mardi 2 novembre 2010

"L'oeil sérieux d'un prophète et le rire d'un enfant".





Ce qui est un peu déprimant au cinéma, c'est de voir le public qui vient voir des dessins animés. En général, très peu d'enfants dans les files d'attente, même celles de l'après-midi. D'ailleurs, dans la plupart des cinémas, la séance de 16h n'est plus réservée aux trucs de gosses. Et inversement, les dessins animés se retrouvent dans les dernières séances de la nuit. Et là, bien évidemment, il n'y a plus un seul enfant dans la salle.

Moi la première, je vais voir des dessins animés. L'Age de Glace étant le dernier en date. (ce qui nous fait remonter à plus de deux ans, quand même, mais c'est une autre histoire). Honnêtement, je m'y suis bien amusée. Ce film a eu au moins le mérite de me faire oublier, deux heures durant, que le lendemain, c'était la proclamation des résultats de l'agrégation. Ce qui n'est pas peu dire.


Les dessins animés, aujourd'hui, ne sont plus des trucs de gosses. Pour la bonne raison qu'ils ne sont plus que des parodies de dessins animés. Des détournements. Souvent pas de très bon goût : la princesse qui rote dans Shrek, le prince charmant-qui-est-en-fait-le-méchant. Grosses vannes, jamais un plan qui dure plus d'une seconde. Jeux de mots à peu près incompréhensibles pour les enfants. Bilan : seuls les adultes se marrent. La dernière fois que j'ai fait voir un dessin animé à mon neveu, il a passé plus de temps à me demander "pourquoi il fait ça" plutôt que de regarder le film. En fait, je crois qu'il s'est passablement ennuyé.

Les réalisateurs de dessins animés se croient toujours très drôles et trrrrès originaux quand ils prétendent "jouer avec les codes", "s'amuser avec les clichés", "travailler sur le second degré". Sauf que les enfants ne pigent rien au second degré. Le second degré est même à mon sens typiquement une affaire d'adultes. Les réalisateurs de dessins animés le sentent confusément. Donc pour faire rire les enfants, ils rajoutent de l'humour premier degré. Souvent à base de pipi-caca.

Pipi-caca, c'est vrai que ça fait rire les enfants. Mais pas si longtemps que ça, en plus.

Mais bon sang, pourquoi faut-il vouloir à tout prix faire marrer les enfants ? Les enfants sont souvent des êtres incroyablement sérieux. Parce qu'ils veulent savoir. Comprendre comment, pourquoi, qui, où. Les enfants ont des capacités de contemplation qu'on a souvent du mal à déceler sous un perpétuel mouvement. Même s'il passe une heure à se tortiller, s'avachir, se rouler, se cogner, tomber, s'accroupir, se relever, se vautrer de nouveau, le tout sur un malheureux canapé qui n'a pas demandé à souffrir autant, l'enfant passe son temps à observer. Et à retenir, comme une éponge.

Alors, si vous voulez que vos enfants deviennent des êtres avides de beauté et de grandeur, pitié, ne leur montrez pas de quoi les faire rire. Faites-leur contempler de belles choses. Apprenez-leur la patience nécessaire pour découvrir le beau. Il est toujours tellement navrant d'entendre des gens dire qu'ils "sautent les descriptions" dans les livres...


Tout ce beau discours ne serait pas si ce n'était pas une justification de ma profonde affection pour certaines séquences des oeuvres des studios de dessins animés, capables de proposer de véritables joyaux aux enfants. En les prenant pour des êtres doués pour percevoir la beauté, et pas seulement comme des petits singes qu'il faut à tout prix faire rigoler.


La longue première séquence du Roi Lion est en ce domaine tout à fait extraordinaire.




(il n'y a pas encore si longtemps, ça me tirait des larmes).



Très réussi aussi, le début de Notre Dame de Paris. On dira ce qu'on voudra mais nos amis d'Outre-Atlantique ne se sont pas mal débrouillés du tout avec l'inoxydable pavé (en particulier faire de l'archidiacre Frollo non pas un moine immonde et grassouillet comme on le voit souvent mais un juge au visage froid - mais je ne vais pas développer parce que ça prendrait bien du temps).








