vendredi 18 février 2011

En cuisine (3)

J'ai pas mouru, rassurez-vous (enfin pour ceux que ça intéresse), c'est juste que je manque cruellement d'inspiration et de temps pour écrire des trucs.

En attendant je fais plein de cuisine et comme ça après je vous raconte mes dernières créations. J'ai même amélioré la chose et maintenant, je fais des photos - si c'est pas trop bien.


Aujourd'hui, j'ai l'honneur et l'avantage de vous présenter le truc du moment : le roulé au fromage et fines herbes.

Vous avez besoin pour ce faire (pour 4 personnes et deux enfants - j'avais du monde à table dimanche dernier) :

de 6 oeufs
un poivron rouge (mais vous pouvez tenter votre chance avec de la betterave si vous êtes capable de manger des trucs rose pétant. Moi je peux mais par exemple, l'Époux, y peut pas)
du fromage genre "aïl et fines herbes"
du fromage râpé
de la menthe, du persil et des autres herbes aromatiques (coriandre, par exemple)
du sel et du poivre


D'abord, on coupe le poivron rouge et on l'épépine. Puis on le débite en petits bouts. Si c'est de la betterave, c'est pareil.
On casse les oeufs, on met les petits bouts de poivron avec et on passe le tout au mixer. Pas trop longtemps parce que les oeufs moussent (les crétins). On sale et on poivre. Puis on verse le tout sur une grande plaque allant au four (avec des bords), soit beurrée, soit tapissée de papier sulfurisé.
On colle tout ça au four chaud (200 °C, pour ma part, mais en même temps je fous toujours tout à 200 °C, alors c'est pas un exemple. Mais à 200°C, ça marche, au moins). Dix bonnes minutes, afin que l'omelette soit bien cuite.

Pendant ce temps, on mélange le fromage à l'ail et aux herbes, la menthe et les herbes aromatiques, le fromage râpé et tout ce que vous voulez d'autre. Une cuillère à soupe d'huile d'olive ne fait de mal à personne. Une fois j'ai même mis du jus de citron. On passe tout le mélange au mixer également.


Quand l'omelette est cuite, on la sort du four, et on étale le mélange au fromage dessus.

Ensuite, une fois que c'est un peu refroidi, y'a plus qu'à rouler l'omelette.


(et à faire tenir avec des petits cure-dents parce que moi, j'ai jamais de chance, et ça finit toujours par se dérouler, mais y'a pas de raisons que vous soyez aussi poissards que moi).

Et après, ça fait comme qui dirait un roulé.



Si. C'est bien un roulé. Qui se colle au frigo bien serré dans du film plastique ou du papier sulfurisé, le temps de bien refroidir.


Si vous faites des petites tranches, ça se sert en entrée avec de la salade. Ou en apéro. Mais on peut aussi faire des plus grosses tranches et en faire avec une grosse salade un plat de résistance, mais pour l'été.


(librement inspiré de Savez-vous planquer les choux, mon nouveau livre de recettes qui est tout à fait génial, il faudra bien que je vous en reparle).



jeudi 3 février 2011

Le gâteau de riz aux framboises.

Ma grande spécialité, c'est la récupération de restes - oui ben tout le monde n'est pas taillé pour découvrir le radium et le polonium, hein.

Et comme j'ai tendance à avoir toujours douze casseroles pleines de restes au frigo, c'est bien pratique.


Par exemple, quand il me reste du riz, au lieu de le faire réchauffer (tout le monde sait bien que le riz réchauffé, c'est dégueulasse), je fais des gâteaux de riz, en collant dans un saladier mon reste de riz, deux oeufs, de la crème de soja et du sucre.

Et puis parce que c'était rigolo, j'ai mis de la fleur d'oranger et des framboises surgelées.

Et un peu de zeste de citron.

J'ai mis la préparation dans des petits pots.

Et, au-dessus et au-dessous, un peu de caramel que j'avais fait l'autre fois et qui s'ennuyait dans le congélateur et dans son tupperware.


Et puis j'ai collé ça au four. En même temps qu'un gratin de courgettes parce que la chaleur tournante, c'est pas fait pour les chiens.
Quant le dessus est devenu bien doré et bien caramélisé, j'ai sorti les petits pots, je les ai mis sur le balcon parce que ça caillait sévère, et puis on a mangé le gratin de courgettes en attendant que ça refroidisse.


Le résultat tient assez bien au corps, mais c'est vachement bon quand même.


(pendant ce temps, le céleri-rave cuit dans la cocotte avec des carottes et un oignon).






mercredi 2 février 2011

Les brèves du lundi, on y croit !


