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mardi 10 juillet 2012

Les feuilles de brick.



Parmi les trucs culinaires que j'ai découverts sur le tard, il y a les avocats (on n'en mangeait pas chez mes parents, ma mère y étant allergique), les cakes, quiches et tartes maison, et les feuilles de brick.

Les feuilles de brick, c'est vraiment l'épate à peu de frais : on y met ce qu'on veut, ça change rien par rapport à un gratin ou n'importe quoi d'autre, mais la présentation fait classe. Et contrairement à ce qu'on lit souvent, ça n'est pas plus gras qu'autre chose pour peu qu'on les fasse cuire au four et non frire dans l'huile... Si on veut quand même que ça soit un peu doré, il suffit de badigeonner les petits bricks de quelques gouttes d'huile d'olive avant de les mettre au four. Au pinceau, ou (pour les pauvres comme moi) au doigt. 

L'aspect croustillant permet ainsi de faire manger à l'Epoux des légumes vapeur sans qu'il se plaigne  d'être honteusement mis au régime.

Alors pour ceux qui comme moi deviennent dingues quand ils découvrent un truc culinaire, voici mes recettes préférées :

- Bricks à la courgette : râpez une grosse courgette (ou plusieurs petites), mettez-la à revenir avec un peu d'huile. Ajoutez sel et poivre, un demi-pot de ricotta (le meilleur truc du monde) et du fromage, du gruyère râpé faisant tout à fait l'affaire. 
Variante très bonne mais pas recommandée si on aime la vie en société : avec du roquefort (et des noix, c'est encore plus mieux), bien expliquée ici.
Variante "j'ai pas de courgettes ni de noix" : avec des épinards et des pignons.
Variante "j'ai pas de ricotta" : avec du mascarpone. Ou du fromage blanc, mais là il ne faut pas trop en mettre sinon ça dégouline partout et vos bricks vont se percer, c'est très énervant. 

- Bricks à la viande : n'importe quel reste de viande fait l'affaire, pour peu qu'on le hache avec des herbes, une carotte et une courgette (si on en a une qui traîne). Il y en a des qui lient le tout avec de l'oeuf, personnellement je préfère ajouter de la ricotta (je vous ai dit que c'était le meilleur truc du monde ?) ou de la crème de soja. Ceux qui hurlent à la mort en entendant parler de soja se rappelleront (ou apprendront) qu'étant allergique au lactose, je limite ma consommation de produits laitiers, et vous devriez faire pareil parce que n'étant pas des petits veaux, il n'y a pas de raison que vous vous nourrissiez de lait de vache - est-ce qu'on donne du lait de femme aux veaux ? non ? Bah alors.
(oui je sais, c'est idiot). 
(mais pas plus que de faire des pubs où le fait de manger un camembert ou de boire du lait à la bouteille comme un porc fait de n'importe quel clampin(e) une bête de sexe).


Dernière précision : on dit souvent que pour fermer le petit brick, il faut mettre quelques gouttes d'eau. J'ai essayé, ça n'a jamais marché, tout au plus ai-je réussi à faire des trous dedans (et les trous, c'est énervant). Alors je replie mon petit brick et ensuite je le pose dans le plat avec la pliure dessous, comme ça le poids fait tenir le truc bien fermé.

Voilà, voilà. 





mercredi 16 mai 2012

Agences de notations.

L'autre soir, je me suis trouvée par hasard à regarder la télé en attendant le retour de l'Epoux. Zappe que je te zappe, je finis par atterrir sur une des nombreuses émissions de Ruquier et de sa clique habituelle. Dans celle-ci, si j'ai bien compris, de "jeunes talents comiques" viennent faire des sketches sur des thèmes imposés et sont évalués par la fine fleur de la télévision française.
Au moment où je commence à regarder l'émission (car pour une raison oubliée, je n'ai pas pu changer de chaîne tout de suite), un malheureux jeune homme se fait allègrement dessouder par ladite fine fleur qui lui attribue des notes (sur vingt) pitoyables agrémentées de commentaires mesquins voire franchement abjects sur son manque de drôlerie et d'inventivité. Isabelle Mergault, modèle d'élégance et de distinction comme chacun sait, se montre tout particulièrement odieuse.

Ruquier annonce ensuite l'arrivée d'un autre jeune homme répondant au nom d'Arnaud Tsamère, apparemment déjà assez connu mais pas de moi. Il déploie moult énergie,  assez réjouissante assurément, pour animer un sketche pourtant pas très drôle ni très original (une parodie de pièce de boulevard comme cela a déjà été fait cent fois par les Inconnus et tant d'autre après eux). Mais à peine ouvre-t-il la bouche que la Mergault hurle des rires stridents qu'elle émettra pendant toute la durée du sketche, et finira par lui attribuer la note de 20/20 car "c'était génial". Va savoir pourquoi.


Quelques jours plus tard, j'allume de nouveau la télé - le temps d'allaiter mon fils, lire pendant ce temps étant tout à fait impossible ou alors fortement compliqué. Manque de bol, je me rends compte après avoir collé au sein le rejeton que la télécommande est sur la table basse, donc tout à fait hors de portée. Je suis donc condamnée à ne pas pouvoir changer de chaîne, éteindre la télé m'étant pareillement interdit. Je dois donc me coltiner le programme de tf1 à dix heures du matin, et cela vaut son pesant de cacahuètes car il s'agit d'un délicat produit de télé-réalité, "Quatre mariages pour une lune de miel". L'idée ? Quatre donzelles notent mutuellement leurs mariages (robe, lieu de réception, menu, ambiance) et la mieux classée gagne un voyage (avec son mari, quand même) dans les îles. 
Là encore, notes mesquines et commentaires aussi vulgaires qu'assassins sont de rigueur. 


Si j'en crois de plus calés que moi, l'émission "à notes" est une constante de la télé, public et invités des plateaux s'en donnant à coeur joie pour produire des appréciations blessantes et mesquines. Ce qui est étonnant, c'est que si mes collègues professeurs et moi-même nous nous permettions le quart du dixième des commentaires de l'acabit susmentionné, on aurait en moins de cinq minutes les parents, la DDASS, les flics, les assistantes sociales le rectorat sur le dos. On pointerait du doigt nos méthodes archaïques fondées sur les brimades à répétitions. On montrerait au journal télévisé des élèves traumatisés, voués à l'échec éternel.
Et je n'ai pas besoin de rappeler dans les détails comment les associations de parents d'élèves s'activent pour la suppression des notes à l'école parce que c'est traumatisant, ça incite à la compétition, c'est vilain, caca, bouh, affreux affreux affreux.

