lundi 27 septembre 2010

Juste pour prévenir mais en vrac, hein.





Nous sommes présentement en vie et en train de faire de la peinture dans l'appartement dont nous sommes heureux propriétaires depuis une semaine.

Si quelqu'un a un truc pour enlever la peinture des cheveux (autre que "tu les rases", merci bien), je suis preneuse. Et aussi pour la peinture sur les sacs à main en cuir, les chaussures et les jeans.


Sinon, j'ai feuilleté La Carte et le Territoire de Houellebecq et ça m'a permis de rattraper quelques heures de sommeil en retard. Voilà plusieurs années, depuis la fois où j'ai lu Plateforme (en terminale ou environ), que je me demande bien à quoi ça rime, cette affaire.

Aussi emprunté les oeuvres complètes de PG Wodehouse à la bibliothèque, et ça me fait encore plus rigoler que Saki, c'est dire si c'est de la bonne came. On s'y pose notamment la question de savoir s'il est possible de séduire une fille en imitant la poule qui pond un oeuf, ou bien en avançant le fait de posséder la plus belle collection de chaussettes de Londres.



Entendu au monoprix de la banlieue pour riche :
- eh vazy putain t'as encore séché hier gros batard t'es vraiment génial toi ! (de la part d'une jeune fille aux yeux enamourés devant son boutonneux soupirant).
- Ah ta prof elle me saoule avec ses fourniture scolaires, elle est trop conne, j'espère qu'elle nous fera pas chier pendant le reste de l'année (de la part d'une mère de collégiens, manifestement très BCBG, mais qui a dû oublier les règles élémentaires du discours en public.).

Il fut un temps où c'était un peu la honte de sécher les cours. Un peu la honte d'être un cancre. Il fut un temps où l'on ne se permettait pas d'agonir d'insulte un professeur devant sa propre progéniture.
Maintenant, c'est une gloire de ne pas mettre un pied à l'école. Et le je m'en foutisme généralisé est soigneusement encouragé par des parents dont l'unique but semble être de défendre leurs malheureux rejetons torturés par ces gros nazis de profs. Cela ne m'étonnerait guère, du reste, d'apprendre que la dame sus-citée s'est un jour précipitée à une réunion parents-professeurs pour glapir que son chérubin est malheureux, et n'apprend rien, parce que les enseignants sont nuls et n'ont pas d'autorité.
Il faut dire que la dame fait tout ce qu'il y a en son pouvoir pour contribuer à asseoir l'autorité du professeur, cela va sans dire. Ce sera sûrement la même qui écrira un mot au professeur pour lui dire que Chouchou n'a pas fait la punition car elle estime excessif de devoir copier cent lignes pour avoir cogné son camarade et traité le professeur de tous les noms d'oiseaux.

Si ce genre de choses se voit dans la banlieue pour riche dans le lycée privé pour riches de la même ville, je vous laisse imaginer à quoi cela doit ressembler dans les collèges pourris de banlieue...





Et puis, quelques petites photos d'Espagne, comme il fait un temps pourri dehors, ça sera toujours ça de lumineux sur vos écrans - du moins sur le mien, ce qui n'est déjà pas si mal.

Bonne semaine !








Le jeu consiste, comme l'autre fois, à trouver de quoi qu'il s'agit sur les photos. Il y a du facile et du moins facile. Pour la troisième photo, c'est très très facile, c'est écrit dessus, avis aux paléographes épigraphistes et latinisants.

samedi 11 septembre 2010

Quand la crétinerie est reine...

Grâce à un blog de Grincheux, j'ai découvert l'existence de ça.

http://www.christ-roi.net/index.php/Accueil

Pour la petite histoire, il paraît que c'est tenu par des types de la fraternité Saint Pie X.

Ma première réaction : "mais LOL quoi !", comme dit ma petite soeur.

Ma seconde réaction : "tiens, allons quand même voir de plus près trois minutes". Evidemment, je suis allée explorer la partie sur "l'étendard du Diable" parce que quand même, ça avait l'air vachement plus rigolo.

