vendredi 26 mars 2010

Les joies du commentaire.



Hier, j'ai reçu un message de Blogger. Un commentaire à modérer. J'ouvre le mail et tombe là-dessus :

La messe, en latin en français ou en chinois, c'est bon comme les enculades d'enfants de choeur dans les sacristies par de gros prêtres pervers, et d'autant plus pervers qu'ils sont plus intransigeants dans leurs condamnations des moeurs du siecle. Mais après tout, c'est pour ça que vous, parents catholiques, mettez vos enfants dans les pensionnats religieux, non ? Pour qu'on leur élargisse le cercle de leur connaissance, hein ?

Finalement, je vais soutenir vigoureusement les pratiques de pédophilie institutionnelle de l'église catholique. Pour une église toujours plus pédophile, toujours plus haineuse, toujours plus jeunesse hitlérienne, toujours plus dogmatique, de sorte qu'elle apparaisse plus que jamais pour ce qu'elle est : un cloaque.


Ouch.

Passé le choc et l'envie de mettre mon poing dans la gueule au connard qui n'a pas eu honte d'écrire ces lignes, j'ai été prise d'un profond sentiment de tristesse et de lassitude. On a beau se dire que tout ça c'est des cons retranchés derrière l'anonymat de leur écran, on se lasse.


Peu après, j'ai discuté avec l'Époux de la nouvelle affaire Benoît XVI qui aurait couvert des prêtres pédophiles. Et j'ai eu aussi le plaisir de lire l'excellent article de Koztoujours sur la question :


http://www.koztoujours.fr/?p=7211



Outre le moment de franche rigolade (car oui, en plus, c'est drôle), un commentaire m'a fortement interpellée : l'un des lecteurs souligne que c'est fou ce que les anticléricaux connaissent tous des tas de gens violés par des prêtres.

Moi aussi j'en ai fait des retraites de communion, de profession de foi et de confirmation, avec des moments où on était en tête à tête avec l'aumônier. Des camps scouts en pagaille, des pélerinages divers et variés. J'ai connu des tas de gens qui ont fait la même chose que moi, certains qui ont été placés dans des pensionnats tenus par des religieux, et je ne connais, ni de près ni de loin, personne qui puisse me rapporter un cas, un seul, même éloigné, de pédophilie avérée au sein des communautés religieuses.
Silence des victimes ? Peut-être, mais enfin, si tous les petits catholiques avaient été violés dans leur enfance, ça ferait quand même des effets à long terme, non ?

Entendons-nous bien. Je ne dis pas que les prêtres pédophiles, ça n'existe pas. On sait bien que les salauds de cette espèce choisissent des métiers qui les rapprochent des enfants : instit, moniteur de sport... le boulot d'aumônier de jeunes en fait malheureusement partie.
Je ne minimise pas non plus la douleur d'un enfant violé, et je pense tout simplement et frustement que les pédophiles sont des gros dégueulasses, point. J'espère qu'ils auront des tas de très, très gros problèmes dans ce monde et dans l'au-delà, qu'ils soient prêtres ou non, et que ce sera bien fait pour eux.

Seulement, il y a beaucoup d'accusations. Pas toutes vraies. Et j'en ai plein le dos des blagues sur les curés pédophiles, des sales sous-entendus et de la diffamation publique - car oui, dire que le pape a couvert des actes pédophiles, c'est un petit peu de la diffamation quand même. Mais vraiment marre. Chaque jour que j'ouvre le journal, j'ai l'impression de prendre une gifle. Et c'est lassant, à force.


Quant au crétin qui a pris la peine de m'écrire ce message, je me contenterai de lui dire que, pauvre con, je te pisse à la raie, ça te va comme ça ? La métaphore à base de fesse me semble être tout à fait digne du fond de ta pensée.



jeudi 25 mars 2010

Faut pas croire, mais pour une fois, je bosse.

... ce qui justifie une absence quasi totale en ces lieux. Pourtant j'ai un excellent article derrière les fagots, mais bon...

