mercredi 7 juillet 2010
lundi 5 juillet 2010
Libération.
Étant d'une crédulité désarmante dans le domaine de la cosmétique et des trucs-de-fille, j'ai lu récemment dans Elle que, quand on avait les mains sèches, un bon truc consistait à s'enduire les mains de cold cream, d'enfiler des gants de vaisselle et de faire la plonge. Les gants en caoutchouc faisant effet occlusif et l'eau chaude accélérant le processus de pénétration de la crème dans l'épiderme.
En bonne andouille qui croit dur comme fer que cette nouvelle crème de jour va la faire rajeunir d'au moins deux semaines, j'ai essayé. Pour une fois, je fus ravie, car cela fonctionna au poil. J'avais les mains parfaites (mes gants de vaisselle, en revanche, sont inutilisables). J'en tressaillais de joie.
Cette note absurde était donc, de manière parfaitement discriminatoire, destinée à mon lectorat féminin.
Mais qu'est-ce qu'elle nous gonfle avec ses histoires de filles, vous demandez-vous un poil agacé - et vous avez raison, car vous êtes habitués à mieux.
En fait, je me disais aussi que cette information pouvais aussi t'intéresser, ô toi le mâle soumis et symboliquement castré par ta femme qui t'oblige à faire la vaisselle et qui ne va pas tarder à te demander le droit d'aller bosser (et de montrer ses cuisses en mini-jupe dans le métro, ah, la perfide !). Montre-lui cet article et tu vas voir qu'elle va y retourner fissa, à la plonge.
Mais, vas-tu m'objecter, ça va me coûter cher en cold cream et en gants de vaisselle, cette affaire.
Eh oui, mon brave, tout a un prix, y compris la non-libération de la femme.
Et toc.
jeudi 1 juillet 2010
Faudrait penser à pas voir des génocides partout, à la longue c'est lassant.
(Un jour, je vous dirai pourquoi je déteste les librairies. Encore que, pour ceux qui me connaissent, vous devinez probablement la raison essentielle : les libraires prennent les gens pour des cons et je n'aime pas ça).
Bref, je reçois des publicités pour acheter des trucs sur la mystique de sainte Radegonde, l'histoire des Templiers, la vraie histoire de Jeanne d'Arc (mais la vraie histoire, hein, pas l'histoire des vilains universitaires gauchistes), et en général, il y a toujours un bouquin sur le génocide vendéen.
Une fois, j'en ai acheté un, pour la déconne (à l'époque y'avait pas encore les traites de l'appartement à payer). Ouragan sur la Vendée, que ça s'appelait - rien à voir avec la tempête de 1999, je précise. J'ai dû payer ça une douzaines d'euros pour cinq cent pages, soit un bon rapport poids-qualité-prix.
Le truc avait été écrit dans les années 1980, au moment où on a commencé à se rouler par terre dès qu'on parlait de la Révolution - j'étais encore petite mais entre les aficionados du Bicentenaire et les types à peine remis de l'émigration (deux cent ans quand même pour s'en remettre, hein), je me souviens qu'à l'école, ça s'accrochait déjà beaucoup entre instits.
Je précise que j'ai eu des instituteurs gratuits, laïcs, barbus et obligatoires, et que dans le tas, on comptait probablement une bonne moitié d'anti-révolutionnaires, et qui en faisaient en cheval de bataille personnel, à croire que tout ça avait encore un sens deux cent ans plus tard.
Bref, le type du bouquin, il s'appuie sur les épisodes bien larmoyants de la guerre de Vendée pour vous expliquer tranquillement que tout ça, c'est rien qu'un génocide comploté par les vilains francs-maçons et les proto-communistes contre la Vraie France fidèle à Dieu et à son Roi. C'est très rigolo parce que ce n'est absolument pas historique (mais ça balance beaucoup de chiffres) mais c'est plutôt bien écrit - si on aime l'erzatz de sous-flamme gaullienne période Mémoires de guerre.
Comment dire les choses sans être horriblement désinvolte - car on parle de guerre et de morts, là, quand même ?