Le prurit historien m'ayant démangée, j'ai bien évidemment cliqué sur "mythes historiques". Et là, surprise, j'ai découvert un catalogue de lutte façon "historiquement correct", vous savez, le machin publié par Jean Sévillia. Avec, dedans, un petit truc sur l'Affaire Galilée.

Ah me dis-je, ils sont peut-être un peu moins abrutis qu'ils n'en ont l'air, ces malheureux. Si ça se trouve, il y a des choses intéressantes dedans. Peut-être même un résumé du Galilée hérétique de Pietro Redondi.
Pour ceux qui ne l'ont pas lu (et c'est très mal), Redondi montre que la condamnation de Galilée est une affaire théologique mais surtout politique, liée aux angoisses de la papauté dans les années 1630, quand les armées protestantes de la guerre de Trente Ans commencent à infliger de sérieuses déculottées aux armées catholiques - heureusement que ça n'allait pas durer, du reste, et que cet affreux de luthérien qu'était Gustave Adolphe a fini par mourir sur le champ de bataille.
Les thèses de Redondi sont passionnantes même si parfois à nuancer.


Alors, que disent nos amis de l'étendard du Christ Roi ?

Eh bien que Galilée, finalement, sa condamnation par le Saint Office, il l'a bien pris en travers de la gueule, ce sale hérétique, surtout qu'en plus, eh bien, il faisait rien qu'à dire des trucs faux.
Je les cite :


"
Galilée fut condamné pour avoir affirmé qu'il avait prouvé la théorie copernicienne, la rotation circulaire uniforme de la terre autour du soleil. Théorie qui est fausse : comme nous le savons aujourd'hui, la terre effectue un mouvement d'ellipse à vitesse variable autour du soleil.

Détails sans importance ?

1. Il se trouve que ce mouvement en ellipse est le seul qui explique les aberrations du système copernicien. Aberrations qui étaient déjà connues à l'époque.

2. De plus, ce mouvement en ellipse, l'astronome Kepler l'avait déjà découvert par des calculs, et l'avait même communiqué à Galilée ! Mais celui-ci, du haut de sa superbe, ridiculisera cette découverte capitale, pour maintenir sa rotation circulaire uniforme, prouvée selon lui par le phénomène des marées. Preuve qui, elle, est totalement fausse, comme on le savait également à l'époque. Kepler d'ailleurs avait aussi donné la véritable explication des marées, liées à l'action conjointe de la lune et du soleil."


Passé mon premier mouvement d'étranglement, je me suis bien fendu la pêche, quand même.

D'abord devant ma naïveté : ces types-là sont bien évidemment incapables de lire, je ne dis même pas de comprendre, les thèses de Redondi. En revanche, ils restent bien les rois du pinaillage et de la chicane de mauvaise foi. On dirait moi, lorsque dans une route de montagne paumée, je m'évertue à faire croire à l'Époux que c'est pas moi qui sait pas lire une carte, que c'est lui qui, tout à l'heure, roulait sur la voie de droite alors qu'on aurait dû rouler sur la voie de gauche, et que donc, bon, il m'a induite en erreur, et qu'en plus les routes espagnoles sont super mal indiquées.

Ou un peu comme quand certains, quand vous avancez que Jean Paul II a dit un truc qui va plutôt dans tel sens (qui ne les arrange pas), vous rétorquent d'un air pincé que "ah mais le catéchisme de Jean-Paul II n'est pas infaillible, alors tout pape qu'il ait pu être, ça compte pour du beurre". Et toc.


À mesquin, mesquin et demi. J'ajouterai à mes remarques que

- on n'emploie pas le futur en histoire.

- justement, on évite d'avoir des considérations du style "... comme on le sait aujourd'hui". Ben eux, ils ne le savaient pas, 400 ans avant nous. C'est bien de faire les malins quand on connaît la fin de l'histoire, mais est-ce vraiment une preuve d'intelligence ?

- et qu'enfin, instiller des expressions du style "du haut de sa superbe", montre que vous portez un jugement de valeur, ce qui n'est pas davantage une manière intelligente de faire de l'histoire. Certains se sont fait coller à l'agreg pour moins que ça.