Je vous rassure, il y a aussi des perles estampillées "fabrication française". Michel Ocelot dans ce domaine fait merveille. Ses interviews sont claires : il estime qu'il faut s'adresser au sens du beau chez les enfants, pas à un prétendu second degré qu'ils ne possèdent pas encore.





(et non il n'y a pas que Kirikou dans son oeuvre)



Après ça, vous n'avez plus qu'à jeter Shrek à la poubelle. Il me semble que les enfants ont aussi le droit d'avoir accès à de belles choses et que ne les croire capable que de rire gras à des blagues à connotation scatologique, c'est légèrement scandaleux et méprisant.

Les perles pour mioches sont rares mais elles existent...

jeudi 21 octobre 2010

Quelques notes décousues sur les femmes.

Bon voilà, tout est dans le titre. C'est décousu parce que j'écris entre deux cours et que mes idées sont encore assez peu claires sur la question mais... j'ai bien envie de me lancer.



Pour bien donner une idée de ma position sur la question, une petite histoire.

Il se trouve que, dans le mouvement scout où j'ai traîné longtemps mes guêtres, il y a ce que l'on appelle les Guides Aînées, le pendant féminin des Routiers. En gros, c'est ce qu'on fait après avoir été guide (ou scout) et avant de devenir cheftaine (ou chef). J'ai été, pour ma part, dans un groupe, où, grosso modo, on vous expliquait que votre rôle à venir, c'est bonne soeur ou mère de famille. Ou, éventuellement, laïque consacrée. Point final.

Tout cela s'accompagnait d'un enseignement assez éléphantesque (dans sa subtilité autant que dans sa quantité) sur l'éducation à l'affectivité - id est, en quatre mots : pas avant le mariage. À une époque où je m'apprêtais à entamer des études longues en commençant par une prépa, j'aurais préféré peut-être entendre des choses sur le savoir et son rôle dans la foi, sur le rôle des études et de la connaissance dans la vie d'une femme, mais bon, il ne faut pas trop en demander.

Malgré tout, l'année que j'ai passée aux Guides Aînées fut plutôt agréable et se termina ma foi fort bien par un pélerinage entre Pérouse et Assise, qui reste un des événements marquants de ma fin d'adolescence.

La fin de l'année fut marquée par ce qui s'appelle les prises d'engagement chez les Guides Aînées. En gros pour les non-initiés, c'est là où on s'engage à suivre dans toute sa vie les principes scouts (esprit chevaleresque, sens du service, etc, etc). C'est là que ça devient intéressant pour mon propos.

Chez les routiers, la prise d'engagement se fait par un cérémonial magnifique et se termine lorsque le nouvel engagé quitte le cercle où il vient de renouveler sa promesse face aux autres, et part, après avoir reçu un bâton de marche et une bible, seul dans la nuit pour une marche, exercice à la fois physique et spirituel, de plusieurs jours, en solitaire. Les paroles sont belles et solennelles. Elles appellent à l'élévation, au dépassement de soi.

Pour les guides aînées, les filles, donc... la cérémonie est bien plus courte, assez gnangnan et se termine... lorsque les filles se réunissent au coin du feu en veillée prière.

Super, n'est-ce pas ? Excessivement excitant !

Avec le recul, j'ai retiré de cela et de bien d'autres choses, l'idée que le problème, c'est que l'Église ne sait pas trop quoi faire des femmes. Oui oui, je sais bien, la Vierge Marie et les saintes femmes... mais si j'ai bien compris, la Vierge Marie, il n'y en a eu qu'une, il n'y en aura pas d'autres. Et chez les saintes femmes, on met en valeur soit leur martyre (et leur vertu), soit à l'inverse, leur "virilité", chez les abbesses et autres grandes dames (Thérèse d'Avila, Hildegarde de Bingen, etc).