Je vous envoie quand même deux p'tits liens, deux excellents articles trouvés chez Maître Eolas :

http://www.maitre-eolas.fr/post/2010/02/09/14-ans%2C-en-garde-%C3%A0-vue-en-pyjama

et

http://www.maitre-eolas.fr/post/2010/02/08/Un-nouvel-exemple-de-malfa%C3%A7on-l%C3%A9gislative


voilà, je reviens quand j'ai terminé Millénium auquel je me suis remise (il y a un an ça m'était tombé des mains, mais en fait, s'trop bon).

bonne fin de semaine !

mercredi 3 mars 2010

Du bon usage de la messe quand on est une grosse feignasse.

Il se trouve que je ne suis pas du matin. Il se trouve que la perspective d'avoir à me lever avant 9h du matin est une mission quasi-impossible. Je suis du reste littéralement écrasée d'admiration devant la force mentale de mon Époux, capable de se lever tous les jours que Dieu fait (sauf le samedi et le dimanche), à 7h30.

Parce que moi, le matin, y'a pas moyen.

Alors, la messe du dimanche matin, c'est un vrai problème. Parce qu'il s'agit de tomber du lit avant 10h, histoire d'y être à 10h45, heure de la messe dominicale dans ma paroisse.

Dilemme. Y aller le samedi soir ? Difficile.

D'où joie et pleurs de joie quand j'ai découvert que ma paroisse avait mis en place une messe le dimanche soir, 18h l'hiver et 18h30 l'été. Superchouette.

Problème : c'est la messe en latin. Le latin, en soi, je m'en balance sévère, mais j'étais un peu triste de ne plus voir le curé de la paroisse, qui dit la messe le matin. Enfin on s'en remet, me direz-vous.

Bilan des courses, je suis devenue tradi par flemme. Enfin tradi, pas vraiment, mais l'expression fait rigoler les copains, alors je la garde.

Autre bilan, y a-t-il vraiment intérêt à aller à la messe en latin ?

- pour le latin ? cf. supra, le latin, je m'en balance. Au mieux ça ne fait que réveiller en moi de douloureux souvenirs de prépa (où on faisait du latin sans dictionnaire, eh ouais). En outre, j'ai derrière moi 25 ans de pratique dominicale, la messe pourrait être dite en espéranto que ça va bien, merci, je sais où on en est.

- pour la communion à genoux dans la bouche ? Bof. C'est folklorique la première fois, mais le folklore trouve assez vite ses limites. En outre le côté "prêtre qui tourne le dos de temps à autres à l'assemblée", je trouve ça un peu ridicule, et j'ai pas bien compris l'intérêt d'assister à des trucs qu'on n'entend pas. Il faut dire que mes capacités de concentration sont à peu près nulles et que mon esprit à vite fait de se mettre à penser à la liste des courses sitôt que le prêtre commence à murmurer.

- pour le décorum ? Mis à part que les prêtres ont des ornements sacerdotaux assez canons (ils ressortent les belles broderies, et tout), je déteste toujours autant le chant grégorien (chiant et impossible à écouter - désolée j'ai été élevée à Rameau et Mozart, moi) et l'encens me fait toujours autant éternuer. Aussi, je bénis le prêtre qui s'occupe de la messe en latin, qui limite autant que faire se peut l'usage de l'encens. Allergique, lui aussi, peut-être ?

- pour l'ambiance ? Déjà plus. Dans ma paroisse, la messe en latin, c'est pas pour les douze tradis du quartier, c'est plutôt pour les quinze petits vieux nostalgiques. D'ailleurs, en gros, on est une grosse vingtaine dans l'abside de l'église, peinard dans un coin à l'abri des courants d'air, et les petits vieux sont contents. Et puis en plus, comme on est pas beaucoup, on peut plus facilement causer avec le prêtre à la sortie. Superchouette.



