mercredi 18 janvier 2012

Miroir.

Depuis quelques mois maintenant, nous avons un téléviseur relié à la prise télé - parce que pendant un an et demi, il n'était pas branché, en fait. Voilà que mon abonnement à Télérama est rentabilisé. C'est merveilleux : de temps à autres, il nous prend ainsi la douce folie de regarder le film du dimanche soir.

Et puis, de temps à autres, en attendant que l'Epoux rentre de sa dure journée, il m'arrive d'allumer la bestiole, pour voir. J'ai donc découvert avec horreur cette chose qu'on appelle la télé-réalité, à base de trucs plus répugnants les uns que les autres : jeunes abrutis qu'on fait se reproduire dans un appartement-bocal (Secret Story), jeunes et moins jeunes abrutis passant leurs vacances sur une île tropicale à chasser le varan de Komodo au lieu de buller sur la plage (Koh-Lanta), campagnards caricaturaux désireux de se trouver une compagne à leur niveau, jeunes à gueule plastifiée désireux de supplanter dans l'art de la vocalise Brel et la Callas réunis - en confondant vibrato et tendance à imiter le veau nouveau-né (oeil vide compris).
La plupart reposant sur l'idée que dans tous les cas, le public semble crever d'envie de voir se reproduire les "candidats" sous l'oeil des caméras.

Forcément, mon temps de visionnage de ces choses télévisuelles doit se compter en minutes et sur mes doigts de pied et de la main droite. Parce que c'est non seulement putassier à souhait, mais aussi chiant à mourir - alors que le film du dimanche soir, en général, y'a au moins Schwartzenegger ou Stallone, ce qui vaut tout de même davantage le détour. Donc, si je déclare ex cathedra que tout cela me fait hautement penser à de la daube avariée, on pourra tout à fait m'objecter que c'est parce que je n'ai pas compris le concept, ou un truc du genre.

Je veux bien.

Ce qui me gène davantage, c'est l'espèce de discours que l'on entend un peu partout chez les "gens bien" qui reconnaissent volontiers s'attarder devant ce type d'émissions, mais "parce que c'est trop drôle, tu vois", ou "parce qu'avec (X, Y, Z) on se fout trop de leur gueule, tu vois", ou "parce que je suis pas dupe, hein, tu vois, je regarde pas ça comme les gros beaufs, mais au quinzième degré, tu vois".

Non, je ne vois pas. Je ne vois pas la différence entre regarder cela comme un spectateur lambda et un spectateur intello : ça revient au même, les deux s'avilissent en traînant devant ce programme. Et même l'intello plus que le beauf, parce qu'il chie doublement sur ses confrères humains : la première fois en se foutant de la trogne des pauvres imbéciles castés par la télé pour leur propre imbécillité, la seconde fois en insultant les pauvres types et nanas qui, eux, n'ont pas l'heur d'être aussi élevés qu'eux, les intellos. Et qu'entre regarder ce genre de trucs au premier degré, et le regarder au quinzième, je ne vois pas bien la différence de résultat.

Mais enfin, on se rassure comme on peut sur sa propre valeur.


jeudi 12 janvier 2012

On re-reparle du génocide vendée.


Bon, je sais, j'avais dit que je lirai le dernier bouquin de Sécher et que j'en ferai une critique. Je ne l'ai pas fait - mais-heu j'ai des raisons valables :
- j'avais du boulot (si).
- à Noël, j'ai préféré revoir Bambi avec mes neveux qui sont autrement plus mignons que Reynald Sécher (ils sont blonds avec d'adorables yeux de velours brun, gentils, polis, autonomes, affectueux, rigolos, bref ils donnent plus envie de s'occuper d'eux).

Et puis surtout, le Naïf s'en est chargé bien mieux que moi. Il vous explique avec brio pourquoi ce bouquin ne vaut pas franchement le détour.

Ici.