Bon, allons-y quand même. Cette affaire de "génocide vendéen" me fait bien rigoler. D'abord parce que ça prouve que les gens qui parlent de ça n'ont pas la moindre idée de ce qu'est un génocide. Pour autant que je sache, un génocide, c'est quand on cherche à éradiquer un peuple - et qu'on y réussit plus ou moins. Du genre que ça fait des millions de mort, et tout. Bon, soyons clairs, il y avait encore pas mal de monde en Vendée à l'issue de la Révolution - c'est pas tout à fait la même ambiance que la Pologne fin 1945, voyez ?
Deuxième chose : parler de génocide vendéen, c'est un peu découvrir que la guerre, ça fait mal, surtout à cette époque. Oui oui, ça fait du genre des milliers de morts, des viols, des pillages, des crimes de guerre affreux. Si on commence à parler de génocide pour la Vendée, je propose qu'on parle de génocide allemand pour la guerre de Trente Ans. Je propose qu'on parle de génocide nègrepelissien perpétré par Louis XIII lorsqu'il a repris la ville aux vilains calvinistes, tout crâmé et massacré pas mal de monde en 1622. Tiens, et aussi pour la Guerre des Gaules (deux millions de morts, quand même), le massacre de Béziers en 1209 ?
Hé oui, faire la guerre à l'époque moderne, ce n'est pas faire dans la dentelle. C'est dégueulasse, même. La guerre de Vendée ne fait pas exception. De même, les estampes de Callot, plus tard celles de Goya, font frémir, assurément, mais c'est la triste réalité de la guerre - et du massacre de masse allègrement pratiqué depuis la nuit des temps.
Sauf que... à ce rythme-là, le terme de génocide, finalement, ne veut rapidement plus rien dire.
Enfin, qu'on fasse des martyrs de la guerre de Vendée, je me marre. À peu près tout les historiens sont d'accord pour estimer que les Vendéens et les Chouans bretons n'en avaient plus ou moins rien à taper du Roi et du pape. Le début de la révolte contre-révolutionnaire commence quand le petit peuple des campagnes pige le coup de la vente des biens nationaux, qui ne profite qu'aux riches. L'habillage royaliste et catholique vient après coup, lorsque les ecclésiastiques et les quelques nobles anti-révolutionnaires ont utilisé pour rallier le peuple à leur cause, c'est-à-dire défendre leur pognon avant tout - le roi, oh, le roi, c'était bien loin tout ça. Il me semble que l'illustre Jean Clément Martin a fait le tour de la question.
Aussi, s'esbaudir à chaque fois qu'on trouve une fosse commune en Vendée, c'est un peu découvrir l'existence de la lune. Tiens, la guerre, c'est violent. Sans déconner. Allez demander à un Alsacien du XVIIe siècle, de ce qu'il pense de l'assimilation de l'Alsace par les rois de France. Lisez un peu le journal de Pierre-Ignace Chayatte sur ce qu'il pense de Louis XIV et de l'annexion de Lille à la France. Et le sac du Palatinat, tiens ? Et celui de Magdebourg ? Et celui de Constantinople ? Pourtant, là aussi, il y a eu des massacres de femmes et d'enfants, des charniers, des outrages aux cadavres, des villes rayées de la carte.
Et pourtant, ce sont de bons chrétiens qui les ont perpétrés. Génocides ? ou alors, ceux-là, c'était pour la bonne cause, ça ne compte pas ? Faudrait voir à pas déconner, non plus.
Je préfère ne pas m'étendre non plus sur l'indécence qu'il y a à comparer l'histoire de l'Allemagne et du nazisme au premier XXe siècle, et à la Révolution française de 1793, mais passons, je considèrerai qu'il s'agit là des méfaits de la conception cyclique de l'histoire contre laquelle ne j'ai pas fini de m'égosiller.
Un très grand historien de l'art du Moyen-âge va jusqu'à affirmer que pour faire de l'histoire moderne et médiévale, être chrétien (ou du moins avoir une très solide culture chrétienne) peut être une condition pour comprendre, ressentir les intimités de ces gens. J'adhère pleinement à cette idée.
En revanche, l'appréhension des faits à la sauce émotive et confessionnelle ne me paraît pas une manière intelligente de faire de l'histoire - pas plus que de faire de l'histoire à la sauce anticléricale. Il ne s'agit pas de mettre ses convictions à la porte à chaque fois qu'on se met à travailler. Je ne crois pas du reste à la réelle impartialité de l'historien.
