pénibles et pleurnicheurs (sur le coup je me suis demandée si le type avait déjà rencontré un homosexuel dans sa vie, c'était avant que j'apprenne qu'il l'était lui-même, ce qui n'a pas laissé de me surprendre) soit hétérosexuels pénibles et pleurnicheurs, suffisamment exaspérante pour avoir envie de souffler au personnage principal quelque chose comme "mais on s'en fout, mon brave".

Pourquoi parlais-je plus haut de "roman facebook" ? C'est parce que ce genre de bouquins où on ne comprend pas pourquoi les gens se déchirent, se réconcilient, s'engueulent, s'adorent, se trompent ou couchent ensemble, me fait penser aux conversations de jeunes gens dans le métro, à base de textos, de statuts facebook et d'envois d'e-mails aux enjeux infiniment compliqués. Et à les écouter, vous ne parvenez pas à comprendre pourquoi tel statut facebook a entraîné une brouille mortelle, une rupture ou une coucherie. D'ailleurs vous ne voyez même pas le rapport entre ledit statut et ce qui s'est ensuivi, mais manifestement, tout ça est très grave.

Ou débile et dérisoire.

Eh bien voilà. Je n'ai pas compris pourquoi jouer La Truite et l'Art de la fugue étaient aussi importants pour cette histoire d'adultère - et en plus, je m'en fous. Je n'ai pas compris pourquoi on passait, au détour d'une phrase anodine, de l'adultère passionné à la culpabilité déchirante. Pourquoi à la page 245 on se roule des palots dans une église vénitienne, et à la page 246 on pleure sur son cas et on décide de rompre. Et je n'ai pas compris pourquoi c'était grave, du reste.


Ou alors c'est juste que les gens sont tous pénibles et pleurnicheurs ?

ça expliquerait pas mal de choses sur ce que j'entends quand j'ai les oreilles qui traînent dans le métro.