Et voilà. Le tout c'est de déléguer.
Merci encore monsieur !


lundi 9 janvier 2012

Le monopole du coeur.

Il y a quelques temps, je discutais avec des amis de la nomination d'un nouveau directeur à la tête d'une grande école française. Blablabla, quelques considérations ne faisant pas forcément avancer le schmilblick. Jusqu'au moment où l'une des personnes présentes se met à expliquer que la nomination de ce nouveau directeur est une très mauvaise chose pour l'établissement dans les années à venir, car vous comprenez, le personnage est assez marqué à droite.

Je m'étonne de son argument car le personnage reste, nous semblait-il, surtout un très grand scientifique, et d'autre part, un homme ayant de grands projets avec les épaules pour les réaliser (du moins est-on en droit de l'espérer), et que si son "marquage à droite" n'est pas un secret, il n'est pas non plus un étendard.

Il nous est alors répondu que non mais avec les élections en 2012, vous comprenez...

Je finis par comprendre, à force de lui demander de préciser son point de vue, que notre interlocuteur (qui du reste ne fait pas mystère de ses sympathies socialistes) est intimement persuadé que c'est la gauche qui va l'emporter aux prochaines élections présidentielles. Que cela ne se discute pas. Que remettre en cause cela, c'est comme discuter de l'existence de Dieu avec un curé ligueur en 1585 - un débat qui vous emmène droit au bûcher.

Je passe sur le sentiment que j'ai eu d'entendre, dans son discours, quelques relents de projets d'épuration politique universitaire pour "quand on serait au pouvoir". Ambiance.



Depuis quelques temps, je suis assez sidérée par l'aplomb de certains militants de gauche, du genre de ceux qui hantent les facultés parisiennes. Nous allons gagner en 2012, c'est ainsi. Les riches sont méchants. La droite c'est méchant. Sarkozy c'est le grand Satan. En revanche, vous pouvez voir à la télé Vincent Lindon expliquer benoîtement devant un François Hollande et un journaliste tout aussi benoîts que "les abus de pouvoir, je suis pour, quand c'est pour faire le bien". Tu mets en doute leurs propositions ? Tu es un salopard qui mange les enfants.

Entendons-nous bien, je ne sais même pas pour qui je voterai dans l'année à venir, même pas si je voterai... Mais cet étalage de certitude d'être forcément le bien, le progrès, la lumière du peuple envers et contre tout, ne m'est pas sympathique. Vraiment pas.






lundi 12 décembre 2011

On reparle du génocide vendéen.

L'autre matin, en proie à un chouette moment d'insomnie entre quatre heures et six heures et demie, je me suis rappelée que j'avais emprunté à la bibliothèque Les Démons de Dostoïevski. Un peu par hasard, du reste, car j'ai un rapport compliqué avec la littérature russe - j'ai jamais bien compris pourquoi les personnages des romans russes, à chaque fois qu'ils font le moindre truc, se mettent toujours forcément à philosopher sur la vie, la mort, la foi, le temps et la politique - mais sinon ça se laisse lire.

Toujours est-il que les premières pages m'ont fort amusée car il y est question d'un historien un peu raté sur les bords, dont la thèse a suscité quelques remous pour une raison obscure dans le milieu universitaire, et qui depuis en profite pour s'attribuer une place de contestataire victime d'ostracisme de la part de l'ensemble du monde intellectuel de son temps. Son hobby favori devient la compromission régulière avec des milieux qui sentent le soufre tout en prenant soin d'aller régulièrement lécher les bottes auprès des autorités. Contestataire, engagé, mais pas téméraire non plus - faudrait pas déconner.

Cela m'a fait diablement penser à l'un des nouveaux héros de la pensée réactionnaire, notre ami à tous Reynald Sécher. Que je n'aime pas pour plusieurs raisons mais comme je n'ai pas lu son dernier bouquin, je vais d'abord exposer les raisons générales qui font que j'estime que le bonhomme est un gros rigolo. Et puis quand j'aurai feuilleté son opus chez Gibert, je reviendrai vous en donner un avis plus précis.