Oui, je sais. "mais pourquoi tu te fatigues à en parler, si c'est si nul que ça".


Parce que mes têtes de Turcs favorites sont inépuisables, et c'est réjouissant.




vendredi 10 septembre 2010

La photo ! la photo !



La photo de l'autre jour a donc été prise face à ça :



(qui est la cloche mise en place en 1492 pour marquer la fin de "777 ans de présence arabe" en Espagne - m'est avis que s'ils avaient pu mettre 666, ils auraient été encore plus contents, mais bon)

cloche qui se trouve en haut de ça :





Vouaye. L'Alhambra, c'est bien chouette quand même.



même si on n'a pas des masse aimé de devoir se lever à 6h pour faire la queue dès 7h pour rentrer à 8h30 dans le Saint des Saints, aussi par la présente, je voue aux gémonies le conservateur débilissime qui a eu l'idée de la limitation des places à 7700 par jour, avec entrées par tas de 250 dans les palais nazaris : pour vous bousiller le plaisir d'une visite en vous coinçant dans des hordes de touristes, y'a pas mieux.








lundi 6 septembre 2010

De retour.




Aha, je suis sûre que tout le monde a cru que j'avais disparu.

En fait, non, j'étais en vacances. Trois semaines, oui madame, oui monsieur. Avec l'Époux pour moi toute seule, sans avoir à le partager avec le Grand Kapital.

Nous fûmes en Espagne et nous arpentâmes, au grand désarroi de nos arpions, la Castille et l'Andalousie.

J'en ai récolté plein d'idées mais comme elles sont encore fumeuses, je les garde pour moi afin de les mettre en forme dignement d'ici peu.

Sur ce, j'ai plein de travail et des powerpoints d'histoire contemporaine (la bonne blague) à terminer donc allez plutôt lire les derniers et passionnants billets de la Souris des Archives.

J'ai dit.



(et pour les rusés, un petit jeu : devinez où cette photo a été prise. D'ici à ce que quelqu'un trouve, j'ai le temps de pondre mon Expérience de la Mélancolie sur l'Escurial)



mercredi 11 août 2010

Un dernier avant la route (des vacances).

Je suis littéralement avalanchisée de travail en ce moment (et je fais des trucs qui m'étonnent moi-même, notamment préparer des cours sur la bipolarisation du monde au XXe siècle, et trouver ça intéressant) donc peu présente, mais avant de partir en vacances, je ne puis m'empêcher de vous livrer ceci :

http://odieuxconnard.files.wordpress.com/2010/08/finalfbhr.jpg


évidemment, c'est à commencer par en bas.




vendredi 6 août 2010

Lectures et notes sur icelles.

- Amis de la BnF (et spéciale dédicace à la Souris des Archives qui y passe ses journées en ce moment), voici LE polar fait pour vous : La Tour des Temps, de Thierry Grillet. Vient de sortir et a l'heur et l'avantage de se dérouler dans les couloirs de la Grande Bibliothèque François Mitterrand - si, vous savez, cette bibliothèque qui ressemble à une plateforme pétrolière au Kazakhstan... L'intrigue en soi n'est pas foncièrement trépidante même si la recette est efficace (des fantômes, des meurtres, un livre de divination du XVe siècle qui disparaît) mais les descriptions des rondes de nuits des vigiles dans les salles de lecture sont vraiment bien fichues. On y parle même des Globes de Coronelli, c'est dire !
Dommage seulement que l'auteur se fiche un peu du monde en n'explicitant pas à la fin un certain nombre d'éléments, mais bon...


- Amis du bon polar américain, le dernier Preston & Child est sorti ! Valse Macabre, de son petit nom. Il est bien évidemment excellent, comme tous les autres, que je vous recommande chaudement si vous vous ennuyez.
Autre excellent polar, Les Visages, de Jesse Kellerman. Une histoire de dessinateur génial disparu en laissant derrière lui une oeuvre dans laquelle on reconnaît les portraits d'enfants assassinés quarante ans plus tôt... le galeriste qui découvre l'oeuvre enquête et c'est, ma foi, plutôt réussi.