Un autre exemple ? Une fois, un site catho que je ne nommerai pas mettait en lien un site destiné aux femmes catholiques, "Sentinelles de l'invisible". En lien avec la pastorale de l'Eglise sur le rôle des femmes dans la transmission de la spiritualité dans la famille et dans le monde.
Je me suis dit Ah, tiens, chic alors, enfin un truc intéressant, du genre à vous faire réfléchir sur votre rôle de femme. Je trouvais le titre particulièrement bien trouvé.
Ben non. Les Sentinelles de l'invisible, sur ce site, elles s'échangent des tuyaux pour acheter des pelotes de laine 100% coton (qui passent mieux à la machine) et des bocaux de cuisine avec 50% de réduction.

Voilà. Le rôle des femmes, c'est le bon plan tricot et tupperware. Sors pas de la cuisine ma fille, tu vas t'enrhumer le cerveau si tu réfléchis.



Je n'irai pas jusqu'à dire, comme on peut parfois le voir, que les femmes sont des membres de seconde zone de l'Église catholique. N'empêche que. Il y a des choses sur lesquelles ont peut s'interroger.

Quand j'étais petite, je voulais être prêtre. Et puis ma mamie m'a expliqué que je pouvais seulement être religieuse. Mais je veux prêcher, disais-je ! Tu pourras aller en mission en Afrique (ma mamie a connu les colonies, on ne va pas la refaire) ou entrer chez les Ursulines, là tu pourras enseigner. Mais je veux prêcher à l'église, moi. Bah non. Pas touche. Il fallait naître homme.

C'est de la jalousie de bas étage, je vous l'accorde. Qui me travaille lorsqu'il m'arrive de m'ennuyer ferme pendant l'homélie du dimanche, lorsqu'un prêtre aux piètres capacités d'orateur enchaîne phrases pompeuses et vides en guise de sermon, du style curé dans Les Langages hermétiques des Inconnus - "et il n'est même pas fichu de faire trois parties", m'arrive-t-il de grincer avec peu de charité. Car je suis bien consciente de manquer cruellement et d'humilité et de charité en ces moments. N'empêche que le "je ne vois pas pourquoi je ne pourrais pas en faire autant" est une tentation.

De fait, le sacerdoce féminin ne fait pas partie de mes chevaux de bataille. Je préférerais que l'on travaille d'abord un peu plus en profondeur à l'éducation catholique des femmes - un peu plus de mise en avant de l'intelligence, du savoir et de la réflexion (ah, ces gamines qui avouent encore avec fierté connaître le Salve regina par coeur, mais ne comprennent pas le latin) un peu plus de considération pour le travail féminin, un peu moins de gnangnan et un peu plus d'élévation, ce ne serait déjà pas si mal.

Je m'agace régulièrement de certaines personnes qui voudraient absolument faire de l'élevage des gosses la seule gloire d'une femme. Oui, c'est bien, c'est noble, c'est tout ce que vous voulez, mais on peut difficilement dire que c'est franchement excitant pour tout le monde. D'ailleurs, si c'était si épanouissant que ça, la plupart des hommes de familles cathos-BCBG pleins d'enfants (mais pas seulement hein : on peut très bien être un mufle sans cela) se hâteraient un peu plus le soir pour rentrer avant que Madame ne se soit chargée toute seule du bain, des couches, du dîner, du ménage et du coucher.

Ensuite, j'aimerais bien qu'on m'explique en quoi c'est forcément mieux pour un enfant d'être élevé par une mère au foyer qui l'aurait allaité toute son enfance. Que je sache, je ne crois pas que Louis XIV ait été allaité et torché par Anne d'Autriche, ça ne l'a pas empêché 1. d'adorer sa mère et 2. de réussir pas trop mal dans sa vie. Cette configuration, à savoir la mise en nourrice des enfants, concerne l'écrasante majorité des enfants des franges supérieures des sociétés de l'époque moderne (noblesse d'abord, puis bourgeoisie plus ou moins modeste par imitation), et ils n'en sont pas tous morts, pour autant que je sache.
Oui, les médecins et les pédiatres s'accordent à dire que physiologiquement, cela peut être mieux pour un enfant d'être allaité pendant au moins six mois après sa naissance. Pour la mère, cela participe aussi de sa récupération (perte de poids, etc). Mais pour celles qui n'ont pas de lait ? Qui ne veulent pas (ne peuvent pas) allaiter ? On a toujours su se débrouiller autrement sans engendrer de catastrophe démographique, alors foutez-nous la paix avec ces histoires d'allaitement et de mère au foyer.