Pour ceux qui ne visualisent pas (ou qui ne s'intéressent que de loin à l'actualité historique), Reynald Sécher est un loustic qui publie des livres sur la guerre de Vendée pendant la révolution française. Avec pour objectif de montrer que la guerre de Vendée et la Shoah, c'est tout pareil (mais il n'a pas jugé nécessaire de préciser qu'il y avait quasiment deux siècles d'écart entre les deux).


D'abord, je n'aime pas les types dont le fond de com' consiste à glapir à la censure avant même la sortie de ses bouquins en librairie. Vous me direz que c'est un moyen commode de prévenir la douleur, mais quand on n'est en fait pas censuré du tout, c'est comme l'histoire du petit garçon qui crie au loup : ça donne l'air bête, à force.
Reynald Sécher, voilà un bonhomme dont le leitmotiv, dans les interviews qu'il donne, est de répéter qu'il est très malheureux parce que personne ne veut publier ses livres. D'où il en tire la preuve qu'il doit être vachement subversif et que, la subversion étant la valeur à la mode en ces années 2010, il est donc génial, forcément génial. Et que c'est pour cela que les pouvoirs en place (le Grand Orient de France par exemple) cherchent à faire interdire ses livres.

Du reste, à ce titre, Reynald Sécher raconte des anecdotes désopilantes afin de prouver son terrible calvaire pour clamer la vérité à la face du monde : d'abord, il paraît qu'une semaine avant sa soutenance de thèse, son appartement à été cambriolé pour lui piquer son doctorat, tellement il était subversif. Je ne veux pas être méchante mais cela me paraît relever davantage du fantasme que de la réalité, cette affaire. Non parce qu'en général, une semaine avant la soutenance, la thèse est déposée à l'université, chez chacun des membres du jury de la thèse (quatre ou cinq) et souvent chez des copains à qui on a donné un exemplaire en gage d'amitié (oui, dans le milieu universitaire, on s'offre des exemplaire de thèse, ne rigolez pas).
Alors soit les détracteurs de Reynald Sécher étaient particulièrement cons (c'est possible, vous me direz), soit... c'était plus son auto-radio ou son walkman qui étaient visés. Parce que sa thèse...

Ensuite, il y a l'anecdote du type agissant au nom du gouvernement, qui vient lui proposer cinquante mille balles et un poste à la fac en échange de "son silence". Donc effectivement, on cherche à le faire taire en lui donnant une chaire à l'Université. Je veux bien que ses détracteurs oppresseurs soient vraiment cons, mais là ça devient un peu gros quand même.

Enfin, on l'oblige à démissionner de l'Education nationale dont il n'était pas titulaire, se trouvant probablement trop génial pour s'autoriser à passer le capes ou l'agrégation (son CV étant en ligne, c'est facile à savoir). Vous me direz qu'il est préférable de dire qu'on démissionne à cause des pressions des méchants gauchistes, plutôt que d'avouer qu'on ne peut pas piffer l'enseignement en collège. Là, ok.


Autre posture du bonhomme : il est censuré, maltraité par les journalistes et la communauté historienne, rien que ça. Ce serait la raison pour laquelle il a fondé sa propre maison d'édition pour pouvoir publier ses ouvrages (qui sont subversifs, faut-il le répéter). C'est qu'on n'est jamais si bien servi que par soi-même.
Cela dit, le premier bouquin de Sécher (La Vendée-Vengé) a été publié aux Presses universitaires de France, dans la collection "Nouvelle Clio", celle qui rassemble abondance de bouquins destinés aux étudiants en histoire et aussi au grand public (la "Nouvelle Clio", ça se vend super bien, c'est comme les biographies de rois de France chez Fayard). On note donc la censure à l'oeuvre dans la publication des livres de ce monsieur.
Le livre se peut même très facilement consulter à la Bibliothèque nationale : ô surprise, il n'est pas rangé dans les tiroirs scandaleux de l'Enfer de la BNF. En pianotant sur le serveur, vous pouvez même l'obtenir sur votre table de lecteur en une vingtaine de minutes. J'ai essayé, ça marche. Vous ne vous attirez même pas le regard réprobateur du bibliothécaire. C'est très décevant - et moi qui espérait toucher du doigt le monde de la subversion...