Apparté sur les polars. J'en lis beaucoup, et, chose qui paraît souvent étrange à mes interlocuteurs, j'en relis beaucoup également. Inconvénient : à force, on finit par s'agacer de certaines tentations des auteurs, auxquelles ces derniers cèdent un peu trop souvent, surtout ces derniers temps. Parmi lesquelles :
- le recours au flash-back, solution de facilité destinée à faire croire que tout ça est une affaire profondément enfouie, terrifiante, les racines du mal, tout ça. Les deux romans cités ci-dessus (ainsi que beaucoup d'autres dernièrement lus, en particuliers ceux de la suédoise Camilla Läckberg) s'en servent abondamment et paresseusement. À la longue, c'est irritant parce qu'on se dit que c'est pour les auteurs un moyen facile de contourner la difficulté qu'il peut y avoir à relater la découverte de certains éléments du passé qui jouent dans l'affaire à résoudre. En gros, c'est au lecteur de se démerder pour comprendre comment tout ça est lié et comment l'enquêteur fait le lien. Moi je dis, c'est juste de la flemme d'écrivain.
- la tendance à tout ramener à un passé en général sordide, avec inceste, pédophilie, homosexualité ou Shoah - si vous avez réuni les quatre, vous gagnez une boîte de Smarties. Le plus triste étant que manifestement, l'auteur est super fier d'avoir trouvé le truc, alors qu'il n'est qu'un de plus dans la longue lignée. Encore que Thierry Grillet, lui, fasse l'effort de se rattacher certes à la Shoah, mais à un épisode assez peu connu, à savoir l'existence du camp de prisonniers juifs tout proche de la gare d'Austerlitz, destiné au triage des objets issus du pillage des biens des juifs. J'imagine que tout ça est destiné à rajouter une dose de tragique, mais l'effet de mode est légèrement crispant à la longue.

Fin de l'apparté. Notez seulement que Preston & Child ne tombent pas dans ces pièges, ce qui prouve la supériorité de leurs thrillers, quand même.


- Loin de la foule déchaînée, de Thomas Hardy. Objectivement, je me suis un peu ennuyée. Moins que dans Jude l'Obscur où là, j'avais surtout envie de balancer des claques à cette grosse pouffe de Sue et à Jude-la-lavasse ("oh marions-nous ! - oh non ! - oh si ! - je vais en épouser un autre - ok - ah mais finalement je le quitte - oh marions-nous ma chérie ! - bon mais à la mairie seulement - non finalement à l'église seulement - oh puis finalement ne nous marions pas - oui ma chérie ! - je ne sais pas ce que je veux et je suis une chieuse" - on avait compris, merci). Loin de la foule déchaînée - j'ai pas bien compris l'intérêt du titre vu qu'il n'y a ni foule ni déchaînement, même éloigné, c'est Autant en emporte le vent, sauf que la fille est moins piquante et que ça finit bien. Et que ça se passe en Angleterre donc il n'y a pas de guerre de Sécession.


- Les Grandes Espérances, de Charles Dickens. J'aime beaucoup Dickens en général. Dommage que le récit soit ici un peu plus en roue libre qu'ailleurs (David Copperfield ou Oliver Twist) mais manifestement, Dickens s'est bien plus amusé à décrire des personnages tous plus farfelus les uns que les autres.


- Les Thibault, de Roger Martin du Gard. Grosse révélation. Emprunté à la bibliothèque en me disant que "au moins, maintenant, je saurai ce qu'il y a dedans au lieu d'en parler sans l'avoir lu, comme en classe prépa", je l'ai lu d'une traite en une semaine. Lecture éprouvante, notamment le livre sur La mort du père, mais aussi l'été 1914 et la fin du bouquin, long journal de l'agonie d'un homme gazé pendant la guerre. Dommage que le récit de l'été 1914 soit plombé par les loooooooongues considérations et dialogues entre socialistes grand teint (pur jus, ne rétrécissant pas au lavage) sur l'Internationale et le refus de la guerre, mais dans ce cas-là, j'ai une technique infaillible : je saute des pages jusqu'à ce que le blabla se termine et qu'on repasse aux choses sérieuse.
Ce qui m'a amusée, c'est de me dire qu'à 15 ans, j'aurais de loin préféré le personnage de Jacques, l'enfant terrible, le rebelle, le socialiste, le pacifiste, l'amoureux torturé. Là, il m'a surtout semblé pénible et extrêmement prétentieux, finalement, tandis que j'ai été profondément touchée par le personnage d'Antoine, le médecin athée, rationaliste, dévoué à sa cause, terriblement humain. Le passage où Antoine dialogue avec l'abbé Vécard sur la question de la foi est un très, très grand moment dont je reparlerai probablement.