Mais réfléchir à ce qu'on dit et ce qu'on sait, définir les choses justement et cesser de brandir un étendard politico-confessionnel à chaque fois qu'on veut écrire une page d'histoire, ça ne me paraît pas si compliqué.
lundi 28 juin 2010
Vice caché, 1.
Voilà, c'est dit. En ce moment, j'ai un faible pour Circus. Le clip est bien fichu, réussi visuellement (sauf cette manie dans la manière de filmer aujourd'hui : pas un plan de plus de deux secondes).
Et après tout, cette fille a beaucoup d'humour et les paroles témoignent d'un bon sens de l'autodérision.
(eh, quoi, je peux pas mettre une vidéo de William Christie à chaque fois.)
(et désolée pour la pub avant, j'ai dû aller chercher une vidéo ailleurs que sur youtube).
jeudi 24 juin 2010
Talents cachés - le manuel du parfait petit chercheur, 3.
- dans la catégorie "trucs utiles" : taper à l'ordinateur rapidement (plus de dix pages de thèse par jour - on est bien obligé, quand on découvre le 1er mai qu'on doit rendre ses 200 pages de mémoire pour le 30 du même mois, alors qu'on pensait que c'était pour la fin juin), faire une feuille de style, ne jamais céder face aux caprices d'un ordinateur ("tu m'enregistreras ce fichier pdf ou je te laisse toute la poussière de la dernière semaine d'archives" ou "tu parleras, saleté de moteur de recherche ! où j'ai enregistré le fichier des contrats de mariages 1600-1650 ?").
- catégorie talents de société : parce qu'on devient vite un compulsif de wikipedia, on apprend à parler de tout et même du reste. Surtout du reste, d'ailleurs. D'autant que les gens, quand ils tombent sur un historien, posent en général trois questions : une sur la guerre de 14, une sur Napoléon et une sur Louis XIV (en général, c'est "était-il homosexuel ?" - j'ai jamais compris d'où venait cette légende sur l'homosexualité de Louis XIV). En ce qui me concerne, je travaille sur des personnages relativement peu exotiques, et pourtant on ne m'interroge qu'extrêmement rarement sur eux. Je n'ose même pas imaginer ce que vivent les copains médiévistes ou antiquisants, ça doit être "ah mais ça existe ça ?".
Au demeurant, il n'y a pas très longtemps, une amie commerciale m'a demandé si il y avait une économie au XVIIe siècle. Sur le coup, j'ai hésité dans le choix d'une réponse.
Autre talent de société rigolo : prendre des photos d'archives bien moches et les montrer à son entourage pour le plaisir de montrer ses aptitudes paléographiques. Suscite des "ho" et des "ha". Extraordinaire - mais ne pas en abuser sous peine de passer pour un gros pervers - vous trouvez ça normal, un type qui se balade avec un ordinateur rempli de photos d'archives ?
- catégorie talents de vipère de société : quand on fait de l'histoire de la parenté, on passe ses journées dans le Minutier Central des notaires parisiens, et dans le Cabinet des Titres de la bnF. Le Cabinet des Titres, c'est le machin où sont rangés toutes les compilations possibles et imaginables de preuves de noblesse des familles françaises. De fait, à force, vous finissez toujours par tomber sur les preuves de noblesses d'une famille que vous connaissez. Très amusant à faire : profitez d'une conversation avec l'un des rejetons de la famille pour laisser entendre que vous connaissez parfaitement la date d'anoblissement de la famille en question, date qui prouve que si l'ancêtre du type a fait les croisades, c'est comme votre aïeul, à savoir en qualité de mulet.
Inconvénient : ces gens-là finissent par éviter de vous fréquenter car votre vue leur rappelle que l'arrière-arrière-grand-père était marchand de vin, et que Louis XIV leur a généreusement octroyé un titre pour avoir fourni à bas prix du pinard pour le régiment de Picardie. Et que finalement, vanité des vanités, etc.
Encore plus drôle : tomber sur une famille qu'on connaît dans les archives concernant la radiation des listes de noblesse lors des enquêtes de Colbert.
Si vous tombez sur un vrai aristocrate, vous serez cela dit agréablement surpris par le fait que celui-ci sait bien comment tout ça a fonctionné et fonctionne aujourd'hui. Et qu'il est le premier à rire de bon coeur de ses origines de marchand de vin.