Reynald Sécher, historien et martyr, est aussi victime de l'ostracisme des universitaires. Ce n'est pas parce que ses prises de positions sont aussi vaines qu'inintéressantes, non, c'est bien évidemment parce qu'il est subversif et que l'Université est pourrie jusqu'à la moëlle par le marxisme rampant. Bien entendu.
Cela doit tout de même être hautement vexant pour lui, là, je le reconnais. Non parce que quand un historien brillant et sérieux a des ennuis (Sylvain Gougenheim, Olivier Pétré-Grenouilleau), il est soutenu quelles que soient ses positions par l'écrasante majorité de la profession. De là à dire que si personne ne s'occupe de votre matricule, c'est que vous n'êtes pas forcément le numéro un de l'intérêt national en histoire, il n'y a qu'un pas...


Dernier élément (avant de passer, dans quelques jours, à quelques mots sur son dernier livre), l'objectif de Reynald Sécher, aujourd'hui, est critiquable dans la mesure où il pratique allègrement le mélange des genres : chercher à montrer que la Vendée c'est tout pareil que le génocide juif, oui, ça me chiffonne. Le génocide, c'est une notion juridique. Orienter son travail dans ce but, c'est une nouvelle fois vouloir faire de l'historien un juge. Ou pire, un procureur. Or les historiens n'ont pas à se mêler, dans leurs travaux, d'affaires juridiques et politiques. C'est ce que se tuent à répéter les membres de Liberté pour l'Histoire.


Bon. Et maintenant ?

Comme je vous le disais, j'ai pris une fois un après-midi complet pour lire la thèse de Sécher, celle des années 1980, publiée aux PuF. C'est extrêmement ennuyeux à lire mais ça, c'est parce que la période me rase un peu et que Reynald Sécher n'est pas exactement au même niveau que Tolkien niveau plume, mais ce n'est pas un mauvais livre. C'est même plutôt bien fichu. Et convaincant. Pourquoi ? Parce que le type fait là un ouvrage d'histoire, pas un sermon politico-juridique sur la Vendée.
Le problème à mes yeux est qu'on a l'impression que l'auteur oublie complètement que la guerre à l'époque moderne, c'est extrêmement violent. Toujours. Que ces gens-là n'ont pas du tout la même notion du "respect de la vie humaine" à prononcer avec des trémolos dans la voix, que nous. Un peu comme les Romains n'hésitaient pas à massacrer allègrement les peuples gaulois qui les asticotaient un peu. Un peu comme les ligueurs catholiques du XVIe siècle trouvaient que puisque les protestants étaient pénibles, on pouvait tous les tuer, ce serait plus simple comme ça. Et que donc, la notion de "génocide", pour cette période, est aussi peu appropriée qu'un emplâtre sur une jambe de bois.



Aussi, qu'on en fasse le nouveau parangon de la vertu réactionnaire au service de la vérité maltraitée par les vilains gauchistes, ça m'énerve un peu. Un tout petit peu.

lundi 28 novembre 2011

Ah, les conversations Facebook, ou le café du commerce même pas intello.

Aujourd'hui sur Facebook, Le Jour du Seigneur (que j'ai l'honneur et l'avantage de compter parmi mes amis) publiait une petite niouse sur la place des femmes dans l'Eglise. Ce qui m'a donné le bonheur de lire la prose de quelques messieurs que j'ai autant envie de rencontrer qu'un loup-garou un soir de pleine lune. Je vous laisse apprécier - et non, je ne sais pas faire de captures d'écran. Mais ce n'est pas grave, il y a quand même de quoi se marrer.