Alors, quid ? Il me semble pourtant que prendre une sale note à une copie X rédigée à un instant T avec un commentaire un peu sec qui ressemblera au pire à quelque chose du style "la leçon n'est pas apprise" est nettement moins dur à avaler sur le plan personnel, que de consentir à se faire atomiser en public sur son mariage ou sa prestation artistique.

Ce monde de fous n'a pas fini de me surprendre.




mardi 6 mars 2012

Les 11 (la suite).

Alors, maintenant, il faut répondre aux questions posées :


1) Couche tard ou couche tôt?

Couche-tard et vraiment, vraiment pas du matin (commencer à 9h relève pour moi de la torture).


2) Quel est ton film favori?

Les trois mousquetaires de Richard Lester. Pour Oliver Reed, Richard Chamberlain et Simon Ward (cris hystériques). Pour les duels à l'épée (tchaf ! tchaf !), les costumes remarquables, les vues de Tolède (où le film a été en grande partie tourné... la première fois, ça fait drôle de se rendre compte que ce qui est censé être Notre-Dame de Paris est en fait la cathédrale de Tolède, mais bon pourquoi pas) et les répliques cultes qu'avec l'Epoux nous ressortons régulièrement en private joke. Parce que c'est un film pour les petits enfants et aussi pour les grands.


3) Un grand classique de la littérature que tu n'as jamais réussi à finir?

A la recherche du temps perdu. Proust me tombe des mains, c'est plus fort que moi. J'ai essayé un peu tous les volumes, rien à faire.


4) VO ou VF?

J'aime bien la VO en général. MAIS pour les films que j'ai vus petite (comme les Mousquetaires sus-nommés) en VF, je ne supporte pas la VO.
L'Epoux préfére la VF car il entend parler anglais toute la journée au boulot et ça le gonfle de lire les sous-titres qui bouffent la moitié de l'écran (moi aussi d'ailleurs : on n'est pas assez bons pour comprendre sans). Et puis je connaissais un type qui travaille dans le doublage et je trouve son boulot super intéressant et bien plus complexe que ce que je croyais, alors par sympathie pour les doubleurs, je choisis la VF.


5) Peignoir ou serviette?

Serviette. Sauf en période de matinée grosse loose où je m'octroie le plaisir de m'emmitoufler dans un peignoir dans lequel l'Epoux qui n'est pas un petit gabarit rentrerait lui-même quatre fois.


6) Ta citation favorite (ou ta devise, si tu en as une)?

"Quand le roi dit battez-vous, on se bat. Alors allons nous faire tuer où l'on nous dit d'aller, la vie vaut-elle de faire tant de questions ?" (Les trois Mousquetaires).


7) Chat ou chien?

J'aime bien les deux mais je suis allergique, terriblement allergique aux poils de chat. Et puis les chiens, c'est quand même plus rigolo. Mes préférés sont les chiens de chasse comme les setters irlandais et autres épagneuls qu'avait mon grand-père, les chiens de bergers des montagnes qui ne ressemblent à rien mais sont super intelligents, et les gros chiens à poils et à graisse dans le cou, style bouvier bernois ou leonberger.
Manque de pot, j'habite dans un quatre pièces. Alors pour le leonberger, on repassera.


8) Qu'est-ce que tu voulais faire quand tu était petit(e)?

Cantatrice (soprano) ou monitrice d'équitation. Raté dans les deux cas.


9) Décris-toi en trois mots.

Femme, épouse, mère. ça va ? :)


10) Ta saison préférée?

J'aurais bien dit l'été mais de toute façon, à Paris, il est toujours minable, alors on va dire le printemps, quand les jours commencent à s'allonger, qu'on se réveille à 7h30 et qu'il fait déjà jour, et qu'on rentre le soir alors que la nuit n'est pas encore tombée.
J'aime bien toutes les saisons mais je n'aime pas le vent, ça me rend ultra-nerveuse. C'est lié à un sombre traumatisme d'enfance, au jour où pendant une tempête j'ai vu le toit d'une maison en face de chez nous s'envoler. Depuis, quand il y a des rafales de vent, je me planque.


11) Quelle est la symbolique du chiffre 11?

Je ne sais pas mais à chaque fois que je vois 11h11 affiché à mon radio-réveil, je pense au sketche de Desproges sur le maniaque, où il raconte qu'il atteint l'orgasme à 11h11 précises, et que ça peut durer jusqu'à 12.
J'ai pas toujours des références exquises, désolée. :)

vendredi 24 février 2012

Les 11.

Je n'avais guère d'inspiration depuis deux semaines, de l'affaire je ne disais rien. En plus j'avais découvert de nouveaux blogs de cuisine. Et puis ce matin je me suis rendu compte que j'avais été taguée par Melalala du Blog épisodique alors c'est chouette, je vais pouvoir avoir trois billets au sujet tout trouvé.

C'est parti pour l'épisode 1 : les Règles du jeu.


- Poster les règles sur votre blog.
- Révéler 11 choses à propos de vous-même.
- Répondre aux 11 questions posées par la personne qui vous a taguée.
- Créer 11 nouvelles questions pour les personnes que vous taguerez et pour celle qui vous a taguée !
- Taguer 11 blogueurs et mettre le lien de leur blog sur votre post.
- Prévenir les personnes taguées.


11 choses à propos de moi-même, voyons, voyons...


1. Je suis incapable de suivre une recette de cuisine à la lettre. D'abord parce qu'il me manque toujours un ingrédient. Et surtout, je suis une adepte du "boooarf, ça passera bien comme ça".

2. Je déteste sortir de la douche et ne pas me laver les dents juste en sortant. Raison pour laquelle je déteste prendre ma douche le matin sans avoir pris mon petit déjeuner au préalable. Et je déteste sortir le matin sans avoir pris mon petit-déjeuner. D'où profond désarroi quand il faut faire une prise de sang à jeun.

3. J'ai lu les Confessions de Jean-Jacques Rousseau et la Nouvelle Héloïse à treize ans et j'ai kiffé grave. J'ai essayé de les relire récemment et ça m'est un peu tombé des mains. On a des goûts bizarres quand on est ado, tout de même.

4. Je déteste mon prénom qui est tout sauf original pour les filles de mon âge (on a toujours été au moins trois dans ma classe à porter le même) et que je trouve horrible à prononcer. L'Epoux ne m'appelle que très rarement par mon prénom et quand il le fait c'est comme la maîtresse du petit Nicolas quand elle vouvoie les élèves, c'est que j'ai fait un truc pas comme il faut. Ou alors qu'on est en société.
F... la société.