Enfin, beaucoup de femmes font des études. Ce n'est pas pour se retrouver aide-ménagère gratuite. Dans mon entourage, il y a des femmes professeurs de lettres classiques, ingénieurs, polytechniciennes, médecins... qui veulent avoir des enfants, les éduquer, en faire des êtres à part entière avec des valeurs, de la culture... mais qui n'ont pas forcément l'intention de renoncer aux plusieurs milliers d'euros par mois auxquels elles peuvent aspirer. Beaucoup disent que c'est de l'égoïsme de mères dénaturées. Et là non plus, je ne vois pas bien ce que vient foutre l'amour maternel là-dedans.

Pour ma part, je travaille pour l'argent, comme tout le monde, en fait. Si je pouvais être rentière, croyez-moi, je serais la première à ne plus en foutre une rame. Sauf que je ne me transformerais pas, je ne me transformerai jamais, en aide-ménagère gratuite. Car je ne considère pas que changer des couches et faire des lits soit une vocation et une fin en soi. Que ça soit essentiel et qu'il faille bien en passer par là, d'accord. Que l'on veuille y échapper si on en a la possibilité ne me paraît pas être le comble de la monstruosité.


Malheureusement, quoi qu'on fasse, on fera le mauvais choix. Tu veux t'arrêter de travailler ? Tu es une feignasse attardée entretenue par un homme. Tu veux faire des enfants, prendre ton congé maternité ? Tu es une traître à la cause, une pondeuse indigne du monde du travail. Tu veux travailler alors que tu as des enfants ? Tu es une salope égoïste, une mauvaise mère, tes enfants finiront drogués et prostitués, voire pigistes au Monde diplomatique.

Mais merde à la fin. On ne peut pas avoir le choix ?





lundi 18 octobre 2010

Les romans facebook : Quatuor, de Vikram Seth.


Comme je n'ai jamais pu emprunter Un garçon convenable, de Vikram Seth, que tout le monde m'avait conseillé - manifestement très demandé à la médiathèque de la banlieue pour riches - j'ai fini par m'emparer de Quatuor, du même.

Je n'aurais pas dû car je me suis considérablement ennuyée à lire les déboires d'une tête de con de violoniste pénible et hystérique, qui a plaqué dans sa jeunesse sa bonne amie (pianiste de son état) - d'une manière infiniment élégante, à savoir ne plus donner de nouvelles du jour au lendemain, et la retrouve dix ans après, mariée - c'est pas de chance.
La tête de con hystérique essaie de recoller les morceaux mais évidemment, ça rate - car la dame trompe joyeusement son époux et puis finalement s'en veut - et un peu de culpabilité judéo-chrétienne à deux roubles pour pimenter tout ça. Un peu de Guide Bleu, aussi - ça se passe à Venise à un moment. Et en plus, la pianiste est devenue sourde - et un peu de tragédie racinienne pour nous faire gober que c'est d'la grande littérature, ça, madame.

Le tout pour faire savant croule sous les termes techniques les plus raffinés, parce que l'auteur veut nous expliquer qu'il a lu La musicologie pour les nuls. J'ai lu après coup que le bonhomme avait (ou avait eu, j'ai pas bien compris) un compagnon musicien, ça doit être un traumatisme fondateur.