Pourquoi les femmes sont elles aussi peu représentées dans les instances d'Eglise? L’Église est elle prête pour l'ordination des femmes? La réponse de Christine Pedotti dans un bonus. Une exclusivité lejourduseigneur.com

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    • Sylvain Lagrange Le jour ou les femmes seront ordonnées je quitterai l’église catholique, déjà que je n'y reste que par amour de Benoit XVI. Je rejoindrai les Orthodoxes! Les femmes ont un travail immense a faire dans l’église mais pas d'être prêtre.
      Il y a 7 heures · · 1
    • Pierro Mendes Je confirme c'est aussi ce que j'allais dire c'est du tout normal
      Il y a 6 heures ·
    • Patrice Le Cavorzin je suis pour que les femmes puissent être prêtres !
      Il y a 6 heures · · 3
    • Sylvain Lagrange Je pense que seul des catholiques pratiquants peuvent avoir une opinion sur ce sujet et sur tout sujets d'église.
      Il y a 5 heures ·
    • Luc Moisan Je pense que les femmes sont très présentes dans l'église (en pastorale, par exemple) mais leur travail n'est pas toujours reconnu à sa juste valeur.
      Il y a 4 heures ·
    • Le Jour du Seigneur Pratiquants ou pas, votre opinion compte! Merci de débattre ici, dans le respect bien entendu.
      Il y a 3 heures ·
    • Gilles Priollet La femme est vénérée dans l'Eglise comme dans aucune autre instance humaine. D'autre part l'égalité ne se décrète pas ; c'est une tentative de mise à niveau politique démagogique car impossible à atteindre, par nature. L'égalité est en droit, donc dans la loi humaine seulement. rendre la femme par contrainte égale de l'homme est une manière de la dégrader, de lui enlever ses qualités pour lui donner des qualités d'homme. Cela n'est ni favorable à son développement ni à l'équilibre de la société. Il suffit pour s'en convaincre de voir ce que font les enfants dans la rue. Il n'est donc pas étonnant dans ce contexte que les tenants du nivellement par le bas veuillent faire des prêtresses contre la Foi de celles qui se dévouent de si belle manière.


Alors notre ami Sylvain, il doit être sincèrement persuadé d'être un type super important. Un peu comme ces parents d'élèves qui vous expliquent que si vous continuez à martyriser leur Choupinet, ils le mettront dans le privé. Mais allez-y, putain, cassez-vous ! Puisque vous êtes mieux que tous les autres, allez faire montre de vos talents ailleurs. Je savoure aussi le commentaire sur "seuls les catholiques pratiquants (pas les faux en plastique, hein) peuvent avoir un avis sur la question".

Bref, un mec modeste et ouvert à la discussion, comme je les aime.

Vous aurez sans doute apprécié l'argumentation "anti-femmes prêtres" à base de phrases toutes faites, sans queue ni tête, probablement lues ça et là dans la presse conservatrice et qui consiste à dire que si tout fout le camp, c'est à cause de ces connasses qui ne font pas ce qu'on leur dit de faire (se la fermer, quoi). Vous aurez appris que si les gosses ne sont pas élevés, c'est bien à cause des bonnes femmes - jamais la faute du père qui n'est jamais, bien sûr, inconsistant voire demeuré.
Et encore, on a échappé au sempiternel "la famille est la cellule de base de la société", ressortie à tout bout de champ à chaque fois.



Pour ma part, je me permets juste de faire remarquer humblement que je n'ai jamais, jamais rencontré quelqu'un qui soit foutu de m'expliquer comment on peut justifier que les femmes ne puissent pas accéder à la prêtrise dans l'Eglise catholique. Non que la question m'empêche de dormir. Non qu'elle soit la seule - à titre personnel, je n'ai pas compris tout un tas de trucs qui ne m'empêchent pas d'aller à la messe le dimanche. Tenez, par exemple, j'ai jamais bien compris le rapport entre le fait de mourir sur une Croix et de sauver l'Humanité et c'est pas faute d'écouter les sermons de Pâques avec moult attention. Après, comme je ne suis pas contrariante, je dis que oui, d'accord, après tout si vous voulez, hein.