5. J'ai eu les oreilles percées à six ans, pour mon anniversaire. Huit ans plus tard j'ai obtenu le droit de me faire percer un second trou à chaque oreille après avoir harcelé ma mère qui ne voulait pas de "piercing". Aujourd'hui, et depuis plusieurs années, je ne mets plus de boucles d'oreilles dans ce second trou qui persiste à ne pas se reboucher. C'est un peu ballot.

6. Je déteste les petits bouts de papier qui traînent - tickets de caisse froissés par exemple, étiquettes décollées non jetées, etc.

7. Je me tortille en permanence une mèche de cheveux. J'ai commencé en prépa et j'essaie de m'arrêter. Jamais réussi jusqu'à présent. Pour éviter au maximum, je m'attache les cheveux. De toute façon je n'ai pas la crinière de feu dont je rêve, alors...

8. Dans ma bibliothèque il y a trois livres que je relis tous les ans : Le siècle des Lumières d'Alejo Carpentier, Les Cavaliers de Joseph Kessel et Comment voyager avec un saumon d'Umberto Eco. Je pourrais les relire plus souvent mais je limite à une fois par an pour avoir un peu le temps d'oublier et de les redécouvrir avec plaisir.

9. L'un de mes grands titres de gloire universitaire est d'avoir épaté un professeur d'histoire de l'art contemporain en reconnaissant le sujet d'un tableau pompier du XIXe siècle, les Sept contre Thèbes. Depuis ce jour, il m'a eue à la bonne alors que je faisais office de touriste sympathique dans son cours où je venais en "non noté".

10. Mon plus grand regret est d'être vraiment, vraiment mauvaise en langues vivantes. Je suis incapable d'avoir un accent correct. Je me débrouille à l'écrit sous la torture en anglais et en italien mais pas plus. Ma première langue autre que le français, c'est le latin. C'est dire si j'ai vécu dans une grotte.

11. Le lundi matin, je fais le repassage de la semaine en écoutant le podcast du Masque et la Plume. Ensuite je m'octroie le luxe de prendre un bain en faisant les mots croisés du Télérama. J'ai enfin réussi à terminer une grille le mois dernier. Fierté incommensurable.



(la suite demain)

dimanche 5 février 2012

Miroir (2).


Je m'étonnerai toujours devant les réactionnaires autoproclamés, les vrais les purs les durs, ceux qui n'hésitent pas à publier leur haine du Parti Socialiste sur Facebook ni à dénoncer ouvertement la racaille (vaste ensemble comprenant les gens un peu bronzés, les jeunes à capuches du RER, et le Parti Socialiste), qui lisent Léon Bloy et Philippe Muray (ou du moins le citent abondamment sur Facebook), qui écoutent de la musique classique, et qui n'hésitent pas à se comporter avec la même goujaterie que ces racailles qu'ils abhorrent.

Scotchés à leur Iphone toujours posé sur la table lorsque vous prenez un café avec eux (ce qui, à moins d'avoir un train à prendre, donne assez nettement à entendre qu'ils s'emmerdent avec vous), ils trouvent normal de photographier la starlette qui entre dans le même restaurant qu'eux, et s'outrent vertueusement à grand renfort de termes fleuris, de se faire insulter lorsque la starlette en question s'en aperçoit. Si vous leur faites remarquer qu'ils n'ont fait que récolter la monnaie de leur pièce, ils s'outrent encore davantage.

N'est-il pas infiniment triste de remarquer que ces gens de l'élite ne valent finalement pas plus que tout ce qu'ils conchient au nom d'un art de vivre qu'ils seraient les dernier à défendre ?

C'est un peu le même genre de tristesse qui étreint lorsque, sur un blog ou un forum de professeurs, on relève les fautes d'orthographe à la pelle. On se dit alors que décidément, nous sommes mal partis.



mercredi 1 février 2012

L'autre jour, on a décidé avec l'Epoux de regarder Inception. Le DVD trônait (traînait ?) depuis des semaines (peut-être même des mois, d'ailleurs) sur l'étagère des "trucs à voir un jour" et il me faisait un peu pitié, tout seul, là, abandonné. Et puis, à ce qu'on nous avait dit, ça valait le coup de le voir, vraiment, je te jure, c'est un film hyper ambitieux, si, le réalisateur a voulu faire quelque chose de nouveau, le scénario est ambitieux, vraiment.

Bon.

Alors c'est vrai que certaines choses valent le détour dans ce film - Leonardo DiCaprio, par exemple, qui vieillit plutôt bien. Sinon, il y a à peu près tout ce que je déteste dans le cinéma :

- un début à trois mille à l'heure, où il faut attendre la fin du premier quart d'heure pour piger un tant soit peu qui est qui, pourquoi, où et comment. Très facile à faire, il suffit d'enchaîner les scènes sans liens entre elles et surtout, de faire parler les acteurs trop vite et dans leur barbe.

- l'abus de flashbacks (plus d'un par quart d'heure, c'est définitivement trop).

- Marion Cotillard

- un réalisateur qui tient vraiment à montrer qu'il ne fait pas n'importe quel film, là, hein, il a de l'ambition. Alors il use et abuse du ralenti.

- les cartes postales éhontées : une p'tite scène au Japon dans un décor japonisant (avec des paravents finement peints), une p'tite scène à la montagne (genre j'ai eu des crédits pour tourner dans la neige, alors j'vous mets de la neige, vous ne m'en voudrez pas hein ?), une p'tite scène dans un hôtel de luxe avec des ascenseurs qui font ding !.

- le comble de l'horripilant, les fins "en suspens", ouh là là comme je suis trop malin (et ambitieux), je laisse le spectateur décider de lui-même si lui ou non le héros a réussi ou pas sa mission. Et puis j'ai pas eu assez de sous pour finir de payer le scénariste, vous m'excuserez.


Et puis il y a le scénario à la noix : je vous la fais courte, un industriel japonais (méchant mais en fait un peu gentil, c'est toujours comme ça dans les films ambitieux qui refusent de se complaire dans le cliché) demande à un "extracteur" (comprenez, un type - c'est Leonardo - qui fait de l'espionnage industriel, mais dans les rêves des gens, et c'est vachement compliqué) de l'aider à saboter l'empire industriel de son concurrent. Moyennant quoi il l'aidera à revoir ses gosses qu'il n'a plus vu depuis qu'il a dû quitter les Etats-Unis après avoir été injustement accusé du meurtre de sa femme (c'est Marion Cotillard et c'est trop long de vous raconter comment elle est devenue cinglée).
Et donc, pour foutre en l'air les affaires du concurrent, Leonardo doit implanter dans la conscience d'icelui l'idée de saboter lui-même son empire industriel, dont il vient d'hériter en s'appuyant sur les déplorables relations qu'il avait avec son père (qui vient de mourir).