1. Des nouvelles du céleri-rave : a été débité en petits bouts, cuit à la vapeur avec carottes et oignons (piqué de clous de girofles (ça, j'aurais pas dû, car l'Époux n'aime pas les clous de girofle (il dit que ça lui rappelle le dentiste (admettons)))). Puis le tout mixé avec de la crème, disposé sur des morceaux de poisson dans des cassolettes, recouvert de chapelure et de fromage râpé et passé ainsi au four.
Bah, c'était bien bon, alors merci de vos idées.
(la semaine prochaine, on recommence avec un brocolis, si vous le voulez bien).


2. Voilà qui va faire plaisir aux amis anglicistes qui passent par là : ça y est, je me suis mise à regarder des films en VO avec sous-titrage en anglais... pour la simple et bonne raison que les DVD de Jeeves et Wooster n'existent pas en version française. Et ô surprise ô allégresse, je comprends à peu près. Heureusement que j'ai quand même déjà lu les bouquins, sinon, j'aurais jamais compris l'histoire de Gussie Fink-Nottle, dont le passe-temps est l'étude du comportement des tritons.
Au moins, j'aurais appris un mot : triton se dit "newt" en anglais.


3. L'Époux m'a dit récemment qu'il trouvait Elvis Presley moche - j'étais en train de lui expliquer qu'Elvis, c'est (c'était, plutôt) quand même la sexytude incarnée. L'Epoux n'a aucun goût en matière de beauté masculine. Tss.


4. Un lien rigolo pour ceux qui "en" sont : le Dictionnaire du diable des bibliothèques. Excellent.


5. Autant la plupart du temps, les "piégeages" et autres caméras cachées me font moyennement marrer, autant j'aime beaucoup la gentille folie de celui-ci (organisé par le joyeux Montpelliérain, Rémi Gaillard).






Et sur ce, bonne semaine !

En cuisine.

Depuis que j'ai une vraie grande cuisine avec des tas de placards et un cellier (le tout faisant huit mètres carrés (mais pour un Parisien, passer de rien à huit mètres carrés, c'est la révolution (oui la révolution, rien que ça))), j'ai fait l'acquisition de tas de machins de cuisine.

D'abord, j'ai récupéré une cocotte-minute et une cocotte en fonte. Vous allez rire, mais j'en rêvais depuis longtemps (je suis une fille simple), et je n'avais bien évidemment pas les moyens de raquer deux cent quatre vingt euros pour une cocotte en fonte.
Ensuite, j'ai récupéré des couteaux qui coupent.
Ensuite, j'ai récupéré des casseroles avec la poignée qui se clipse et qui se déclipse. Ce qui n'a l'air de rien dit comme ça, mais en fait, c'est la révolution (bis), parce qu'on peut en empiler des tas sans que les poignées viennent compliquer la chose.
Enfin, j'ai récupéré des casseroles en vrai téflon (pas du chinois qui se barre dès que vous essayez de faire cuire une omelette).

Cerise sur le gâteau, à Noël, mes parents m'ont offert un magnifique robot ménager qui fait tout, même pétrir la pâte, qu'au début on n'y croit pas et puis tout d'un coup, sgrouitch, ça fait une boule de pâte, souple, parfaite, au fond du bol du mixeur - si c'est pas génial, qu'est-ce qu'il vous faut. C'est un nouveau mode de cuisine cosmique vers un nouvel âge réminiscent, en quelque sorte.

Avec tout ça, c'est formidable, maintenant, je me déchaîne dans ma cuisine. Avec une boîte de maquereaux, de la crème de soja et trois carottes, je peux faire des trucs dignes de Gordon Ramsay - ou presque.


L'étape d'après, c'est l'achat des trucs et des machins à cuisiner. Ma bonne conscience écolo me pousse donc à me fournir en fruits et légumes de saison - ça, c'est aussi pour la bonne conscience du portefeuille, puisque lesdits fruits et légumes de saison sont censés être moins chers. Du moins c'est ce qui est dit chez Auchan.

Bref, c'est ainsi qu'avec enthousiasme j'ai fait l'acquisition ce jourd'hui d'un céleri-rave. Parce qu'en général, les fruits et légumes de saison sont souvent assez moches, ont des noms qui fleurent bon la Troisième République (ronds-de-cuir, cassoulet et thème latin, quoi), et on n'en voit pas souvent sur les marchés.
C'est ainsi que le livreur m'a apporté mon céleri-rave. Qui, vérification faite dans mon livre-référence, est bien un légume de saison, mais pas de la présente, puisqu'il se ramasse plutôt en août-septembre.