- catégorie trucs débiles mais rigolos : apprendre à faire marcher une machine pour lire des microfilms. Comment se prendre pour James Bond pour la modique somme de 30 euros (prix d'une carte de lecteur de la BnF ou des Archives nationales).
Encore plus drôle : commander un microfilm dans une bibliothèque et le conserver chez soi - le ressortir régulièrement devant les connaissances pour crâner un peu - le microfilm, c'est tellement 1970...
- catégorie self control : ne jamais perdre la maîtrise de soi face à un fonctionnaire : non, votre document commandé hier matin n'est toujours pas arrivé. Oui, ça fait six fois qu'on vous dit qu'on va faire quelque chose. Non, il n'est pas en magasin, il n'est pas non plus arrivé ici, et il est marqué communiqué. Vous êtes sûre que vous ne l'avez pas eu et que vous vous êtes trompée ?
Respirez par le ventre. Un entraînement sans pareil pour résister aux bouffées de crises de nerfs qui peuvent parfois vous prendre à la Poste, aux Impôts, à la Sécu, devant le site voyages-sncf.com.
mardi 22 juin 2010
Sacré Charlemagne.
Vu que je commence à avoir par mal de copains professeurs un peu partout (privé, public, enseignement supérieur), je commence à avoir un certain nombre d'exemple sous le bras, de parents qui viennent hurler à la mort sous divers prétextes (essentiellement, qu'on martyrise leur mioche) et finissent par conclure que "de toute façon, je pense retirer mon enfant de votre établissement, et le mettre dans le privé".
À quoi je prône de répondre : "mais allez-y, sans déconner, vous croyez vraiment qu'on va pleurer de ne plus voir sa tête ?". Vous croyez vraiment que les profs sont là pour faire du nombre ? Vous croyez vraiment que votre gamin est irremplaçable ? Et en outre, sans rire, maintenant, le privé est-il si bon que ça ?
J'en ai connu, des familles super BCBG, qui, avec leur 6-8 enfants, cognaient sur le public, mauvais, putride et rempli d'enseignants gauchistes, mais qui étaient bien contents de ne rien payer pour l'instruction de leur mioche (c'est que ça coûte des sous, de faire bouffer tout ce petit monde, alors on n'a plus de sous pour l'école). Une fois, une copine était tombée sur l'un de ces pères hargneux, vindicatif, engoncé dans ses contradictions de chef de rayon chez carrouf' qui voudrait bien jouer dans la cour des aristocrates. Quand elle a laissé tomber, impavide, que "ah ben vous savez, allons chez le proviseur, on signe tout de suite que vous retirez vos enfants du lycée, comme ça vous n'attendrez plus", il fallait le voir devenir tout rouge, balbutier que "non mais heu, c'est pas ce que je voulais dire, hein...".
J'en ai connu, dans ces mêmes familles, des qui glapissaient que l'école publique est tellement nulle qu'on allait faire classe à la maison, d'ailleurs maintenant c'est maman qui allait s'en charger. Je m'étouffe de rire. Dans ces familles où maman a très souvent au mieux le bac ou pas grand chose de plus (allez, une licence de lettres modernes ?), je veux bien que maman puisse apprendre à ses gosses à lire, écrire et compter (et papa à changer une roue quand ils crèvent) mais tout le reste, je vois bien ça d'ici.
Quant à la possibilité de choisir "de donner une éducation avec des valeurs", je m'étrangle. J'en ai connu, des gens pourtant absolument charmants, qui vous expliquent tranquillement qu'ils ont mis Chouchou dans le privé parce que "c'est scandaleux, dans le public, ce qu'on leur fait étudier" - à savoir, la reproduction en biologie, et des trucs hyper subversifs, genre La Morte amoureuse de Théophile Gautier (pour ceux qui ne l'ont pas lu, c'est l'histoire d'une vampire qui tombe amoureuse d'un prêtre, imaginez la subversion).