Et donc pour ça, il faut entrer dans un rêve dans un rêve dans un rêve dans un rêve, faire semblant d'enlever le concurrent du japonais, se faire tirer dessus à tout bout de champ, aller faire du ski pendant une tempête de neige, affronter un ouragan, mourir pour de faux (mais quand même un petit peu pour de vrai), et d'autres trucs horribles comme écouter du Edith Piaf. Jusqu'à ce que le concurrent du japonais finisse par aller faire le beatnik sur une plage et laisse tomber les affaires. Et le héros retrouve sa famille à la fin. Tout le monde est content.

Cela dit, vu le pognon que semblait avoir le japonais, j'ai pas bien compris pourquoi il fallait absolument se faire autant suer pour obtenir un résultat qu'il aurait aussi bien pu atteindre en corrompant tranquillement l'entourage de son concurrent, ou en lui dépêchant deux ou trois mafieux pour le descendre.

A moins que ça ne soit ça, précisément, qui fait qu'un film est ambitieux. Moi, je ne suis pas à la hauteur.







mercredi 18 janvier 2012

Miroir.

Depuis quelques mois maintenant, nous avons un téléviseur relié à la prise télé - parce que pendant un an et demi, il n'était pas branché, en fait. Voilà que mon abonnement à Télérama est rentabilisé. C'est merveilleux : de temps à autres, il nous prend ainsi la douce folie de regarder le film du dimanche soir.

Et puis, de temps à autres, en attendant que l'Epoux rentre de sa dure journée, il m'arrive d'allumer la bestiole, pour voir. J'ai donc découvert avec horreur cette chose qu'on appelle la télé-réalité, à base de trucs plus répugnants les uns que les autres : jeunes abrutis qu'on fait se reproduire dans un appartement-bocal (Secret Story), jeunes et moins jeunes abrutis passant leurs vacances sur une île tropicale à chasser le varan de Komodo au lieu de buller sur la plage (Koh-Lanta), campagnards caricaturaux désireux de se trouver une compagne à leur niveau, jeunes à gueule plastifiée désireux de supplanter dans l'art de la vocalise Brel et la Callas réunis - en confondant vibrato et tendance à imiter le veau nouveau-né (oeil vide compris).
La plupart reposant sur l'idée que dans tous les cas, le public semble crever d'envie de voir se reproduire les "candidats" sous l'oeil des caméras.

Forcément, mon temps de visionnage de ces choses télévisuelles doit se compter en minutes et sur mes doigts de pied et de la main droite. Parce que c'est non seulement putassier à souhait, mais aussi chiant à mourir - alors que le film du dimanche soir, en général, y'a au moins Schwartzenegger ou Stallone, ce qui vaut tout de même davantage le détour. Donc, si je déclare ex cathedra que tout cela me fait hautement penser à de la daube avariée, on pourra tout à fait m'objecter que c'est parce que je n'ai pas compris le concept, ou un truc du genre.

Je veux bien.

Ce qui me gène davantage, c'est l'espèce de discours que l'on entend un peu partout chez les "gens bien" qui reconnaissent volontiers s'attarder devant ce type d'émissions, mais "parce que c'est trop drôle, tu vois", ou "parce qu'avec (X, Y, Z) on se fout trop de leur gueule, tu vois", ou "parce que je suis pas dupe, hein, tu vois, je regarde pas ça comme les gros beaufs, mais au quinzième degré, tu vois".

Non, je ne vois pas. Je ne vois pas la différence entre regarder cela comme un spectateur lambda et un spectateur intello : ça revient au même, les deux s'avilissent en traînant devant ce programme. Et même l'intello plus que le beauf, parce qu'il chie doublement sur ses confrères humains : la première fois en se foutant de la trogne des pauvres imbéciles castés par la télé pour leur propre imbécillité, la seconde fois en insultant les pauvres types et nanas qui, eux, n'ont pas l'heur d'être aussi élevés qu'eux, les intellos. Et qu'entre regarder ce genre de trucs au premier degré, et le regarder au quinzième, je ne vois pas bien la différence de résultat.

Mais enfin, on se rassure comme on peut sur sa propre valeur.


lundi 9 janvier 2012

Le monopole du coeur.

Il y a quelques temps, je discutais avec des amis de la nomination d'un nouveau directeur à la tête d'une grande école française. Blablabla, quelques considérations ne faisant pas forcément avancer le schmilblick. Jusqu'au moment où l'une des personnes présentes se met à expliquer que la nomination de ce nouveau directeur est une très mauvaise chose pour l'établissement dans les années à venir, car vous comprenez, le personnage est assez marqué à droite.

Je m'étonne de son argument car le personnage reste, nous semblait-il, surtout un très grand scientifique, et d'autre part, un homme ayant de grands projets avec les épaules pour les réaliser (du moins est-on en droit de l'espérer), et que si son "marquage à droite" n'est pas un secret, il n'est pas non plus un étendard.

Il nous est alors répondu que non mais avec les élections en 2012, vous comprenez...

Je finis par comprendre, à force de lui demander de préciser son point de vue, que notre interlocuteur (qui du reste ne fait pas mystère de ses sympathies socialistes) est intimement persuadé que c'est la gauche qui va l'emporter aux prochaines élections présidentielles. Que cela ne se discute pas. Que remettre en cause cela, c'est comme discuter de l'existence de Dieu avec un curé ligueur en 1585 - un débat qui vous emmène droit au bûcher.

Je passe sur le sentiment que j'ai eu d'entendre, dans son discours, quelques relents de projets d'épuration politique universitaire pour "quand on serait au pouvoir". Ambiance.



Depuis quelques temps, je suis assez sidérée par l'aplomb de certains militants de gauche, du genre de ceux qui hantent les facultés parisiennes. Nous allons gagner en 2012, c'est ainsi. Les riches sont méchants. La droite c'est méchant. Sarkozy c'est le grand Satan. En revanche, vous pouvez voir à la télé Vincent Lindon expliquer benoîtement devant un François Hollande et un journaliste tout aussi benoîts que "les abus de pouvoir, je suis pour, quand c'est pour faire le bien". Tu mets en doute leurs propositions ? Tu es un salopard qui mange les enfants.