C'est un peu con pour l'écologie, en fait.

C'est surtout un peu con sur moi qui n'ai même pas un début d'idée sur ce que je vais bien pouvoir foutre de mon céleri-rave, lequel attend sagement d'être lavé dans une passoire en plastique orange.


Bref, si vous avez un peu de compassion pour les céleris-raves, et des idées pour que je lui fasse un sort digne de lui, merci de les poster ci-dessous.



(une autre fois, je ferai un post très intéressant et très engagé).








mercredi 26 janvier 2011

Après le 21 janvier.



Ce 21 janvier, nous avons pendu notre crémaillère. Le choix de la date a fait rigoler les fins esprits de notre entourage.
Parmi les trucs qui m'insupportent, il y a la commémoration éplorée du 21 janvier et le dégueulis récurrent sur les "crimes de la République" dont l'exécution de Louis XVI est censé être le premier acte.

Avec la mauvaise foi qui est la mienne, j'adore faire remarquer que la royauté en France est morte bien avant le 21 janvier 1793, c'est-à-dire le 10 août 1792 avec la prise des Tuileries. Et la République, elle, est née après la victoire de Valmy, en septembre 1792.

La mort de Louis XVI ne signifie rien. Il s'agit seulement de l'exécution d'un perdant politique, et, sauf le respect des royalistes, d'un perdant notoirement nul politiquement. Courageux sur la fin, certes, mais qui s'est réveillé trop tard.
Comprenez, si vous voulez chercher le vrai changement de la Révolution, allez le chercher ailleurs que dans la mort du roi. Pour vous en convaincre, regardez ce qui s'est passé ailleurs, en Angleterre, par exemple, où l'on fait de l'exécution royale un sport national, du Moyen-âge au pauvre Charles Ier : voyez, ce n'est pas parce qu'on décapite un roi que les choses changent. Preuve en est qu'après en avoir tué et viré plusieurs comme des malpropres, eh bien, ils en ont toujours, des rois (à grandes oreilles certes, mais des rois quand même)

(et pour ma part, j'aime beaucoup Charles Ier, qui est tout de même bien plus sexy que Louis XVI.)

Le problème est que l'on observe les choses par le petit bout de la lorgnette : la Révolution vue de la Cour et de la haute noblesse de France. Ce qui représente quelques "pourcent" de la population française à cette époque : bilan, ça ne fait pas lourd pour essayer de comprendre les choses. La mort du roi, ça relèverait presque du non-événement.
Le vrai changement révolutionnaire, c'est l'abolition des privilèges. Là encore, le plus important, ce n'est pas seulement les trois paysans excités qui vont brûler les papiers avec les aveux et dénombrements du seigneur local. Ou la fin du droit de cuissage qui n'existait même pas, en plus. L'abolition des privilèges, c'est surtout la fin des corporations, et l'ouverture, pour la première fois, au libéralisme. La fin des privilèges, c'est l'égalité devant l'impôt mais aussi la liberté de la presse - du moins, une ébauche.

Si vous voulez vous en convaincre, demandez-vous un peu pourquoi les paysans de Vendée se sont soulevés : pas pour un roi dont ils n'avaient rien à faire, mais parce qu'ils avaient eu le sentiment (et ce n'était pas qu'un sentiment) de s'être fait enfler au moment de la vente des biens nationaux.

Et quant à la violence révolutionnaire, supposée être l'ancêtre du nazisme... sans rire, vous me trouvez une seule guerre/révolte/soulèvement d'Ancien régime qui ne soit pas caractérisé par une extrême violence de part et d'autre ? C'est-à-dire, où l'on n'assassine pas au coin d'un bois les représentants de l'État, et où l'on ne pend/roue/décapite pas les agitateurs ?




Étant venue à l'histoire en étudiant la Révolution avec un excellent professeur en classe de seconde, j'ai toujours une certaine tendresse pour cette période - qui n'est pas, loin s'en faut, ma spécialité, puisqu'aujourd'hui je donne dans l'histoire religieuse et sociale des pouvoirs politiques du premier XVIIe siècle... Mais je n'aime pas bien la position hautaine qui consiste à cracher sur des hommes qui ne sont plus là pour se défendre, et dont le courage dépasse, de loin, tout ce que l'on peut imaginer. J'aurai toujours plus d'estime pour Saint-Just que pour ceux qui se complaisent, bien cachés derrière leurs écrans d'ordinateurs, à conspuer un monde moderne dont ils font, malgré tout, partie. Personne, aujourd'hui, n'a le millième du courage de Robespierre. Que les conspueurs de la Révolution prouvent aussi leur valeur. Qu'ils fassent aussi puissant, aussi grand, aussi exaltant.