Conclusion : ma propension à la flemme m'a ouvert les yeux sur un point : la messe en latin, c'est pas du tout ce qu'on croit. Et plus précisément, que la messe en latin n'est pas le problème, le problème, c'est ceux qui font la messe, qu'elle soit en français, en latin ou en moldave. Encore plus précisément, que le vrai problème, c'est les imbéciles et les radicaux de tout poil.



Attendez, j'ai pas dit que ma conclusion allait être révolutionnaire, eh.

La jalousie du ver de terre.


L'autre jour que je feuilletais un journal quelconque (probablement le Télérama de la semaine), je suis tombée sur un article qui s'interrogeait sur la haine que peut attirer sur lui le couple Brad Pitt - Angelina Jolie. Pourquoi veut-on absolument en faire un faux couple bidon, motivé par le besoin de faire parler d'eux et relancer leur carrière (qui en fait n'a pas vraiment besoin de ça, merci bien) ? Pourquoi s'obstine-t-on à faire de la brave Jennifer Aniston une ex bafouée et avide de vengeance (alors que tout semble montrer qu'elle s'est bien consolée, merci bien également) ?

Le journaliste expliquait qu'il faut probablement y lire le reflet des fantasmes des lecteurs de journaux pipole, à savoir les ménagères de la quarantaine passée : quand vous vous êtes fait larguer par votre mari pour une jeunette plus belle, plus intelligente et si ça se trouve moins emmerdante, ça vous fait votre petite catharsis, de savoir que ça arrive aussi chez les stars. Projection, identification, tout ça. Cela vous libère, de pouvoir conspuer avec le choeur des femmes bafouées.

Si vous avez les oreilles qui traînent dans le métro, ou les yeux qui traînent sur le web, vous entendrez régulièrement conspuer de même les stars, Nicole Kidman "toute refaite, sans expression tellement elle est botoxée", ladite Angelina Jolie "anorexique", "aux lèvres siliconées", j'en passe et des meilleurs. Il est souvent plaisant, déjà, de regarder d'où vient la critique : souvent une femme entre deux âges dont manifestement la nature n'a pas choisi de faire un top model.
Réprimez l'envie qui vous démange de lui faire remarquer que c'est pas le botox qui rend le front de Nicole Kidman lisse et peu expressif : toute magnifique qu'est cette femme, elle n'a jamais eu le visage expressif. De même, si vous vous attardez (comme moi) dans la presse people, vous saurez que oui, Angelina Jolie a toujours eu de grosses lèvres, même à huit ans, âge où il est rare de se faire des prothèses en silicone. Et qu'en outre, non, elle n'est pas anorexique (merci bien). L'anorexie, ce n'est pas être mince, non, pas tout à fait.

Il y a eu le ver de terre amoureux d'une étoile, maintenant il y a les vers de terre jaloux des étoiles.

Le monde est méchant. Même si vous pensez bien que je le déplore, Angelina Jolie est bien plus belle que moi. C'est la vie. D'ailleurs, elle est devenue actrice et pas moi, c'est peut-être un signe, hein ? Pour autant, faut-il attribuer leur beauté à une simple affaire de chirurgie ? Faut-il pour autant cracher sur leur image parce que oui, tout le monde n'est pas égal devant la beauté du monde ?

Aujourd'hui, au nom d'une prétendue égalité devenue égalitarisme, il faut conspuer le beau. Tout ce qui est beau est laid, et vice-versa. On en arrive à lire ou à entendre parler de la beauté de Beth Ditto (l'infâme larve blanche obèse - et pourtant chouette chanteuse, hein) et de ses affreux acolytes boutonneux du groupe Gossip. On vous fait croire que le centre Beaubourg, c'est beau. Que le Quai Branly, ça vaut carrément Vaux le Vicomte. Qu'il est possible de faire d'une serpillère à trous un splendide gilet "de créateur".

Tout est dans tout, et vice-versa. Evidemment, dans ces conditions un couple heureux, qui croît et multiplie, beau, riche et célèbre, ça ne plaît pas beaucoup. Au lieu de s'en prendre à soi pour sa propre merditude, on préfère s'en prendre aux autres. C'est tellement plus facile comme ça.