Entendons-nous bien, je ne sais même pas pour qui je voterai dans l'année à venir, même pas si je voterai... Mais cet étalage de certitude d'être forcément le bien, le progrès, la lumière du peuple envers et contre tout, ne m'est pas sympathique. Vraiment pas.






mardi 22 novembre 2011

En cuisine - le jeu des trucs et des machins (4e épisode)

Voilà un truc que... bah je sais pas ce que c'est. Alors c'est à votre bon coeur pour me donner son utilité, parce que sinon, il va rester inutile au fond de mon tiroir à couverts pour la fin des temps.







mercredi 2 novembre 2011

En cuisine - le jeu des trucs et des machins (3e épisode, la solution))


L'objet d'il y a deux jours était donc un "instrument aux usages multiples, pour décorer les radis et pour couper en dents de scie les moitiés d'orange, etc".

Comme je n'avais chez moi ni radis ni moitié d'orange, je vous ai mis les délicates illustrations de la boîte. Dans le plus pur style années 70 - car la bestiole nous vient tout droit du fond de la nuit des temps - c'est-à-dire de la RFA, c'est vous dire.
Preuve à l'appui : c'est écrit en chleuh dessus, "made in Western Germany".









On apprend ainsi que dans l'Allemagne occidentale des années 70, on bouffait des olives aux poivrons en salade dans des oranges.
J'ai toujours dit qu'ils étaient pas nets, outre-Rhin.



lundi 31 octobre 2011

En cuisine - le jeu des trucs et des machins (3e épisode)






Alors, la question rituelle : qu'est-ce que c'est que ce machin ?

Cette fois-ci, je connais la réponse, en plus.

Mais j'aime autant préciser que je ne m'en suis jamais servie. Parce qu'il faut bien dire une chose, il faut être un grand malade pour utiliser ce genre de trucs dans sa cuisine.

mercredi 5 octobre 2011

Wake me up before you go.

L'Epoux est trop bon. Il se lève avant moi et fait l'impossible pour ne pas (trop) me réveiller. Avant de partir, il m'embrasse et me souhaite une bonne journée alors que je suis encore plus proche des limbes de la couette que des réalités du monde du travail de tous les jours.

Et pourtant, il devrait m'arracher du lit comme on arrache un poireau. Parce que sinon, voilà comment ma journée se passe - une journée hautement productive comme on va le voir.

8h10 : l'Epoux quitte le domicile conjugal. Nous nous souhaitons bonne journée.

8h25 : Oh, ça va, j'ai le temps, je peux bien encore pioncer...

9h25 : Ah ben tiens, j'ai bien eu le temps de pioncer.

9h28 : Petit déjeuner. Dinosaurus, jus d'orange, thé - consultation de blogs et divers journaux.

10h00 : tiens, j'ai passé bien du temps pour manger six Dinosaurus. C'est pas brillant.

10h02 : tiens, j'ai pas consulté tous mes blogs favoris. Et puis, hein, de toute façon, je vais travailler à la maison (puisque j'ai raté ma réservation BNF et qu'à cette heure, c'est plus la peine d'y aller, y'a plus de places).

10h32 : douche ? Tiens, je peux me faire un masque aujourd'hui puisque j'ai le temps (et que je vais pas à la BNF)

11h00 : fin de la douche. Faudrait se mettre à bosser - j'ai des tas de contrats de mariage à finir de collationner et un inventaire après-décès à transcrire.

11h02 : encore mieux, je pourrais faire du repassage. En écoutant de la musique ou encore mieux de chez mieux, mater un épisode de Faites entrer l'accusé en streaming.

11h45 : fin du repassage. Un peu de boulot avant de préparer mon repas de midi ? Mais il y a la poubelle des plastiques à descendre (notez que toutes les compromissions sont bonnes pour ne pas avoir à bosser).

12h00 : j'avais une lessive de clair à lancer. Je la lance.

12h12 : (à midi 12, j'ai toujours faim et toute ma considération à celui qui trouve l'origine de cette citation, l'Epoux étant hors jeu car c'est trop facile sinon) il est temps de manger. Et puis j'ai la fin de mon épisode de Faites entrer l'accusé à regarder.

13h : fin du repas. Digestion - tisane et blogs (y'a sûrement des trucs qui ont été actualisés). Sieste.

14h : il faudrait se mettre à la thèse mais d'abord, étendre le linge.

14h15 : puisque j'ai encore de la place sur le fil à linge, ce serait pas mal que je lance une autre lessive. Dont acte.

14h36 : passer l'aspirateur. Très important de passer l'aspirateur, on est mercredi.

14h55 : Et si je me mettais au boulot ? Mais un coup de fil opportun de l'Epoux me rappelle que j'ai un coup de fil ultra urgent à passer au rectorat (et un autre auprès de l'enfoiré de chauffagiste qui nous a fait une chaudière pas aux normes).

15h15 : je suis mise sur attente par le secrétariat du rectorat. Depuis vingt minutes, donc. Puis me fait raccrocher au nez. Le chauffagiste m'envoie paître.

15h30 : appeler l'Epoux pour lui demander de me préparer un recommandé bien sanglant pour régler son compte à l'affreux chauffagiste.

15h37 : aller chercher le courrier, ça me fera toujours faire un peu de sport.

15h45 : plus rien à faire, il va falloir se mettre à travailler. Je commence en soupirant à collationner des contrats de mariage.

15h47 : le chauffagiste me rappelle pour me dire qu'il va procéder à la mise aux normes que je réclamais à cor et à cri. Gratos.

15h49 : j'appelle l'Epoux pour lui signifier avec allégresse cette victoire remportée haut la main. L'Epoux s'en fout, il est sur répondeur. L'ingrat (mais il bosse, lui).

15h53 : je recommence à collationner des contrats de mariage.

17h00 : j'ai bien travaillé je trouve. Je m'auto-congratule.

18h30 : l'Epoux rentrant bientôt, il va être temps de faire à becqueter. (Je signale aux féministes prêtes à me tomber sur le râble à coup de batte de base-ball que oui, j'aime que l'Epoux trouve un repas prêt en rentrant (mais c'est que sinon, il a faim et il mange des chips. Et ça m'énerve. Alors comme c'est mauvais pour les artères de s'énerver, je préfère qu'il mange un vrai bon repas, et en plus après il dit merci, alors j'aime bien (je signale aux machos prêts à me tomber sur le râble à coup de batte de base-ball que oui, je sais, j'ai une tendance certaine à faire suer mon pauvre mari. Je SAIS. Mais il est assez grand pour se plaindre tout seul (et d'ailleurs il ne s'est jamais plaint de ma bouffe, alors)))).