Voilà ! Si vous avez des idées - sachant que je ne lis pas d'essais (je lis assez de machins sérieux comme ça dans mes journées) et qu'il me faut des trucs longs qui me durent plus qu'une soirée... je suis preneuse ! et merci d'avance :)

mercredi 28 juillet 2010

L'expérience de la mélancolie. La route du col de Larche.


Il se trouve que de ma naissance et jusqu'à mes dix-huit ans, j'ai passé la quasi-totalité de mes vacances dans la vallée de l'Ubaye, été comme hiver. L'hiver, j'ai eu le grand désarroi d'être contrainte par mes ascendants à faire du ski, ce qui n'a eu pour résultat que de me faire prendre en profonde horreur tout ce qui touche aux "sports d'hiver" (que voulez-vous, je n'aime pas avoir les pieds froids, et en outre je n'aime pas le concept de sport en général).

L'été a été en revanche source d'inépuisables joies. Randonnées en montagne, visites diverses et variées, escalade et baignades dans les lacs de montagne - vous savez, là où l'eau est à moins de quinze degrés.
Aussi ai-je une totale méconnaissance des joies de la station balnéaire. En revanche, je pense avoir vu plus de marmottes et de chamois que quiconque - montagnards résidents exclus, bien entendu, sinon ça ne vaut pas.
Un jour, je vous parlerai aussi du bonheur qu'il peut y avoir à quitter un sentier sur la pointe des pieds, sur l'injonction du Père, ancien chasseur alpin, un doigt sur les lèvres, pour aller s'accroupir un peu plus loin et surprendre, derrière un talus que les touristes habituels n'ont même pas idée d'aller voir, une colonie de marmottes en train de s'ébattre.

Je suis infichue de conduire sans me perdre en Ile de France, en revanche, je connais toujours par coeur, au virage près, la route qui va de la vallée de l'Ubaye en Italie, en passant par le col de Larche. Petite route sinueuse autrefois bien plus stratégique que l'autoroute qui passe sur la côté. La gloire locale est de dire qu'Hannibal est passé par là avec ses éléphants. Ce n'est pas vrai, mais en revanche, François Ier et Napoléon, eux, sont bien passés. Quant à la vallée, elle a été hautement mise en valeur aux glorieuses heures de Vauban puis de la ligne Maginot. On peut encore visiter ces énormes forts-bunkers, derniers bastions quasi-inexpugnables des Allemands au printemps 1945.

Allemands qui ne se gênèrent point pour raser les villages et hameaux environnants lorsqu'ils décidèrent de rentrer chez eux. Sur la route du col de Larche, on traverse encore des villages en ruines, comme Certamussat, dont il ne reste que la petite chapelle et le cimetière, parce que personne n'a eu le courage de reconstruire.



Le col de Larche n'est guère plus riant, de même que la descente vers l'Italie, une fois le col passé. Les plaies de la guerre sont encore visibles dans les ruines des maisons abandonnées et des villages martyrisés.



Quand vous êtes sur cette route, tôt le matin ou tard le soir, vous êtes seul. En hiver, vous n'êtes clairement pas le bienvenu. Les rares tentatives de construction de station de ski ont avorté, et rien n'est plus triste de voir les pylones de remontées en train de rouiller, et le seul hôtel construit abandonné.


Ces paysages de montagnes mal connues, mal aimées - pas assez glamour pour les Parisiens qui veulent leur dose de neige et de fun et se fichent totalement de la montagne le reste du temps - sont de loin les plus tristement beaux que je connaisse.