Je connais mal le milieu de la musique. Je connais très mal la musique en général, et c'est pas faute d'avoir tapé sur un piano du CP à la Terminale, avec des résultats assez peu glorieux, il faut bien le reconnaître. Aussi les déboires d'un quatuor qui se demande s'il vaut mieux jouer du Schubert en ut bémol majeur avant du Beethoven en la majeur m'ont-ils laissée totalement froide. Et la représentation des musiciens soit homosexuels pénibles et pleurnicheurs (sur le coup je me suis demandée si le type avait déjà rencontré un homosexuel dans sa vie, c'était avant que j'apprenne qu'il l'était lui-même, ce qui n'a pas laissé de me surprendre) soit hétérosexuels pénibles et pleurnicheurs, suffisamment exaspérante pour avoir envie de souffler au personnage principal quelque chose comme "mais on s'en fout, mon brave".

Pourquoi parlais-je plus haut de "roman facebook" ? C'est parce que ce genre de bouquins où on ne comprend pas pourquoi les gens se déchirent, se réconcilient, s'engueulent, s'adorent, se trompent ou couchent ensemble, me fait penser aux conversations de jeunes gens dans le métro, à base de textos, de statuts facebook et d'envois d'e-mails aux enjeux infiniment compliqués. Et à les écouter, vous ne parvenez pas à comprendre pourquoi tel statut facebook a entraîné une brouille mortelle, une rupture ou une coucherie. D'ailleurs vous ne voyez même pas le rapport entre ledit statut et ce qui s'est ensuivi, mais manifestement, tout ça est très grave.

Ou débile et dérisoire.

Eh bien voilà. Je n'ai pas compris pourquoi jouer La Truite et l'Art de la fugue étaient aussi importants pour cette histoire d'adultère - et en plus, je m'en fous. Je n'ai pas compris pourquoi on passait, au détour d'une phrase anodine, de l'adultère passionné à la culpabilité déchirante. Pourquoi à la page 245 on se roule des palots dans une église vénitienne, et à la page 246 on pleure sur son cas et on décide de rompre. Et je n'ai pas compris pourquoi c'était grave, du reste.


Ou alors c'est juste que les gens sont tous pénibles et pleurnicheurs ?

ça expliquerait pas mal de choses sur ce que j'entends quand j'ai les oreilles qui traînent dans le métro.

lundi 27 septembre 2010

Juste pour prévenir mais en vrac, hein.





Nous sommes présentement en vie et en train de faire de la peinture dans l'appartement dont nous sommes heureux propriétaires depuis une semaine.

Si quelqu'un a un truc pour enlever la peinture des cheveux (autre que "tu les rases", merci bien), je suis preneuse. Et aussi pour la peinture sur les sacs à main en cuir, les chaussures et les jeans.


Sinon, j'ai feuilleté La Carte et le Territoire de Houellebecq et ça m'a permis de rattraper quelques heures de sommeil en retard. Voilà plusieurs années, depuis la fois où j'ai lu Plateforme (en terminale ou environ), que je me demande bien à quoi ça rime, cette affaire.

Aussi emprunté les oeuvres complètes de PG Wodehouse à la bibliothèque, et ça me fait encore plus rigoler que Saki, c'est dire si c'est de la bonne came. On s'y pose notamment la question de savoir s'il est possible de séduire une fille en imitant la poule qui pond un oeuf, ou bien en avançant le fait de posséder la plus belle collection de chaussettes de Londres.



Entendu au monoprix de la banlieue pour riche :
- eh vazy putain t'as encore séché hier gros batard t'es vraiment génial toi ! (de la part d'une jeune fille aux yeux enamourés devant son boutonneux soupirant).
- Ah ta prof elle me saoule avec ses fourniture scolaires, elle est trop conne, j'espère qu'elle nous fera pas chier pendant le reste de l'année (de la part d'une mère de collégiens, manifestement très BCBG, mais qui a dû oublier les règles élémentaires du discours en public.).