19h30 : l'Epoux est rentré, on mange. Et sauf cas exceptionnel, je ne travaille jamais le soir et le week-end (faut pas déconner, est-ce que mes camarades bossant dans le privé le font ? Non ? alors).


Voilà donc une journée hautement productive.

Alors la prochaine fois, Chéri, réveille-moi. Pitié. Envoie ta feignasse de femme au turbin. Qu'elle ne te laisse pas trimer seul pour gagner notre croûte.






En fait, cet article n'est destiné qu'à justifier mon envie de partager avec mon aimable lectorat mon goût pour l'oeuvre chanté de George Michael (période jeune). Ouais.

Et aussi de faire suer ceux qui se roulent par terre quand ils apprennent que certains sont payés par l'Etat pour faire leur thèse Voyez comment je glande grâce à vos beaux impôts. Haha. Vengeance.

(il va de soi que toutes mes journées sont strictement identiques. Et qu'il ne m'arrive jamais de terminer sur les rotules une journée BNF).

lundi 1 août 2011

L'énervement du lundi.


Au risque de me faire lyncher par nombre de mes petits camarades, j'avouerai ici haut et fort que s'il y a bien un chanteur dont je ne supporte plus l'encensement régulier, c'est bien Brassens.

"un antimilitariste convaincu" : position très originale après la guerre de 39-45, cela va de soi.

"contre la peine de mort" : euh, oui, "Gare au gorille"... certes. Victor Hugo, lui, a fait Le Dernier Jour d'un condamné. Pas tout à fait le même calibre.

"la non-demande en mariage" : "ah mais tu comprends, c'est magnifique, il était tellement contre l'autorité patriarcale du mariage qu'il n'a jamais épousé sa femme". - "bah non c'était justement pas sa femme" - "oui enfin sa compagne" - "c'était pas sa compagne non plus, ils ne cohabitaient pas" - "oui bon son amour, quoi" - "ouais... ou alors tu considères comme moi que c'était juste un mufle qui voulait bien baiser de temps à autres avec sa gonzesse, mais surtout pas s'embarasser d'elle". - "...".

"contre la bourgeoisie bien-pensante" : "tous ceux qui ne se roulent pas de grosses galoches sur les bancs publics, c'est rien que des vilains frustrés, et toc".


Brassens, c'est un peu comme Coluche : ils n'ont jamais fait que taper sur des sujets sur lesquels tout le monde tapait déjà. La bourgeoisie, l'Eglise et l'armée. Extrêmement risqué, quoi.


Je veux bien que les chansons de Brassens ne soient pas désagréables voire rigolottes, mais qu'on en fasse un parangon de la lutte pour la liberté, non possumus. Faut-il avoir une piètre conception de la liberté...




lundi 18 juillet 2011

Les brèves du lundi.



1. Sur un certain site de réseau social qui commence par un F, j'ai droit tous les jours à l'aimable spectacle de la cucuterie généralisée des jeunes femmes de mon entourage familial. Ainsi il n'est plus possible de dire un "bonjour et bon anniversaire", non, il faut absolument entourer le moindre de ses mots d'un horripilant "hihihiiii". Telle jeune femme enceinte (trente ans, quand même, pas seize) ne va pas être mère, non. Mais "son bidou grossit hihi", elle n'a pas vu son enfant à l'échographie mais "son pti bou'chou est troooop mignon lol hihi". Pitié. Au secours.


2. Après avoir achevé la trilogie "Lloyd Hopkins" d'Ellroy dont tous mes petits camarades m'avaient dit du bien, je reste avec un arrière goût de déception au fond de la gorge. Un peu comme pour les films de Tarantino : quand on en ressort, on se demande toujours "mais au fond, il veut quoi, ce type ?". Parce qu'au bout d'un moment, l'argument du "je montre la violence extrême, je m'amuse avec, mais c'est pour dénoncer, c'est du second degré hein", ça ne tient plus. On se demande si ce n'est pas tout bêtement de la fascination malsaine pour le trash, le bien glauque, la perversité.



3. À part ça, No country for old men de Cormac McCarthy, ça m'est tombé des mains. Littéralement. Je ne comprend pas comment on a pu autant s'enthousiasmer sur un pareil pensum, mal écrit, mal raconté - je n'ai pas vu le film mais ça ne donne pas spécifiquement envie, comme ça.


4. Mon héros de la semaine dernière. Au monop' de la rue des Haudriettes, dans la queue à la caisse, un gosse d'environ six ans hurle et joue à pousser la vieille dame devant lui et sa mère qui ne réagit pas. Au bout d'un moment, le monsieur quarantenaire bien mis, devant moi et qui est juste derrière l'affreux mioche et sa mère, émet l'idée qu'il faudrait peut-être foutre la paix à la mamie. La mère : "oh, mais c'est un enfant, on voit BIEN que vous n'en avez pas, laissez-le vivre". Le monsieur bien mis prend un ton compassé et rétorque à la mégère : "et si je vous mets une tarte dans la gueule, vous me laissez vivre ?".


5. Mon héroïne de la semaine : la fille qui a déclaré à sa copine, dans le RER A : "Tu sais, film de dinosaures pour films de dinosaures, je crois que j'ai quand même préféré Jurassic Park à The Tree of Life". Je ne m'en suis pas remise (sérieux, il est IN-regardable, ce film, on dirait une mauvaise dissertation d'adolescent, où chaque idée est soulignée par un exemple illustratif de la délicatesse d'un char leclerc (non, z'êtes fou, je l'ai pas vu au cinéma, mais par des moyens inavouables sur internet (mais gratuitement quand même))).



6. La semaine dernière a été parsemée de lectures diverses qui conchiaient toutes, sous des prétextes divers, le 14 juillet. Entre les royalistes attardés et les crypto-antimilitaristes (oui oui, je vise Eva Joly), j'ai eu envie de sortir un nombre incalculable de fois la boîte à gifles.

J'ai en effet une sainte horreur des gens qui ne se demandent jamais pourquoi. Ainsi, par exemple, je conçois bien que le Front national hérisse le poil. En revanche, je n'accepte pas que l'on se contente de traiter de noms d'oiseaux les prolos qui votent Marine and co. C'est bien de se donner bonne conscience en glapissant "mais quelle horreur, ces gens-là sont RACISTES et FASCISTES". Ce serait mieux de se demander POURQUOI ces gens-là en arrivent là.