Je note seulement que, selon le bon vieil adage "c'est toujours les mêmes qui font tout", on veut bien que les femmes fassent tout dans une paroisse : l'animation des chants, la catéchèse, le ménage, l'administration et le secrétariat. D'ailleurs, dans les milieux un peu tradis sur les bords, il est de bon ton de s'en plaindre : trop de femmes, ça fait fuir le chaland et c'est pour ça que l'Eglise fout le camp depuis Vatican II. C'est donc bien toujours de la faute des femmes, donc. Surtout pas des hommes qui sont probablement trop bien pour faire tout ça.

Alors ? Une femme prêtre, pourquoi cela choque-t-il ? Pourquoi non ? Comment l'expliquer avec des arguments que tout le monde pourrait entendre ? D'ailleurs, les anti-femmes-prêtres se réfugient derrière un vague "ordre voulu par Dieu" aussi fumeux que peu compréhensible.

Si seulement on pouvait discuter.











mardi 22 novembre 2011

En cuisine - le jeu des trucs et des machins (4e épisode)

Voilà un truc que... bah je sais pas ce que c'est. Alors c'est à votre bon coeur pour me donner son utilité, parce que sinon, il va rester inutile au fond de mon tiroir à couverts pour la fin des temps.







lundi 7 novembre 2011

Les trois médecins (mes héros).

J'aime bien lire des blogs de médecins. Il y en a plein d'excellents : Jaddo, Borée, Docmam, Souristine, l'incontournable Martin Winkler, Docteur Milie, mais aussi les autres : sages-femmes (Dix Lunes), vétérinaires (Boules de Fourrure)... Pour tous les goûts, sur tous les tons... cherchez-les sur Google, vous les trouverez sans peine. Et vous passerez un bon moment.

En ce moment, ces blogs se posent tous plus ou moins la question : "qu'est-ce qu'un bon médecin ?". Et ce depuis que Winkler a pondu une liste de billets sur les "médecins maltraitants" - ceux qui vous envoient chier, ceux qui vous balancent une sale remarque, ceux qui ne jugent pas nécessaire de vous examiner, encore moins de vous parler, avant de vous coller une ordonnance de doliprane et d'anti-dépresseurs qui fleure bon le "démerdez-vous et lâchez-moi la grappe".

Il y en a.

Certes.

Je peux même vous raconter l'histoire du connard qui m'a doctement expliqué au téléphone que mon époux avait une "bête gastro" et s'est foutu allègrement de la gueule quand je lui demandais de m'envoyer un médecin parce que bordel, je connais mon mari et je vois bien que ce n'est pas une gastro. Et que c'étaient des coliques néphrétiques.
Je peux aussi vous raconter comment y'a pas moyen de trouver un généraliste à Paris qui vous prenne moins de 50 euros, comment les gynécologues vous font soit un examen avec échographie qui vous est facturé 110 euros, ou alors ne vous font pas d'échographie, facturent leur examen 50 euros mais vous envoient faire une échographie ailleurs "car vous comprenez, hein, madame..." (que vous payerez 65 euros). Ouais.