Je les attends au tournant.





vendredi 7 janvier 2011

Parmi les trucs inavouables.

Parmi les trucs inavouables dans les hautes sphères de la pensée, il y a le fait de ne pas apprécier (voire de détester) tel ou tel grand écrivain.

Aujourd'hui, une copine m'a demandé si j'avais en horreur un écrivain en particulier. J'ai dit oui.

Moi par exemple, c'est Proust, qui m'exaspère. C'est plus fort que moi. Enfant de prof de lettres, j'ai essayé de le lire une première fois à 14 ans (pour ceux que ça surprend, je venais de terminer la Nouvelle Héloïse et La Vie de Marianne, et ça m'avait transportée), ça m'a rasée. Une seconde fois en prépa : je me suis arrêtée à peu près au même endroit, au milieu de "Du côté de chez Swann". Une troisième fois, l'an dernier - j'ai dû passer à peu près le troisième quartier du même.

Proust me tombe des mains. Il m'insupporte, lui et ses manières précieuses de premier de classe. Vous savez, le type insupportable du collège, du lycée ou de la fac, qui ne peut s'empêcher de vous adresser la parole sans citer un aphorisme bidon ou vous faire remarquer que les coquelicots lui rappellent la teinte bleutée d'un ciel de Poussin. Proust, lui, c'est plutôt la moindre poêle à frire qui lui rappelle un tableau de Giotto, mais c'est l'idée.

Proust m'énerve avec ses manières de petit-bourgeois qui voudrait bien entrer au Jockey-Club.

Proust m'exaspère avec ses blagues qui tombent systématiquement à plat.

Proust m'emmerde avec ses personnages qui sont soit des têtes de cons insupportables, soit des lavasses tout à fait inintéressantes (Swann, par exemple...)


Tout ça pour quoi ? Pour dire que c'est en lisant Proust que j'ai compris pourquoi Houellebecq m'était insupportable, à cause du même truc, qu'on appelle aujourd'hui le "name-dropping". Bon évidemment, c'est pas le même calibre : si Proust me gonfle avec son Giotto (en plus, Giotto me laisse complètement froide), Houellebecq, c'est plutôt sa machine Nespresso et ses tirages mappy dans la boîte à gants de sa Peugeot, mais passons.

Le plus drôle dans tout ça, c'est que je n'arrive pas à trancher la question de savoir si ça vexerait Houellebecq qu'on le compare à Proust.




mercredi 5 janvier 2011

Les brèves du nouvel an.

1. Je vous souhaite bien évidemment une très heureuse et sainte année. Qu'elle vous apporte tout ce que vous souhaitez, à vous et aux vôtres.


2. Il y a des crétins inoffensifs, et des crétins malfaisants, comme ceux qui vous expliquent que pour être vraiment écolos, il faut arrêter de faire des gosses, et on va tous mourir pour sauver des drosophiles et autres gentils nanimaux. Floréale leur répond magistralement.


3. J'ai enfin lu Geisha, d'Arthur Golden - le bouquin qui a inspiré le très beau film Mémoires d'une Geisha. C'est comme le film mais sans les images - et faut pas compter sur le sens poétique du bonhomme pour les images. Bref, beaucoup moins intéressant. Ce qui est drôle, c'est l'ego surdimentionné du bonhomme qui suinte à chaque page - il paraît qu'il se qualifie lui-même "l'un des auteurs les plus talentueux de sa génération" - et sa tendance à faire cours d'histoire sociale du Japon des années 1930 au lieu de nous raconter une histoire. Mais bon, ça se lit vite et on comprend tout.


4. Je me suis tordue de rire toutes les vacances à lire le pavé "Jeeves" de P.G. Wodehouse publié chez Omnibus. Je suis complètement dingue de Bertie Wooster, cet attachant glandouilleur qui attire les situations les plus farfelues, et les décrit avec une délicieuse désinvolture.


5. À mon grand désespoir, mes parents continuent de regarder avec application la série "Un village français".


6. Si vous voulez rigoler (ou pleurer), allez donc voir les "prénoms tendance de 2011". Ce qui m'intrigue le plus, c'est cette tendance à vouloir donner des noms de chien à des gosses. Honnêtement, qui, à part un sadique, oserait appeler sciemment et sans rire sa fille "Louka" ou son fils "Kenzo" ?


7. Et sur ce, bonne semaine à tous !