De même, amis royalistes anti-révolutionnaire (position honorable en soi, mais pas très risquée de nos jours en FRance), ça ne vous est jamais venu à l'idée que si les gens ont fait une révolution en 1789, c'était parce qu'ils avaient des RAISONS de se révolter ? Peu de gens se révoltent comme ça, juste pour la déconne, parce que c'est marrant de faire des émeutes (ou alors, ce sont des lycéens parisiens désireux d'aller se promener au joli mois de mai au lieu de suivre leurs cours).

De même, Madame Joly, demandez-vous POURQUOI les Etats ont des armées en ce bas monde, demandez-vous s'il n'y a pas des raisons tout à fait valables pour maintenir une présence militaire occidentale dans les endroits du mondes où les agités du bocal font rage.

Ou alors fermez tous vos gueules. Merci bien.




samedi 18 juin 2011

En cuisine - le jeu des trucs et des machins (2e épisode)





Le machin de l'autre fois, Bob nous avait épaté en l'identifiant, pour notre plus grande joie et édification. C'était bien (photo à l'appui) un écailleur à poisson.
Vous m'avez tous bien fait rire avec vos suppositions. Ma voisine avait également proposé un épépineur de concombres, on avait essayé de le mettre en pratique, mais ça n'a pas marché des masses.

Remarquez, ça ne me dit pas franchement ce que je vais bien pouvoir en faire, dans la mesure où je n'ai jamais acheté de poisson portant encore ses écailles - ça me débecte, en fait, le poisson mort avec ses yeux blanchâtres, j'ai toujours l'impression qu'il me regarde de travers (j'ai jamais dit que j'étais toujours rationnelle, hein).


Le nouveau machin que je vous propose et dont je connais, cette fois-ci, l'utilité (encore que je n'aurais pas deviné toute seule, mais apparemment, l'Epoux s'en est moult fois servi dans son enfance lorsqu'il était à table), est rigolo comme tout.
Voici la bête :







jeudi 26 mai 2011

En cuisine - Le jeu des trucs et des machins.






Ce soir, j'ai achevé de récupérer d'une cave tout un tas de plats, de casseroles, de ramequins, de tasses aux couleurs chatoyantes, de passoires en plastique orange et de couteaux qui coupent.

Comme on était pressés de vider la cave en question, on a embarqué un peu tout ce qui nous tombait sous la main. C'est comme ça que je me suis retrouvée également l'heureuse propriétaire de trucs et de machins dont je n'ai pas la moindre idée de ce à quoi ils peuvent servir.

Alors je me suis dit que pour relancer ce blog un peu moribond, j'allais organiser un petit jeu, en vous proposant des photos des trucs et des machins en question. Comme ça, on va tous chercher ensemble à quoi ça sert, et je compte sur vous pour proposer des idées.

Vous pouvez donner des idées utiles histoire de contribuer à l'acquisition de mon savoir, ou alors complètement délirantes histoire qu'on se marre un peu, comme ça vous amuse.
(Mais pas des trucs cochons, parce que ça, c'est marrant une fois et puis après ça lasse un peu, alors on va les exclure d'office).

Y'en a des que je vous proposerai aussi, et dont je saurai l'usage (encore que pour pas mal, j'aurais pas deviné toute seule), mais qui sont rigolos quand même.

Le premier, en revanche, j'ai pas la moindre idée de ce que c'est.

À vous la parole !





lundi 11 avril 2011

Les brèves du lundi - c'est le printemps.


1. Premier week-end où l'on s'autorise à sortir de chez soi sans veste, et même à sortir les lunettes de soleil. Et même à travailler sur le balcon. Et même que les lilas sont en fleur.


2. J'ai de nouveau cédé à la tentation, replongé dans un vice abominable. Eh oui, j'ai racheté un céleri-rave.
Je l'ai cuit à la vapeur avec de la carotte, haché le tout grossièrement, mélangé avec trois oeufs et de la crème, ajouté de la ricotta qui est le meilleur truc du monde, fait une pâte brisée et hop, une quiche de printemps qui se mange froide le lendemain. Strou bon.


3. Henry James, c'est bien, mais c'est moi ou Isabel Archer du Portrait de femme est une chieuse de première catégorie ?


4. Cranach au Luxembourg (enfin au Musée du Sénat, pas au Luxembourg Luxembourg, bien entendu), c'est bien et il faut y aller. Ne serait-ce que pour l'avant-dernier tableau, scène de genre satirique sur le mode "les époux mal assortis, 1. le vieillard en train de peloter une jeune femme". Surtout quand au bout de cinq minutes d'observation, on se rend compte que la jeune femme a clairement la main gauche dans le pantalon du bonhomme. Sur le coup et après une bonne série de Vierges à l'Enfant et de portraits de réformateurs à l'air guilleret (comme en témoigne leur habit noir et leur effrayant rictus : Luther, Mélanchthon et autres comiques), eh bien, comment dire, ça surprend.
Evidemment c'est blindé de monde pendant les deux premières salles (les commissaires d'expo se sentent toujours obligés de faire débuter les expos par des micro-salles où débarquent tous les gens qui débarquent en masse) et on n'échappe pas aux rombières emperlouzées, mais c'est rien chouette.


5. J'avance bien dans ma découverte de l'oeuvre de Cronin. Pour le moment Les Clés du royaume est mon grand favori - tant il est rare de faire un grand roman qui parle de religion, de vocation, d'évangélisation, de conversion.


6. et bonne semaine !

lundi 21 février 2011

Les brèves du lundi. Livres et cinéma.


1. Lu Salammbô, du bon vieux Gustave. D'habitude, Flaubert m'ennuie un peu. Cette fois, il m'a paru très difficile à comprendre. Probablement parce que les événements auxquels il fait référence dans son roman (la guerre des Mercenaires au IIIe siècle avant Jésus-Christ) était quelque chose de bien connu à son époque par les lycéens, alors qu'aujourd'hui plus du tout. Comme beaucoup de choses de l'Antiquité (et du reste), d'ailleurs. Quel est le lycéen capable de ressortir l'histoire des guerres puniques ? Des guerres du Péloponnèse ? de la guerre des Gaules ? de la bataille d'Actium ?
Alors que ça avait forgé tant d'esprits depuis la Renaissance...


2. Les romans d'A. J. Cronin, (La tombe du croisé, Les clefs du royaume, La misère et la gloire, lus ces derniers temps) empruntés plus ou moins par hasard à la bibliothèque. Cronin trônait en bonne place chez mes grands-parents, avec Régine Desforges et les Histoires d'amour de l'histoire de France. Bêtement, j'avais catalogué ça en "trucs pour vieux, vraisemblablement niais et chiant".
En fait, c'est vachement bien. La question de la foi, de la mission et de la conversion y est fort bien posée. Et les personnages, même les plus détestables, y sont toujours superbement réussis.