Il fut un temps où c'était un peu la honte de sécher les cours. Un peu la honte d'être un cancre. Il fut un temps où l'on ne se permettait pas d'agonir d'insulte un professeur devant sa propre progéniture.
Maintenant, c'est une gloire de ne pas mettre un pied à l'école. Et le je m'en foutisme généralisé est soigneusement encouragé par des parents dont l'unique but semble être de défendre leurs malheureux rejetons torturés par ces gros nazis de profs. Cela ne m'étonnerait guère, du reste, d'apprendre que la dame sus-citée s'est un jour précipitée à une réunion parents-professeurs pour glapir que son chérubin est malheureux, et n'apprend rien, parce que les enseignants sont nuls et n'ont pas d'autorité.
Il faut dire que la dame fait tout ce qu'il y a en son pouvoir pour contribuer à asseoir l'autorité du professeur, cela va sans dire. Ce sera sûrement la même qui écrira un mot au professeur pour lui dire que Chouchou n'a pas fait la punition car elle estime excessif de devoir copier cent lignes pour avoir cogné son camarade et traité le professeur de tous les noms d'oiseaux.

Si ce genre de choses se voit dans la banlieue pour riche dans le lycée privé pour riches de la même ville, je vous laisse imaginer à quoi cela doit ressembler dans les collèges pourris de banlieue...





Et puis, quelques petites photos d'Espagne, comme il fait un temps pourri dehors, ça sera toujours ça de lumineux sur vos écrans - du moins sur le mien, ce qui n'est déjà pas si mal.

Bonne semaine !








Le jeu consiste, comme l'autre fois, à trouver de quoi qu'il s'agit sur les photos. Il y a du facile et du moins facile. Pour la troisième photo, c'est très très facile, c'est écrit dessus, avis aux paléographes épigraphistes et latinisants.

samedi 11 septembre 2010

Quand la crétinerie est reine...

Grâce à un blog de Grincheux, j'ai découvert l'existence de ça.

http://www.christ-roi.net/index.php/Accueil

Pour la petite histoire, il paraît que c'est tenu par des types de la fraternité Saint Pie X.

Ma première réaction : "mais LOL quoi !", comme dit ma petite soeur.

Ma seconde réaction : "tiens, allons quand même voir de plus près trois minutes". Evidemment, je suis allée explorer la partie sur "l'étendard du Diable" parce que quand même, ça avait l'air vachement plus rigolo.

Le prurit historien m'ayant démangée, j'ai bien évidemment cliqué sur "mythes historiques". Et là, surprise, j'ai découvert un catalogue de lutte façon "historiquement correct", vous savez, le machin publié par Jean Sévillia. Avec, dedans, un petit truc sur l'Affaire Galilée.

Ah me dis-je, ils sont peut-être un peu moins abrutis qu'ils n'en ont l'air, ces malheureux. Si ça se trouve, il y a des choses intéressantes dedans. Peut-être même un résumé du Galilée hérétique de Pietro Redondi.
Pour ceux qui ne l'ont pas lu (et c'est très mal), Redondi montre que la condamnation de Galilée est une affaire théologique mais surtout politique, liée aux angoisses de la papauté dans les années 1630, quand les armées protestantes de la guerre de Trente Ans commencent à infliger de sérieuses déculottées aux armées catholiques - heureusement que ça n'allait pas durer, du reste, et que cet affreux de luthérien qu'était Gustave Adolphe a fini par mourir sur le champ de bataille.
Les thèses de Redondi sont passionnantes même si parfois à nuancer.


Alors, que disent nos amis de l'étendard du Christ Roi ?

Eh bien que Galilée, finalement, sa condamnation par le Saint Office, il l'a bien pris en travers de la gueule, ce sale hérétique, surtout qu'en plus, eh bien, il faisait rien qu'à dire des trucs faux.
Je les cite :


"
Galilée fut condamné pour avoir affirmé qu'il avait prouvé la théorie copernicienne, la rotation circulaire uniforme de la terre autour du soleil. Théorie qui est fausse : comme nous le savons aujourd'hui, la terre effectue un mouvement d'ellipse à vitesse variable autour du soleil.

Détails sans importance ?

1. Il se trouve que ce mouvement en ellipse est le seul qui explique les aberrations du système copernicien. Aberrations qui étaient déjà connues à l'époque.