Ce qui m'inquiète un peu plus, c'est le discours ambiant, qu'on trouve un peu partout, qui consiste à dénigrer systématiquement les médecins, la médecine, l'hôpital et tout ce qui touche de près ou de loin aux médicaments. A en croire ce discours, on devrait se contenter de l'acupuncture, des huiles essentielles et des tisanes aux plantes.
J'entends ainsi beaucoup de jeunes femmes enceintes qui chouinent que leur médecin "les fait culpabiliser" parce qu'il a eu le malheur de leur faire remarquer que fallait peut-être y aller mollo sur la prise de kilos pendant la grossesse. Bien sûr, ce n'est pas de leur faute, c'est qu'on les fait "culpabiliser". Pareil pour celles à qui l'on explique que la clope et l'alcool, va falloir arrêter pendant les neuf mois à venir. Et je ne parle pas de celles qui réclament à cor et à cri "un accouchement respecté" et (pour les plus atteintes) qui militent activement contre l'accompagnement médicalisé de la grossesse.

Je m'excuse mais cela s'appelle cracher dans la soupe. Qui est chaude et faite maison avec des tas de beurre et de fromage. Bref, avoir un comportement de sale gosse pourri gâté.

Pour me faire un peu mieux comprendre, j'aimerais partir d'un truc qui n'a rien à voir. Voyez-vous, il y a un musée à Péronne, l'Historial de la Grande Guerre (celle de 14-18, donc), où l'on vous propose de "revivre les tranchées". En gros, vous passez dans un genre de tunnel où il fait tout noir, et puis y'a du bruit d'explosions et le sol tremble. Bah voilà c'est les tranchées.
Or, pour revivre les tranchées, il faudrait ajouter l'odeur de pisse et de diarrhée, vous faire asseoir et supporter les rats qui vous passent dessus, et surtout, surtout, vous faire vraiment risquer de mourir à tout moment. La mort pour de vrai.
La guerre, c'est cela.


Ces femmes qui veulent un "accouchement respecté", ces écolos qui ne jurent que par la médecine chinoise, veulent faire naturel, authentique, tout ça. Mais comme le beurre c'est mieux avec l'argent du beurre, il faudrait en plus que ce soit sans risques. Et que donc, on se plie à leurs moindres désirs. Bref, un accouchement naturel, une médecine naturelle, mais sans avoir à en supporter les conséquences - sinon vous comprenez, vous allez les faire culpabiliser.

(Et pourtant, les Chinois eux-mêmes, ils ne sont pas aussi tarés : en cas de cancer, c'est pas de l'acupuncture, qu'ils font, c'est de la chimio, comme tous les gens normalement constitués).

Ce doit être parce que j'ai passé trop de temps à lire des registres paroissiaux où les femmes meurent en couches (et le mioche avec) que j'ai tendance à trouver que "l'accouchement respecté", à force d'être chanté sur tous les tons, ça mérite des baffes. Que la critique du corps médical en général, c'est un peu trop facile. Et énervant.


Et pour terminer, je voudrais juste dire que j'en suis à mon troisième médecin traitant, déménagement oblige, mais que je les remercie tous les trois du fond du coeur.



Merci à toi, médecin de famille de mes jeunes années, qui a soigné mes parents, mes soeurs et moi-même, qui savait être alarmiste quand il le fallait (et il a fallu, parfois). Qui savais nous écouter et qui me tutoie encore.

Merci à vous, cher docteur B., mon toubib parisien, qui preniez le temps de m'écouter pendant les trois années où ça n'allait pas fort avec mes allergies, mes terribles migraines à répétition, mes bronchites et mon inaptitude à dormir plus de deux heures d'affilée - et ma légère tendance hypocondriaque. Merci à vous d'avoir supporté mes demandes de rendez-vous alors que bordel j'aurais pu me soigner avec un doliprane mais que j'allais mieux rien qu'en allant au cabinet. Remerciez par la même occasion de ma part votre secrétaire si gentille qui tapait la discute aux patients dans la salle d'attente, et que ça aussi, ça faisait du bien.

Merci à vous, notre actuel médecin, cher docteur de la ville de banlieue, qui vous occupez de mon matricule depuis quelques mois (depuis ma superbe grippe de l'hiver dernier). Qui avez un vrai talent de pédagogue, laissez les gens parler et savez rassurer l'hypocondriaque qui sommeille toujours en moi.