Bien sûr, il y a des vilains gauchistes parmi les profs. Il y a aussi beaucoup de cons et de lavasses (mais, pour ceux qui travaillent dans le privé, amusez-vous à compter les crétins et les lavasses autour de vous, vous serez surpris de voir qu'ils sont nombreux, et en plus, pas toujours rapidement virés). Mais je me permets humblement de faire remarquer aux thuriféraires du privé que d'abord, on passe les concours de l'enseignement privé non pas par conviction, mais parce que c'est plus facile (bah oui). Donc, attention, naïfs ! si ça se trouve, il y aura sans doute de vilains mécréants parmi les enseignants de l'établissement que vous aurez choisi avec tant de soin. Peut-être même un vilain gauchiste, si ça se trouve.
Et puis, si les profs du privé étaient meilleurs que les autres, ça se saurait. Surtout, en fait, on se demanderait pourquoi les chefs d'établissement du privé font tout ce qu'ils peuvent pour débaucher les agrégés du public - je rigole. C'est que j'en ai eu, tout au long de ma scolarité, des nanas complètement incultes et nulles en anglais qui étaient néanmoins autorisées à l'enseigner parce que vous comprenez, elle a été dans l'école depuis la maternelle et elle fait déjà hyper bien le caté, alors...
En outre, il est proprement scandaleux de constater que le privé hors contrat s'autorise des justifications du style "ouiiii bah au collège, on ne fait quasi pas de sicences parce que c'est trop compliqué à mettre en place". Je sais bien que dans les collèges Jésuites, au XVIIe siècle, etc. Mais demandez-vous pourquoi les collèges des oratoriens, à la même époque, avaient plus de succès ? Parce qu'il y avait des sciences au programme, et que sans déconner, le latin c'est bien joli mais ça ne nourrit pas son homme. Et quoi qu'il en soit, on n'est plus au XVIIe siècle - croyez bien que je le regrette, mais c'est ainsi.
Le principe de l'instruction, c'est justement de faire un peu de tout. Pas de refuser de faire de la biologie parce que c'est pas compatible avec (la lecture qu'on croit faire de) la Genèse.
Quant à l'ambiance et à l'entre-soi... allez, faisons une page autobiographique : j'ai été à l'école gratuite , laïque et obligatoire dans mon enfance. J'ai ensuite fait tout mon secondaire dans le privé sous contrat catholique. Je crois pouvoir affirmer qu'au collège, nous étions deux sur trente à aller à la messe le dimanche en famille. Et au lycée, j'étais sans conteste la seule. Et je préfère passer sous silence les affligeantes séances de catéchisme qui se résumaient à Dieu est amour, Jésus est ton ami (remarquez c'est déjà pas si mal) et la méthode Billings c'est bien, et les filles c'est fait pour faire des bébés. On oscillait entre la nunucherie sulpicienne et le snuff-movie avec les documentaires sur l'avortement bien dégueulasses. Je me demande du reste encore si ce n'était pas un complot franc-maçon infiltré pour détourner de jeunes adolescents du catholicisme...
Qu'on ne se méprenne pas. Parmi les mérites du système français, il y a la possibilité de choisir entre le public et le privé dont les prix sont en général abordables - ce qui est rarement le cas ailleurs. La possibilité du choix me semble louable. En revanche, je n'apprécie pas que des crétins adeptes de l'entre-soi BCBG me considèrent comme un sous-répétiteur gratuit qu'on peut considérer comme un paillasson (puisque gratuit) alors qu'on encense le privé. J'apprécie encore moins de me faire intégralement attribuer la déliquescence de l'instruction chez les jeunes gens, qui sont pourtant censés être éduqués par les parents - je suis prof, pas nounou. Car voyez-vous, dans le privé chic aussi, on fume des joints et on traite les professeurs de sale bâtard - ma copine N..., prof de français dans un lycée très hype de banlieue parisienne, en sait quelque chose. Quoi ? Quoi ? Serait-ce possible ?
Breeeef. Tout ça pour dire que le prochain qui me fait la blague du "alors t'es en vacances ou en grève ?", j'y demande si c'est le cas pour son cerveau aussi. Et pour répéter que si vous n'êtes pas content du public, votre portefeuille est ouvert. Ma patience, beaucoup moins.
mardi 15 juin 2010
Frais de porc.
Honnêtement, je me contrefous de l'affaire de l'Apéro Saucisson pinard.
En revanche, je déteste me faire prendre pour un bulot. Comme par exemple ce midi, où le rôti de porc annoncé comme composante de mon sandwich acheté à prix d'or dans le Marais, s'est avéré n'être qu'une bête tranche de jambon.
Non mais ho.