Avec, en prime, dans La misère et la Gloire, un paragraphe assassin sur les églises nouvellement construites dans la veine du Corbusier. Un type qui avoue ne pas aimer Le Corbusier ("le fada", pour les Provençaux) mérite qu'on s'intéresse à lui.


4. Immense déception : Whatever Works, de Woody Allen. Insupportable aussi bien dans son parti-pris de point de vue (le narrateur qui s'adresse au public), dans ses scènes et ses répliques qui sonnent faux, dans sa morale, dans ses clichés que le cinéaste cherche à démonter pour les remplacer par d'autres clichés crétins (le Wasp forcément super-coincé qui doit forcément devenir homo, sa femme hystérico-mystique qui finit en ménage à trois...). Un final merdique. Rien à sauver, rien de rien. Une daube monstrueuse.


5. Cent Ans de Solitude. Rien que le titre est superbe. Garcia Marquez, que j'ai découvert après avoir vu le film (assez insipide, tout le monde le disait, mais y'avait Javier Bardem) L'Amour au temps du choléra, me fait toujours autant marrer. Les personnages sont tous aussi farfelus les uns que les autres, complètement barrés, tout le monde ou presque couche avec tout le monde dans la joie et la bonne humeur (on relativise bien la fameuse et imaginaire chape de plomb morale de l'Eglise catholique dans les pays hispanophones, d'ailleurs), et au final, on n'échappe pas à la condition humaine : on finit aveugle, seul, fou, attaché à un arbre ou au centre d'un cercle de trois mètres de diamètre dans lequel on est seul à pouvoir entrer.

Dit comme ça, c'est pas joyeux, je suis bien d'accord. Mais ça justifie en soi l'existence du prix Nobel de littérature.


6. Dans les inventaires après décès du XVIIIe siècle, on trouve des fontaines pour se laver les mains à côté des chaises percées. Le progrès en marche.


7. Sur ce, bonne semaine à tous !

vendredi 18 février 2011

En cuisine (3)

J'ai pas mouru, rassurez-vous (enfin pour ceux que ça intéresse), c'est juste que je manque cruellement d'inspiration et de temps pour écrire des trucs.

En attendant je fais plein de cuisine et comme ça après je vous raconte mes dernières créations. J'ai même amélioré la chose et maintenant, je fais des photos - si c'est pas trop bien.


Aujourd'hui, j'ai l'honneur et l'avantage de vous présenter le truc du moment : le roulé au fromage et fines herbes.

Vous avez besoin pour ce faire (pour 4 personnes et deux enfants - j'avais du monde à table dimanche dernier) :

de 6 oeufs
un poivron rouge (mais vous pouvez tenter votre chance avec de la betterave si vous êtes capable de manger des trucs rose pétant. Moi je peux mais par exemple, l'Époux, y peut pas)
du fromage genre "aïl et fines herbes"
du fromage râpé
de la menthe, du persil et des autres herbes aromatiques (coriandre, par exemple)
du sel et du poivre


D'abord, on coupe le poivron rouge et on l'épépine. Puis on le débite en petits bouts. Si c'est de la betterave, c'est pareil.
On casse les oeufs, on met les petits bouts de poivron avec et on passe le tout au mixer. Pas trop longtemps parce que les oeufs moussent (les crétins). On sale et on poivre. Puis on verse le tout sur une grande plaque allant au four (avec des bords), soit beurrée, soit tapissée de papier sulfurisé.
On colle tout ça au four chaud (200 °C, pour ma part, mais en même temps je fous toujours tout à 200 °C, alors c'est pas un exemple. Mais à 200°C, ça marche, au moins). Dix bonnes minutes, afin que l'omelette soit bien cuite.

Pendant ce temps, on mélange le fromage à l'ail et aux herbes, la menthe et les herbes aromatiques, le fromage râpé et tout ce que vous voulez d'autre. Une cuillère à soupe d'huile d'olive ne fait de mal à personne. Une fois j'ai même mis du jus de citron. On passe tout le mélange au mixer également.


Quand l'omelette est cuite, on la sort du four, et on étale le mélange au fromage dessus.

Ensuite, une fois que c'est un peu refroidi, y'a plus qu'à rouler l'omelette.


(et à faire tenir avec des petits cure-dents parce que moi, j'ai jamais de chance, et ça finit toujours par se dérouler, mais y'a pas de raisons que vous soyez aussi poissards que moi).

Et après, ça fait comme qui dirait un roulé.



Si. C'est bien un roulé. Qui se colle au frigo bien serré dans du film plastique ou du papier sulfurisé, le temps de bien refroidir.


Si vous faites des petites tranches, ça se sert en entrée avec de la salade. Ou en apéro. Mais on peut aussi faire des plus grosses tranches et en faire avec une grosse salade un plat de résistance, mais pour l'été.


(librement inspiré de Savez-vous planquer les choux, mon nouveau livre de recettes qui est tout à fait génial, il faudra bien que je vous en reparle).



jeudi 3 février 2011

Le gâteau de riz aux framboises.

Ma grande spécialité, c'est la récupération de restes - oui ben tout le monde n'est pas taillé pour découvrir le radium et le polonium, hein.

Et comme j'ai tendance à avoir toujours douze casseroles pleines de restes au frigo, c'est bien pratique.


Par exemple, quand il me reste du riz, au lieu de le faire réchauffer (tout le monde sait bien que le riz réchauffé, c'est dégueulasse), je fais des gâteaux de riz, en collant dans un saladier mon reste de riz, deux oeufs, de la crème de soja et du sucre.

Et puis parce que c'était rigolo, j'ai mis de la fleur d'oranger et des framboises surgelées.

Et un peu de zeste de citron.

J'ai mis la préparation dans des petits pots.

Et, au-dessus et au-dessous, un peu de caramel que j'avais fait l'autre fois et qui s'ennuyait dans le congélateur et dans son tupperware.


Et puis j'ai collé ça au four. En même temps qu'un gratin de courgettes parce que la chaleur tournante, c'est pas fait pour les chiens.
Quant le dessus est devenu bien doré et bien caramélisé, j'ai sorti les petits pots, je les ai mis sur le balcon parce que ça caillait sévère, et puis on a mangé le gratin de courgettes en attendant que ça refroidisse.


Le résultat tient assez bien au corps, mais c'est vachement bon quand même.


(pendant ce temps, le céleri-rave cuit dans la cocotte avec des carottes et un oignon).