2. De plus, ce mouvement en ellipse, l'astronome Kepler l'avait déjà découvert par des calculs, et l'avait même communiqué à Galilée ! Mais celui-ci, du haut de sa superbe, ridiculisera cette découverte capitale, pour maintenir sa rotation circulaire uniforme, prouvée selon lui par le phénomène des marées. Preuve qui, elle, est totalement fausse, comme on le savait également à l'époque. Kepler d'ailleurs avait aussi donné la véritable explication des marées, liées à l'action conjointe de la lune et du soleil."


Passé mon premier mouvement d'étranglement, je me suis bien fendu la pêche, quand même.

D'abord devant ma naïveté : ces types-là sont bien évidemment incapables de lire, je ne dis même pas de comprendre, les thèses de Redondi. En revanche, ils restent bien les rois du pinaillage et de la chicane de mauvaise foi. On dirait moi, lorsque dans une route de montagne paumée, je m'évertue à faire croire à l'Époux que c'est pas moi qui sait pas lire une carte, que c'est lui qui, tout à l'heure, roulait sur la voie de droite alors qu'on aurait dû rouler sur la voie de gauche, et que donc, bon, il m'a induite en erreur, et qu'en plus les routes espagnoles sont super mal indiquées.

Ou un peu comme quand certains, quand vous avancez que Jean Paul II a dit un truc qui va plutôt dans tel sens (qui ne les arrange pas), vous rétorquent d'un air pincé que "ah mais le catéchisme de Jean-Paul II n'est pas infaillible, alors tout pape qu'il ait pu être, ça compte pour du beurre". Et toc.


À mesquin, mesquin et demi. J'ajouterai à mes remarques que

- on n'emploie pas le futur en histoire.

- justement, on évite d'avoir des considérations du style "... comme on le sait aujourd'hui". Ben eux, ils ne le savaient pas, 400 ans avant nous. C'est bien de faire les malins quand on connaît la fin de l'histoire, mais est-ce vraiment une preuve d'intelligence ?

- et qu'enfin, instiller des expressions du style "du haut de sa superbe", montre que vous portez un jugement de valeur, ce qui n'est pas davantage une manière intelligente de faire de l'histoire. Certains se sont fait coller à l'agreg pour moins que ça.


Oui, je sais. "mais pourquoi tu te fatigues à en parler, si c'est si nul que ça".


Parce que mes têtes de Turcs favorites sont inépuisables, et c'est réjouissant.




vendredi 10 septembre 2010

La photo ! la photo !



La photo de l'autre jour a donc été prise face à ça :



(qui est la cloche mise en place en 1492 pour marquer la fin de "777 ans de présence arabe" en Espagne - m'est avis que s'ils avaient pu mettre 666, ils auraient été encore plus contents, mais bon)

cloche qui se trouve en haut de ça :





Vouaye. L'Alhambra, c'est bien chouette quand même.



même si on n'a pas des masse aimé de devoir se lever à 6h pour faire la queue dès 7h pour rentrer à 8h30 dans le Saint des Saints, aussi par la présente, je voue aux gémonies le conservateur débilissime qui a eu l'idée de la limitation des places à 7700 par jour, avec entrées par tas de 250 dans les palais nazaris : pour vous bousiller le plaisir d'une visite en vous coinçant dans des hordes de touristes, y'a pas mieux.








lundi 6 septembre 2010

De retour.




Aha, je suis sûre que tout le monde a cru que j'avais disparu.

En fait, non, j'étais en vacances. Trois semaines, oui madame, oui monsieur. Avec l'Époux pour moi toute seule, sans avoir à le partager avec le Grand Kapital.

Nous fûmes en Espagne et nous arpentâmes, au grand désarroi de nos arpions, la Castille et l'Andalousie.

J'en ai récolté plein d'idées mais comme elles sont encore fumeuses, je les garde pour moi afin de les mettre en forme dignement d'ici peu.

Sur ce, j'ai plein de travail et des powerpoints d'histoire contemporaine (la bonne blague) à terminer donc allez plutôt lire les derniers et passionnants billets de la Souris des Archives.

J'ai dit.



(et pour les rusés, un petit jeu : devinez où cette photo a été prise. D'ici à ce que quelqu'un trouve, j'ai le temps de pondre mon Expérience de la Mélancolie sur l'Escurial)